Accroître sa vocation agricole

Publié le 12/06/2010 à 00:00

Accroître sa vocation agricole

Publié le 12/06/2010 à 00:00

[Photo : Rachel Côté]

Avec ses autoroutes, ses centres commerciaux, ses restos branchés, son tissu industriel diversifié et ses stations de métro, Laval ne fait pas trop bucolique.


Et pourtant ! Quelque 150 producteurs agricoles se partagent près du tiers de sa superficie. Elle est le seul endroit du Québec où l'agriculture est pratiquée à grande échelle en milieu urbain.


Bien que 17 agriculteurs se consacrent aux grandes cultures maraîchères, à l'apiculture et même à la production laitière, la spécialité de Laval, c'est la production de fleurs et de plantes. La municipalité est en effet connue comme la capitale de la production horticole au Québec.


Le plus grand producteur québécois de fleurs annuelles, les Serres Sylvain Cléroux, y est établi depuis 30 ans. Ses fleurs sont vendues au Québec, dans les Maritimes et aux États-Unis, dans les grandes chaînes comme Réno-Dépôt, Loblaw et Walmart.


" Le fait d'être situés en ville est un atout, car nous sommes à proximité des marchés, dit Louise Arcand, copropriétaire. De plus, les consommateurs sont nombreux à se rendre à notre boutique. "


Le revers de la médaille, selon elle ? " La main-d'oeuvre coûte plus cher que si nous étions à la campagne ! " Pendant la saison estivale, les Serres Sylvain Cléroux emploient 110 personnes, dont 36 Mexicains qui sont logés sur place.


L'entreprise vient d'investir 1,2 million de dollars (M$) dans l'agrandissement de ses serres, qui ont maintenant une superficie de 600 077 pi2.


La Ferme Grover, pour sa part, a investi 4 M$ depuis 2003 dans la construction d'un complexe intégré de serres pour ses annuelles et ses plantes d'intérieur. Les nouvelles serres sont conçues pour économiser l'énergie grâce à l'informatisation des arrosages, du chauffage et de l'ouverture des toits, ainsi qu'à la récupération de l'eau de pluie.


Cohabitation harmonieuse


" Pour Laval, l'agriculture est un atout touristique ", affirme Nancy Guay, directrice de l'Agropôle, l'un des cinq pôles économiques de la ville. Elle énumère les circuits des Chemins de la nature, de la Venue des récoltes et de la Route des fleurs, qui sont autant de produits touristiques développés autour des producteurs agricoles. La Ville compte même un vignoble, le Château Taillefer Lafon, qui a été honoré lors de prestigieux concours internationaux et qui organise des visites guidées.


Quant à la cohabitation entre citoyens, entreprises et agriculteurs, elle se passe bien. La coopérative des producteurs de fruits et légumes lavallois a même lancé l'an dernier un service de livraison de paniers de fruits et légumes frais dans les milieux de travail. Il suffit que 10 personnes du même immeuble s'inscrivent pour que des paniers Saveurs de Laval leur soient livrés chaque semaine.


Loin de vouloir se distancer de l'agriculture, Laval veut remettre en culture des terres non cultivées qui appartiennent soit à la Ville, soit à des particuliers. " Nous faisons des échanges de terres avec des propriétaires afin d'obtenir des superficies assez grandes pour être cultivées ", explique Nancy Guay. Divers projets sont à l'étude, dont la culture de houblon et d'arbres à noix.


Citoyens recherchés


En 2009, Laval a vu sa population passer de 384 224 à 391 893 habitants, et devrait franchir le cap des 400 000 en 2010. Cette nouvelle a tout pour réjouir la Chambre de commerce et d'industrie de Laval. " Une pénurie de main-d'oeuvre mettrait à risque la productivité de nos entreprises ", dit la présidente, Diane Fellice. Quelque 33 000 postes devront être comblés d'ici 2013, selon Jean-Olivier Guillemette, économiste régional d'Emploi- Québec à Laval. De ce nombre, 12 000 seront de nouveaux postes, et 21 000 des remplacements de personnes parties à la retraite.


Au chapitre des indicateurs liés à l'emploi, Laval a mieux performé que le reste du Québec en 2009. Ainsi, le taux d'activité, le taux d'emploi et le taux de chômage étaient tous meilleurs que la moyenne québécoise.


Pas étonnant que Laval cherche à conquérir de nouveaux résidents avec sa campagne Vivre à Laval, qui se décline à la télévision, sur Internet et sur des panneaux d'affichage. L'argument principal ? " Tous les avantages de la grande ville sans les désavantages. "

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