Hong Kong : leçons d'expatriés

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Décembre 2014

Hong Kong : leçons d'expatriés

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Édition du 20 Décembre 2014

Par Suzanne Dansereau

[Photo : Shutterstock]

La Chine, sa mutation, nos entreprises- Série 5/5: Deuxième partenaire commercial du Québec, en voie de devenir la première économie mondiale, la Chine poursuit sa grande mutation. De retour d’un voyage de deux semaines dans trois villes stratégiques de l’empire du Milieu : Hong Kong, Shanghai et Beijing, notre journaliste raconte comment des PME québécoises ont profité des nouvelles occasions d’affaires qu’offre cette quête de modernité.


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Le « père des Québécois à Hong Kong »


Il a plus de 60 ans, mais en paraît 50. C’est son expérience qui trahit son âge : Bernard Pouliot a été un pionnier à Hong Kong. On l’appelle d’ailleurs le « père des Québécois à Hong Kong ». C’est lui qui y a ouvert le premier bureau de la Banque Nationale du Canada (BNC) en 1978. Et il y est resté, car son amour pour Hong Kong est aussi fort que celui qu’il porte au Québec, dont il reste un grand ambassadeur.


« Je suis arrivé ici et j’ai eu un coup de foudre instantané ! » raconte-t-il pendant notre repas de dim sum au prestigieux China Club, dont le décor rappelle la période coloniale britannique.


« Je me souviens très bien de ce samedi matin où, encore sous l’effet du décalage horaire, je me suis assis au Coffee House de mon hôtel, et j’ai parcouru de bout en bout le South China Morning Post. Je me suis senti chez nous. »


Après avoir dirigé la Banque Nationale durant cinq ans, il s’est joint à une société d’investissement indonésienne à Hong Kong. En 1997, alors que la société était frappée de plein fouet par la crise financière asiatique et le transfert de Hong Kong à la Chine, il a racheté une de ses divisions, jetant les bases de Qam Limited, l’entreprise qu’il préside aujourd’hui. En plus de faire du courtage de valeurs mobilières, des placements et de la gestion de portefeuille, Qam offre un service-conseil en fusions et acquisitions. Cotée à la Bourse de Hong Kong, la société a aujourd’hui une capitalisation de 100 millions de dollars.


Bernard Pouliot a aussi été le directeur externe du fonds Asie mis en place à Hong Kong pour la Caisse de dépôt et placement du Québec. « Ce que j’aime le plus à Hong Kong, c’est que tout marche bien. C’est efficace et rapide. On investit énormément dans les infrastructures. Il n’y a pas de corruption... Dès qu’on met les pieds ici, on sent que cela bouge. »


Pas comme au Québec ? « Mes amis me disent que c’est difficile de faire bouger les choses au Québec », répond-il.


Bernard Pouliot s’y prend de plusieurs manières pour garder le contact avec sa province natale. Il a entre autres organisé un festival de films québécois, une soirée littéraire avec Marie Laberge, une rencontre avec Normand Laprise lors de leurs passages respectifs à Hong Kong. Il figure aussi parmi les généreux donateurs de l’Université du Québec à Rimouski, où il a terminé son baccalauréat en administration. Bernard Pouliot ne renie donc pas ses racines et avoue s’ennuyer parfois des lacs du Québec. « Hong Kong n’a pas assez développé son bord de mer », déplore-t-il.


Témoin et bénéficiaire du formidable essor de la région depuis 30 ans, M. Pouliot estime que les financières québécoises n’en ont pas assez profité. « La Banque Nationale n’aurait jamais dû fermer son bureau à Hong Kong, dit-il. Elle vient de le rouvrir, mais cela lui a pris un an avant de pouvoir fonctionner et elle arrive en retard. » La Caisse de dépôt aussi a « raté le train », selon lui, lorsque, sous la direction de Henri-Paul Rousseau, elle s’est retirée de Hong Kong, juste avant le boom. « Je l’avais prévenu que c’était une erreur », dit-il, en parlant de M. Rousseau.


Bernard Pouliot est marié avec une Chinoise et père de deux garçons. Maintenant adultes, ces derniers ont fréquenté l’école publique chinoise à Hong Kong pour apprendre le cantonais, puis l’université en Californie et à Boston. L’un d’eux travaille présentement à Montréal en gestion.


Mais c’est en Asie que Bernard Pouliot voit l’avenir. « Hong Kong est encore très dynamique, bien qu’elle soit en train de descendre de son piédestal, parce que les Chinois peuvent maintenant investir ailleurs dans le monde. Et également parce que Hong Kong retournera entièrement entre les mains de la Chine en 2047. Moi, si j’avais 30 ans en 2015, c’est à Jakarta que j’irais. »


Hong Kong demeure toutefois, selon lui, le meilleur endroit pour une entreprise intermédiaire voulant s’établir progressivement en Chine : « Commencez par être en coentreprise avec une entreprise locale. C’est encore la meilleure façon de procéder, si vous n’êtes pas une multinationale ».


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