Taux: 5 choses à retenir de la stratégie de la Banque du Canada

Publié le 17/01/2018 à 12:37

Taux: 5 choses à retenir de la stratégie de la Banque du Canada

Publié le 17/01/2018 à 12:37

Par lesaffaires.com

La Banque du Canada a peut-être relevé son taux directeur à trois reprises depuis juillet dernier, les probabilités qu’elle resserre les conditions de crédit deux autres fois en 2018 semblent moins élevées que certains observateurs le pensent.


Voici 5 éléments que nous retenons de la politique monétaire présentée par la Banque du Canada ce mercredi.


1-Pas si vite!


Avery Shenfeld, économiste en chef de Marchés mondiaux CIBC, rappelle à juste titre que l’augmentation du taux directeur annoncée mercredi reflète le contexte passé. Les perspectives pour l’économie canadienne en 2018 ne sont pas aussi ensoleillées qu’elles l’ont été en 2017, écrit-il.


Dans son rapport de politique monétaire, la Banque insiste sur le fait que «les perspectives de l’économie mondiale restent entachées d’une incertitude considérable, surtout en ce qui concerne l’évolution de la situation géopolitique et la politique du commerce extérieur».


La renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain(ALÉNA) représente un gros point d’interrogation pour les responsables de la politique monétaire. Jamais mentionné auparavant dans les communications de la Banque, le nuage de l'ALÉNA a été soulevé à deux reprises mercredi, note Sébastien Lavoie, économiste en chef pour la Banque Laurentienne. Ce dernier va même jusqu'à penser qu'une montée du protectionnisme américain pourrait inciter la banque centrale à revoir ses taux à la baisse.


2-Encore loin du taux neutre


Les taux n’augmenteront peut-être pas aussi rapidement que certains économistes le prévoient, reste qu’ils devraient poursuivre leur ascension au cours des prochaines années.


La politique monétaire du Canada demeure expansionniste, favorable aux investissements des entreprises et aux dépenses des consommateurs. L’institution rappelle que le taux directeur neutre se situe entre 2,5% et 3,5%.


3-Moins dépensiers, les ménages


Les dépenses des ménages ont été une locomotive de croissance pour l’économie du pays l'an dernier et devraient continuer de l’être à court terme. Cela dit, elles sont appelées à ralentir en cours d’année et en 2019, prévoit la Banque. La progression du revenu disponible des ménages devrait ralentir, tandis que les taux d’intérêt vont entraîner une hausse des remboursements des prêts hypothécaires, marges de crédit et autres prêts à la consommation.


L’endettement record des ménages risque par ailleurs d’«amplifier l’effet des taux d’intérêt plus élevés sur la consommation». La hausse des taux devrait forcer les consommateurs qui disposent d’une faible marge de manoeuvre financière à réduire leurs dépenses.


4-Le marché immobilier devrait rester vigoureux


Même si de nouvelles règles hypothécaires restreignant l’accès au crédit sont entrées en vigueur en janvier et qu'il y a eu trois hausses de taux depuis juillet, le marché immobilier du pays devrait demeurer vigoureux, en raison de l’immigration.


Le rythme de formation des ménages «génère une forte activité dans le marché du logement, en particulier dans la grande région de Toronto», indique l’institution.


5-La technologie brouille les cartes


L’institution dirigée par Stephen Poloz constate que l’inflation a été un peu plus élevée que ce qui était projeté en octobre, pour s’établir tout juste au-dessus de la cible de 2% vers la fin de l’année dernière. Ce sursaut est attribuable à des prix plus élevés de l’énergie.


La Banque admet toutefois qu’il y a un facteur qui brouille les cartes au chapitre de la hausse des prix: la numérisation de l’économie. Les technologies(NDLR: pensons à l’automatisation, notamment) exercent un effet modérateur sur l’inflation. L’équipe de M. Poloz surveillera donc de près les conséquences potentielles de ce facteur dans ses projections de hausse de prix.


 


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