Pas de veille efficace sans stratégie claire

Publié le 12/10/2013 à 00:00, mis à jour le 10/10/2013 à 13:31

Pas de veille efficace sans stratégie claire

Publié le 12/10/2013 à 00:00, mis à jour le 10/10/2013 à 13:31

La veille stratégique (business intelligence ou BI) souffre du même mal que les mégadonnées (big data) ou l'infonuagique : tout le monde en parle, mais bien peu de gens comprennent vraiment ce que c'est, et encore moins l'utilisent judicieusement. Pourtant, elle peut apporter de réels bénéfices aux PME.


«En gros, c'est l'art de faire parler les données utilisées au quotidien, comme les bons de commande ou de livraison, les factures, les données de ressources humaines, etc. En les organisant, on accède à une richesse insoupçonnée, permettant de déceler les tendances de nos clients et fournisseurs», explique Manon Guillemette, codirectrice du Pôle de recherche en intelligence stratégique et multidimensionnelle d'entreprise (PRISME) de l'Université de Sherbrooke.


Mais attention, ce procédé ne vaut rien s'il ne soutient pas une prise de décision. «Le BI est un moyen d'obtenir des informations pour atteindre un objectif d'affaires, mais il doit être suivi d'actions, sinon c'est de l'argent gaspillé», prévient la spécialiste.


On peut utiliser la veille stratégique pour augmenter ses ventes en développant un meilleur marketing basé sur le comportement des clients, ou réduire ses dépenses en éliminant des problèmes manufacturiers que l'on a repérés. Étonnamment, c'est presque la norme au Québec de se lancer dans l'aventure sans stratégie claire. Une situation que dénonce René Breyel, président de Claridion, une société spécialisée dans la gestion des centres de données.


«Les gestionnaires sous-estiment l'effort de gestion que représente la BI et croient que les solutions offertes sur le marché régleront tous leurs problèmes, juge-t-il. La veille stratégique, ce n'est pas de la magie. C'est beaucoup de travail et ça exige une direction claire.»


Des solutions accessibles aux PME


La veille stratégique a souvent été considérée comme la chasse gardée des grandes entreprises comme Walmart ou Procter & Gamble, qui l'utilisent allègrement en y consacrant des sommes et du personnel dont ne peuvent que rêver les PME. La veille stratégique serait-elle un luxe réservé aux géants ?


«Pas du tout», proteste Alexandre Lepage, directeur, responsable des projets de veille stratégique chez Larochelle Groupe Conseil, qui prononcera en novembre une conférence sur le sujet au Salon BI 2013, organisé par Action-TI. Selon lui, les PME peuvent même profiter de certains avantages. Le volume et la complexité des données qu'elles ont à produire, stocker et analyser sont inférieurs à ceux des grandes entreprises. Il y aussi généralement moins de tensions internes que dans une grande entreprise, où des rivalités entre services ou entre gestionnaires peuvent compliquer de tels projets.


Quant aux outils, nul besoin de se diriger dès le départ vers les solutions les plus coûteuses, alors que de plus abordables peuvent répondre aux besoins. C'est le cas de l'approche Agile, explique Marc-Éric Larocque, associé principal du cabinet-conseil en intelligence d'affaires et analyse prédictive Procima Experts.


«On voit très souvent des projets de BI de très grande ampleur, qui s'étalent sur plusieurs mois, coûtent cher et finalement donnent peu de valeur aux entreprises, souligne-t-il. Dans un projet Agile, on livre de plus petits résultats, mais plus rapidement. Cela réduit le délai de rentabilité et les risques, puisqu'on peut rapidement corriger le tir si ces résultats ne correspondent pas aux attentes.»


S'ouvrir aux logiciels libres


Souvent boudés par les entreprises, qui les connaissent peu et craignent des problèmes de stabilité ou de sécurité, les logiciels gratuits comme QlikView ou libres comme Jaspersoft ou OpenERP représentent une bonne option pour les petites entreprises, selon Sven Werlen, vice- président chez Savoir-faire Linux, une entreprise fournissant des solutions de logiciel libre. On peut trouver des logiciels aussi bien pour les bases de données que pour extraire, gérer et télécharger les données, ou produire des rapports.


Sven Werlen vante la flexibilité de ces solutions, que l'on peut plus facilement adapter à ses propres besoins que les suites des grands groupes comme Microsoft ou IBM. «Comme le code source est disponible, on peut les personnaliser, ajouter des fonctionnalités dont on a besoin», dit-il.


Les logiciels les plus utilisés bénéficient aussi de l'apport de toute une communauté de développeurs qui règlent rapidement les bogues et ajoutent eux-mêmes des fonctionnalités.


Le coût variera en fonction de l'utilisation et des besoins. Les frais de licence sont en quelque sorte remplacés par des frais de service. Le grand avantage est de pouvoir assurer la pérennité du système que l'on a mis en place. «Le logiciel vous appartient. Donc, si le service ne vous satisfait plus, vous pouvez le changer sans bouleverser tout votre projet de BI», précise Sven Werlen.


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