Trump cajole May et tente de rassurer sur le Brexit

Publié le 13/07/2018 à 11:49

Trump cajole May et tente de rassurer sur le Brexit

Publié le 13/07/2018 à 11:49

Par AFP

[Photo: Getty Images]

Donald Trump a loué vendredi la relation «la plus spéciale qui soit» avec Londres, au lendemain d'une attaque en règle contre la Première ministre Theresa May sur le Brexit, qui a provoqué la stupeur au Royaume-Uni.


Au deuxième jour d'une visite marquée par de nombreuses manifestations hostiles, le président américain a opté pour un ton conciliant sur la façon dont il voyait la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.


Au cours d'une conférence de presse particulièrement décousue depuis la résidence de campagne des Premiers ministres britanniques à Chequers (70 km au nord-ouest de Londres), il a assuré n'avoir jamais mis en cause la stratégie de Mme May.


«Quoi que vous fassiez, ça me va», a-t-il lancé, contredisant ses propos parus dans un entretien au Sun dans lequel il assurait que le projet de Londres, qui privilégie une relation étroite avec l'UE, tuerait «probablement» la possibilité de conclure un accord de libre-échange avec les Etats-Unis.


Ses propos ont immédiatement provoqué une remontée de la livre sterling face à l'euro et au dollar.


Un peu plus tard, pourtant, il a souligné avoir fait des «suggestions» à Mme May sur la façon d'aborder cet épineux dossier, laissant entendre qu'elles n'avaient pas été suivies.


«Très intelligente»


Affichant sa volonté de parvenir à un «formidable» accord d'échange bilatéral avec Londres, M. Trump s'est voulu optimiste: «nous voulons faire des échanges avec le Royaume-Uni, ils veulent en faire avec nous».


«Lorsque le Royaume-Uni quittera l'Union européenne, nous chercherons à établir un accord de libre-échange Royaume-Uni/Etats-Unis ambitieux», a renchéri Mme May.


Tentant de compenser la déflagration provoquée par son entretien au Sun, le locataire de la Maison Blanche a déploré la façon dont le tabloïd avait retranscrit ses propos.


«J'ai dit des choses très gentilles sur elle mais ils ne les ont pas mises en titre», a-t-il lancé, avant de louer longuement Mme May, fragilisée au sein de son propre parti conservateur après les récentes démissions du gouvernement, dont celle du ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson.


«C'est une très bonne négociatrice, très dure, elle est très intelligente, très déterminée», a martelé le magnat de l'immobilier.


Il en a profité, comme à son habitude mais avec une virulence particulière, pour multiplier les attaques contre la presse. «CNN est Fake news. Je ne prends pas de questions de CNN!», a-t-il ainsi asséné. 


Après avoir vertement critiqué l'Allemagne lors d'un sommet de l'Alliance, les propos de M. Trump dans le Sun contre Mme May ont suscité un réel émoi au Royaume-Uni, où même des députés de l'opposition se sont rangés derrière la Première ministre.


«Où sont vos bonnes manières, Monsieur le président ?», a tweeté le ministre de l’Éducation, Sam Gyimah, résumant la stupéfaction générale.


Dans l'interview, le président américain a également jugé que son «ami» Boris Johnson, partisan d'un Brexit dur, ferait, selon lui, un «grand Premier ministre».


Cette sortie de M. Trump constituait une claque d'autant plus cinglante pour Mme May que, jeudi soir, elle lui a déroulé le tapis rouge et avait vanté la force du lien transatlantique.


Les États-Unis et le Royaume-Uni ne sont pas seulement «les plus proches alliés, mais aussi les amis les plus chers», avait-elle déclaré en accueillant le président américain et son épouse, Melania, pour un dîner au palais de Blenheim, résidence de campagne près d'Oxford.


Thé avec la reine -


Le couple présidentiel est attendu vendredi après-midi au palais de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Londres, pour prendre le thé avec Elizabeth II.


Ce parcours le tiendra éloigné des manifestations prévues à Londres contre sa venue, qui devraient culminer par un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Trafalgar Square pour dénoncer sa politique migratoire, son «sexisme» et son «déni» du changement climatique. 


Dans la matinée, un ballon géant représentant un Donald Trump en couche-culotte a flotté dans le ciel londonien près du Parlement.


M. Trump devait quitter Londres en fin de journée pour rejoindre l'Ecosse, où il doit passer deux jours dans son luxueux complexe hôtelier de Turnberry, qui compte trois terrains de golf.


Dernière étape de sa tournée européenne, il rejoindra ensuite Helsinki, où il retrouvera son homologue russe, Vladimir Poutine, pour un tête-à-tête très attendu.


«Nous avons été beaucoup plus fermes sur la Russie que quiconque», a-t-il dit vendredi, alors que l'ombre de l'enquête sur l'interférence russe dans la campagne de 2016 pèse sur sa présidence.


«Ceci étant dit, si nous pouvons développer une relation» avec M. Poutine, «ce serait fantastique», a-t-il ajouté.

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