SNC-Lavalin achète la firme britannique WS Atkins pour 3,6G$

Publié le 21/04/2017 à 09:21

SNC-Lavalin achète la firme britannique WS Atkins pour 3,6G$

Publié le 21/04/2017 à 09:21

Par La Presse Canadienne

(Photo: LesAffaires.com)

SNC-Lavalin (Tor., SNC) réalise sa plus importante acquisition - et sa première en près de trois ans - en mettant la main, au terme de deux semaines de discussions, sur la firme britannique WS Atkins pour environ 3,6 milliards $ CAN.


Annoncée après la clôture des marchés, jeudi, la transaction permettra à la multinationale québécoise d'effectuer une importante percée en Europe, une région qui n'a représenté que 5,3 pour cent de son chiffre d'affaires l'an dernier. 


Plus tôt ce mois-ci, Atkins, qui se spécialise dans l'ingénierie et la gestion d'importants projets d'infrastructures, avait dévoilé qu'il y avait des pourparlers entre les deux compagnies.


Cette transaction permettra à SNC-Lavalin (TSX:SNC) de générer un chiffre d'affaires annuel d'environ 12 milliards $ tout en faisant passer la taille de son effectif de 35 000 à 53 000 employés.


"Cette acquisition est parfaitement alignée avec notre stratégie de croissance visant à devenir un joueur mondial de premier plan dans l'ingénierie et la construction", a affirmé le président et chef de la direction de SNC-Lavalin, Neil Bruce, au cours d'une conférence téléphonique.


À son avis, l'ajout des activités complémentaires d'Atkins permettra à la société établie à Montréal d'étendre son empreinte géographique et d'élargir son bassin de clients.


Le Vieux-Continent représente plus de la moitié des recettes d'Atkins _ également présente en Amérique du Nord, au Moyen-Orient ainsi qu'en Asie. La firme londonienne fondée en 1938 a généré en 2016 un bénéfice avant impôt de 219 millions $ sur un chiffre d'affaires de 3,1 milliards $. 


Le secteur des infrastructures représente près de 86 pour cent de ses revenus, comparativement à 14 pour cent pour celui de l'énergie.


M. Bruce a estimé qu'Atkins allait améliorer le positionnement de SNC-Lavalin dans les secteurs des infrastructures, des transports collectifs et ferroviaires ainsi que de l'énergie nucléaire.


"Notre diversification sera meilleure puisque notre exposition au secteur pétrolier et gazier sera réduite, a-t-il dit. C'est un aspect important de notre modèle d'affaires."


SNC-Lavalin, qui offre 20,80 livres sterling par action d'Atkins, prévoit réaliser des synergies d'environ 120 millions $ au cours de la prochaine année. 


La transaction, dont la conclusion est prévue au cours du troisième trimestre, doit recevoir l'aval des actionnaires de la société londonienne ainsi que des autorités réglementaires.


Pour financer cette acquisition, SNC-Lavalin reçoit un important coup de pouce de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) _ son plus important actionnaire. 


Au total, un montant de 1,9 milliard $ est financé grâce à une injection de capitaux de 400 millions $ en provenance du bas de laine des Québécois ainsi que par un prêt de 1,5 milliard $ garanti notamment par les flux de trésorerie de la participation de SNC-Lavalin dans l'autoroute 407 à Toronto. Le reste de la transaction sera financé par des emprunts ainsi que par un placement privé réalisé auprès du public.


"Cette transaction a le potentiel de transformer SNC-Lavalin pour en faire l'une des sociétés de génie-conseil les plus importantes au monde", a commenté le président et chef de la direction de la Caisse, Michael Sabia.


En tenant compte du régime de retraite d'Atkins et des synergies, la firme montréalaise estime que le prix d'acquisition représente 9,8 fois le bénéfice d'exploitation ajusté d'Atkins. 


Au début du mois, lorsque les deux entreprises avaient confirmé les discussions, les analystes financiers s'étaient dans l'ensemble montrés favorables à une éventuelle acquisition. 


La dernière prise majeure de SNC-Lavalin remonte à 2014, lorsqu'elle avait mis la main sur la firme londonienne Kentz spécialisée dans les secteurs pétrolier et gazier, pour 2,1 milliards $. Au cours des derniers mois, M. Bruce avait prévenu les marchés que l'entreprise était en bonne posture pour procéder à une acquisition, sans toutefois s'avancer sur un montant précis.


À la Bourse de Toronto, l'action de SNC-Lavalin a clôturé à 53,05 $, en recul de 37 cents, ou 0,69 pour cent.

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