Grand Prix, Jet Set et VIP'S

Publié le 08/06/2010 à 17:59

Grand Prix, Jet Set et VIP'S

Publié le 08/06/2010 à 17:59

Par René Villemure

BLOGUE. C’est la semaine du Grand Prix de Montréal, là où les « beautiful people » abondent.


C’est aussi le week-end de l’année où Montréal redevient une capitale du chic et du flamboyant, où les « jet setters » internationaux pullulent, où tous tentent d’apercevoir des VIP’s ou ceux qui se prennent pour tels.


Dans tout ce luxe, ce chic et ce fric, comment s’y retrouver? Après tout, qu’est-ce qu’un VIP?


Il faut savoir, avant tout, que le chic représente une aisance, un air dégagé. Tout en subtilité et en finesse, le chic est une désinvolture élégante, un cachet original auquel le peuple ne peut accéder.


L’élégant, de son côté, est la personne qui sait choisir en démontrant un pur style, un style de bon goût.


Dans cet esprit, on pourrait croire que les « jet setters » sont les héritiers des dandys d’il y a cent cinquante ans. Ces derniers pratiquaient le dandysme, c'est-à-dire la doctrine informulée d’un art de vivre d’individus convaincus, à juste titre ou non, d’être à la fois remarquables et différents; les dandys partageaient la conviction que le reste du monde avait sombré dans une nocive médiocrité.


En choisissant un style, les dandys choisissaient aussi un ordre de valeurs. Ils disaient : le Monde est plus beau ainsi. Les dandys exprimaient leur échelle de valeurs à travers leurs choix, ils jouissaient de la vie, ils se faisaient la fête... C’était là leur travail.


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Ainsi, en 2010, qu’est-ce que la jet set? Est-ce un héritage des dandys? Ou plutôt un autre de l’ancienne noblesse européenne?


D’emblée, il faut savoir que la « jet set » ne pouvait pas exister sans le jet, c’est-à-dire, avant 1970, l’année qui a marqué le moment de la démocratisation des voyages en avion, en jets…


Quel est le but du « jet setter »? Simplement de placer sa vie sous l’égide du divertissement et de la fête. Pour lui, l’instant a pour fonction unique de remplir un temps vide, un manque de sens.


L’instant est déconnecté de l’écoulement et de la continuité propre au temps. Il est saccadé. On passe d’un instant à un autre sans s’en apercevoir. L’instant du jet set est auto-suffisant.


Pour le « jet setter », vivre l’instant colore l’existence d’une intensité à nulle autre pareille. Mais, cependant, il faut savoir que l’instant a une fin; qu’il est le déni du temps. L’instant ne contient aucun passé ni aucun avenir.


Ainsi, je crois que l’instant est le mensonge du temps. En ne vivant que pour celui-ci, le « jet setter » ne peut que se brûler les ailes.


Mais, bien au-delà des « jet setters », une nouvelle caste de gens semble poindre à l’horizon. On les appelle les « beautiful people » ou, en France, pour faire mieux, les VIP’s.


Au sens historique, un VIP signifiait une « very important person ».


Qu’en est-il aujourd’hui?


Quelle est alors la différence entre un « jet setter » et un VIP?


Le concept de VIP est souvent, de nos jours, dépouillé de sa signification; plutôt que d’être important, le VIP est plutôt devenu « celui qui se croit lui-même très important ». En 2010, un VIP est quelqu’un qui paie très cher pour un privilège qui peut être acheté. Par exemple, un « forfait VIP » à quelques milliers de dollars au Grand Prix du Canada.


À l’opposé des VIP, on retrouve les PNI, les « people of no importance ». Ces derniers paient aussi, mais moins cher, sans privilège particulier, pour assister au même événement. Le PNI est assis dans les gradins populaires au Grand Prix du Canada.


Alors, dans tout ce miasme sociologique, que sont réellement les VIP? Ils sont souvent de pauvres zéros terrifiés par l’infini de leur néant. Les VIP ne sont pas des nantis, mais plutôt des anéantis, bercés dans l’illusion confortable d’une différence qu’ils paient très cher.


Les VIP’s vivent dans le vide et la vanité, tel une fierté sans fondement. Pour eux, tout n’est qu’illusion.


Le dandy n’existe plus, on invite toujours le « jet setter », le VIP s’invite lui-même et le PNI s’amuse en tout temps.


Pour le PNI, tout est réel, et il a bien du plaisir…


 


* * *


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