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Les défis de la Caisse de dépôt, de Quebecor Média jusqu'au Brésil

René Vézina . 24-02-2012 (modifié le 24-02-2012 à 17:18)

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BLOGUE. C’est pratiquement un exploit qu’a réussi la Caisse de dépôt en présentant globalement un rendement positif de 4 % pour 2011 mais ce n’est pas suffisant. Dans le contexte, compte tenu des besoins de ses déposants, il lui aurait fallu réaliser un miracle. Avec des hypothèses de rentes qui reposent sur des rendements moyens de 6 ou 7 %, les trous continuent de se creuser.


D’abord, un rappel des grandes lignes.


PLUS : Les résultats de la Caisse sous tous les angles


Avec un actif de 159 milliards $ (G), la Caisse retrouve enfin le niveau qui était le sien en 2007 (155 G $) avant le désastre qui allait suivre. Elle y arrive à partir de ce rendement de 4 % : les dépôts nets n’ont été que de 1,5 milliards $ en 2011. Ce qui veut dire que l’essentiel de la hausse de l’actif (5,7 G $ sur 7,2 G $) est attribuable à sa performance. C’est bien. Mais il faut également en déduire que les dépôts ne seront plus très gros dans l’avenir.


Pourquoi ? Parce que les caisses de retraite en arrivent à un point où elles reversent à leurs cotisants, devenus rentiers, presqu’autant d’argent qu’elles n’en reçoivent, vieillissement de la population oblige. On peut imaginer le moment, dans quelques années, où la Caisse de dépôt ne recevra plus un sou de plus. Si son actif augmente, ce sera uniquement à cause du rendement qu’elle ira chercher. Sinon, elle fera du surplace… ou elle rapetissera. À moins que ses déposants, comme le RREGOP (Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics) ne se transforment et s’organisent pour conserver plus de fonds… ce qui signifierait une modification fondamentale dans les rentes qu’ils remettent à leurs bénéficiaires. Imaginez les débats qui vont s’ensuivre…


Dans les autres nouvelles, il faut souligner la nouvelle baisse de valeur de l’investissement de la Caisse dans Quebecor Media. La participation de 45 % de la Caisse lui a coûté 3,2 G $ en l’an 2000. En 2010, sa valeur n’était que de 2,4 G $, et elle a de nouveau glissé à 2,3 G $ en 2011. Autrement dit, en 11 ans, la Caisse de dépôt a perdu 900 millions de dollars dans cette aventure. Ce n’est pas le papier commercial mais c’est une très grosse perte. Et ce bloc de 45 % est pratiquement invendable à moins de le brader. Qui voudrait devenir actionnaire minoritaire à ce prix-là ?


Elle va probablement traîner ce boulet pendant un bon moment. Il reste que son avenir est à la fois au Québec (hausse marquée des investissements ici en 2011), mais encore et surtout dans les économies émergentes. Les gestionnaires présents lors du briefing technique, jeudi, ont dû prononcer une douzaine de fois le mot « Brésil ». Ce n’est pas un métier facile que d’investir loin de sa « zone de confort », le niveau de risque est forcément plus élevé, mais dans le contexte actuel, c’est inévitable. Un chemin sans obstacle ne mène nulle part, dit le proverbe…

1 commentaire

jpthoma1 le 25-02-2012

J'ai toujours vu la CDPQ comme une institution financière gérant les épargnes de ses déposants. Si ses déposants ont des problèmes "personnels" (ex: régimes de retraite sous-capitalisés), ce n'est pas le problème de la CDPQ. La théorie du portefeuille nous enseigne qu'à long terme, la CPDQ ne pourra offrir un rendement s'écartant considérablement de celui du marché. Seule sa répartition d'actifs générera de faibles écarts positifs ou négatifs par rapport à la moyenne. Si le RREGOP ne veut pas régler lui-même ses problèmes de sous-capitalisation et exige que la CPDQ augmente les rendements de ses dépôts, le RREGOP devra exiger une gestion distincte de ses fonds avec des instructions de placements demandant des rendements plus élevés (et par conséquent des risques plus élevés). Considérant la forte sous-capitalisation de ses régimes, je suggère à la RREGOP un portefeuille de petites juniors d'exploration minière oeuvrant dans les pays à fort risques comme le Québec, la Colombie, la Russie ou la Mongolie! Si la théorie fonctionne toujours, un tel portefeuille devrait générer des rendements proportionnels à son risque, donc très élevés! Parlez-en à ceux qui ont acheté des actions d'Osisko à 10 cents en 2003. ;o)

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