L'affaire Robuchon ou l'hypocrisie des restaurateurs montréalais

Publié le 01/03/2017 à 11:18

L'affaire Robuchon ou l'hypocrisie des restaurateurs montréalais

Publié le 01/03/2017 à 11:18

Le président de Veuve Clicquot, Jean-Marc Gallot, et le chef Joël Robuchon. (C.Levesque)

Rarement ai-je vu une si grande levée de boucliers pour une aussi bonne nouvelle. L’ouverture du restaurant L’Atelier de Joël Robuchon prouve que Montréal est devenu une destination gastronomique incontournable.


Savez-vous que Montréal est de loin la plus «petite» ville qui peut se vanter d’avoir L’Atelier? La liste des autres métropoles est impressionnante: Londres, Paris, Shanghai, Hong Kong, Tokyo et j’en passe.


Je vous le donne, moi aussi j’ai fait le saut en apprenant le coût du restaurant. 11 millions de dollars! C’est une somme pharaonique.


Mais mettons le tout en perspective. Après notre réaction tout à fait légitime, émotive, voyons les faits.


Pour le Casino, le combat était perdu d’avance. S’ils avaient choisi l’un de nos meilleurs chefs, comme Normand Laprise du Toqué, Martin Picard du Pied de Cochon ou David McMillan du Joe Beef, certains auraient critiqué le fait que l’on mette toujours les mêmes quatre ou cinq chefs de l’avant.


Et pour espérer relancer l’offre gastronomique du Casino, les dirigeants devaient faire un grand coup. Et ils l’ont fait.


La réputation de Joël Robuchon est planétaire. Meilleur ouvrier de France, une trentaine d’étoiles au guide Michelin, une école de cuisine prestigieuse: c’est un chef et un entrepreneur hors pair. Un peu comme si Wayne Gretzky, dans ses bons jours, avait signé pour le Canadien de Montréal.


En fait, j’ai commencé à voir la situation d’un autre œil à la suite d’un gazouillis de Bastien Poulain, l’entrepreneur derrière 1642 Sodas, des boissons «bien d’icitte».


Pourquoi le nationalisme des restaurateurs montréalais est-il exacerbé par cette nouvelle, mais ne l’est moins lorsque vient le temps d’ajouter des produits québécois à leur menu?


Je mange quatre à cinq fois par semaine au restaurant. Et je ne vous dis pas la frustration que je ressens quand je vois sur un menu un produit étranger quand je sais très bien qu’il y existe une version québécoise, souvent de grande qualité.


Saviez-vous qu’avec une simple dépense supplémentaire de 20$ par semaine en produits québécois, nous pourrions créer près de 100 000 emplois et ajouter plus de 8,5 milliards de dollars dans notre économie?


Et le Québec est une véritable mine d’or gastronomique. Du homard de la Gaspésie en passant par les bières des Îles de la Madeleine, comment se fait-il que l’on m’offre encore du sirop de maïs plutôt que du sirop d’érable avec mes crêpes?


Je peux comprendre la réaction de certains restaurateurs quant au choix du Casino de Montréal. Mais je leur demanderais de réviser leurs menus avant de sortir publiquement pour défendre la gastronomie et les produits du Québec.


Et après tout, pour avoir une industrie saine, il faut une offre couvrant toutes les gammes. De la poutine au souvlaki, de la cuisine du terroir à la fine gastronomie française, c’est avec un choix varié que l’on sortira tous gagnants. 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

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