CRTC: la décision parfaite?

Publié le 22/09/2011 à 12:58, mis à jour le 22/09/2011 à 15:35

CRTC: la décision parfaite?

Publié le 22/09/2011 à 12:58, mis à jour le 22/09/2011 à 15:35

BLOGUE. Le CRTC a rendu mercredi une décision d'une importance colossale, à la fois dans le secteur des télécommunications, sous toutes leurs formes, et de la programmation télévisée. Il y a certaines entreprises qui ne seront pas d'accord, mais pour une fois, il semble que l'organisme gouvernemental ait visé en plein dans le mille.

Échaudé au cours des derniers mois auprès du grand public canadien pour certaines décisions récentes, notamment en ce qui concerne les fournisseurs d'accès Internet tiers et la facturation à l'utilisation (Usage-based billing ou UBB), le CRTC devrait regagner des points avec cette décision.

Le dossier de l'intégration verticale, comme il a été nommé, est large et peut-être un peu abstrait en apparence, mais rendons la décision du CRTC concrète au possible : si vous êtes un amateur de sport, vous n'aurez pas, l'an prochain ou dans deux ans comme se dessinait la tendance, à transporter dans vos poches deux cellulaires différents, un pour voir les matchs des Canadiens (Bell) et un autre pour ceux de l'Impact ou éventuellement des Nordiques (Vidéotron).

Vous n'aurez pas non plus à être abonné à la fois à Illico et à Bell Télé Fibe à la maison pour être capable d'avoir accès à l'ensemble de vos émissions préférées.

Sept fois plus payant

Le point le plus important de cette décision concerne donc la notion d'exclusivité. Au cours des dernières années, les grands fournisseurs de télécoms canadiens ont procédé à de l' « intégration verticale ». Elles détiennent à la fois le tuyau et ce qui passe dedans. L'exemple le plus visible au Québec est de loin celui de Quebecor, qui détient à la fois Vidéotron et TVA, mais c'est aussi vrai de Bell, propriétaire évidemment de Bell Télé, mais aussi de CTV et RDS.

Ces conglomérats intégrés ont vite réalisé qu'un téléspectateur valait beaucoup plus cher au moment où il payait chaque mois son abonnement que quand il était assis dans son fauteuil à regarder la télé. Sept fois plus cher pour être plus précis, selon des calculs avancés par Telus dans sa présentation au CRTC.

Elles en ont tiré l'idée suivante : offrir du contenu exclusif sur une chaîne spécialisée et refuser que cette chaîne soit distribuée par le concurrent. L'idée étant que si quelqu'un veut vraiment avoir accès à un contenu appartenant à Bell, les Canadiens par exemple, il n'aura d'autre choix que de s'abonner à Bell Mobilité et/ou à Bell Télé. Et probablement, un coup parti, au téléphone fixe et à l'accès Internet de Bell, offert en forfait. Le « gros cash » est là. Pas dans le type assis devant sa télé, bière à la main, en train de regarder le match.

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