Transat s'attaque à la nouvelle stratégie de Mach

Publié le 06/08/2019 à 09:58, mis à jour le 06/08/2019 à 16:30

Transat s'attaque à la nouvelle stratégie de Mach

Publié le 06/08/2019 à 09:58, mis à jour le 06/08/2019 à 16:30

Par La Presse Canadienne
Un avion d'Air Canada qui vole.

(Photo: 123RF)

Estimant que la stratégie de Groupe Mach visant à faire dérailler son mariage avec Air Canada (AC) constitue un stratagème « abusif » et « trompeur », Transat A.T. (TRZ) se tourne vers les autorités réglementaires afin de bloquer le promoteur immobilier.

Le voyagiste québécois a déposé une plainte auprès du Tribunal administratif des marchés financiers, mardi, en demandant une « intervention urgente » afin d’empêcher Mach d’acheter des actions. Une audience sur cette question aura lieu dès jeudi. La société mère d’Air Transat dit également examiner « d’autres procédures judiciaires éventuelles » à l’endroit du promoteur immobilier.

À (re)lire: Groupe Mach offre de s'emparer de 20% de Transat pour bloquer Air Canada

De plus, le conseil d’administration de Transat A.T. implore également les actionnaires à repousser les avances de Mach, qui est revenu à la charge, vendredi dernier, en proposant d’acheter 6,9 millions d’actions de catégorie B de l’entreprise au prix de 14 $ chacune, ce qui lui coûterait 97 millions $.

Mach désire exercer les droits de vote rattachés à ces titres afin de voter contre l’offre de 13 $ par action d’Air Canada, qui doit recueillir l’appui d’au moins les deux tiers des actionnaires du voyagiste, le 23 août.

« Le stratagème de Mach porte préjudice aux actionnaires et est conçu pour les presser abusivement dans le temps et crée un faux sentiment d’incertitude et de risque afin de les amener à agir rapidement, contre leurs propres intérêts », a fait valoir l’entreprise, dans une lettre envoyée à ses actionnaires dans laquelle elle critique avec virulence cette « tactique d’hameçonnage » mise de l’avant par le promoteur immobilier.

Transat A.T. s’en prend notamment aux nombreuses conditions rattachées à la proposition de Mach, qui souhaite obtenir un maximum de procurations afin de l’empêcher à unir sa destinée avec Air Canada.

Dans sa plainte, le voyagiste estime que le prix de 14 $ par action évoqué par le promoteur immobilier constitue un « leurre », puisque c’est seulement jusqu’à 19,9 % des actions de catégorie B qui seraient rachetées si le mariage avorte.

« Ce dont Mach se donne ici, c’est la possibilité de pouvoir voter un grand nombre d’actions sans avoir à les acheter toutes, voir sans acheter aucune, a indiqué le vice-président aux affaires publiques de Transat A.T., Christophe Hennebelle, au cours d’un entretien téléphonique. C’est la première fois que l’on voit cela au Canada. »

La plainte de Transat A.T. reproche également à Mach d’avoir créé de « fausses attentes dans le marché » en dévoilant publiquement ses propositions dans le passé. Le voyagiste va même jusqu’à qualifier le promoteur immobilier « d’offrant frustré ».

Mach rejette les critiques

De son côté, le premier vice-président aux fusions et acquisitions de Mach, Alfred Buggé, a rejeté les critiques de la société mère d’Air Transat, affirmant que l’objectif de son entreprise était « clair et transparent ».

Au cours d’un entretien téléphonique, il a reproché à Transat A.T. et Air Canada de « créer de la panique et de la peur ». Dans la circulaire envoyée à ses actionnaires en vue de l’assemblée du 23 août, le voyagiste avait notamment soulevé des doutes à l’endroit de la capacité financière de Mach.

« On vient de mettre 100 millions $ sur la table, a dit M. Buggé. Nos intérêts sont alignés avec ceux des actionnaires. Ils (Transat et Air Canada) menacent les actionnaires (en disant) “si vous n’approuvez pas l’arrangement, l’action peut fléchir, vous allez perdre de la valeur”. Qu’ils arrêtent de créer de la peur dans le marché. »

Réitérant que des investisseurs institutionnels appuient la démarche de Mach, M. Buggé a affirmé qu’aucune offre d’achat ne sera déposée par le promoteur immobilier tant que le conseil d’administration actuel est en place chez Transat A.T.

Si les actionnaires du voyagiste disent oui à l’offre d’Air Canada, évaluée à 520 millions $, celle-ci sera scrutée par les autorités réglementaires, dont Transports Canada et le Bureau de la concurrence.

Letko, Brosseau et associés, plus important actionnaire de Transat A. T. avec une participation légèrement inférieure à 20 pour cent, et Penderfund Capital, qui détient 3,1 % des actions, ont déjà dit qu’Air Canada n’offrait pas assez d’argent. Le Fonds de solidarité FTQ et la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui possèdent conjointement une participation de 17,4 %, ne se sont pas prononcés publiquement.

Selon l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, la stratégie de Mach pourrait inciter Air Canada à proposer « au moins » 14 $ par action afin de « décourager les investisseurs à déposer leurs actions » auprès du promoteur immobilier.

À la Bourse de Toronto, le titre de Transat A.T. a clôturé à 11,84 $, en recul de 15 cents, ou 1,25 %.

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