Effets visuels: The Fuse Group maintenant dirigé par un Québécois

Publié le 28/03/2022 à 11:35

Effets visuels: The Fuse Group maintenant dirigé par un Québécois

Publié le 28/03/2022 à 11:35

Par Nicolas St-Germain

Sébastien Bergeron a cofondé Folks, il y a dix ans. L'entreprise a fusionné avec FuseFX et RSP pour former The Fuse Group. (Photo: courtoisie)

The Fuse Group, une entreprise spécialisée dans les effets visuels ayant travaillé entre autres sur le film Spider Man: No Way Home, qui était en nomination aux Oscars dimanche dans la catégorie «meilleurs effets visuels», sera désormais dirigé par le Québécois Sébastien Bergeron.

Son prédécesseur, David Altenau, devient président du CA de la société née de la fusion de FuseFX, Folks VFX et Rising Sun Pictures (RSP). La transition se fera en «douceur», a annoncé l'entreprise le 23 mars. 

Sébastien Bergeron, originaire du Lac—Saint-Jean, savait depuis novembre que l’ancien président comptait se retirer de la prise de décisions au jour le jour. «J’ai évidemment pris le temps d’y penser quand on m’a proposé le poste, admet celui qui a cofondé Folks, il y a dix ans. Mais je ne cacherai pas que j’étais rapidement intéressé par le défi. C’est quelque chose que je voulais quand on a fusionné avec FuseFX en 2020.»

Si Folks comptait 150 employés avant la fusion, Sébastien Bergeron en dirigera maintenant 1200 avec l’ambition d’atteindre 1700 d’ici la fin de l’année. «C’est évidemment un gros bond, mais c’est une entreprise-mère qui se porte bien. Ses trois entreprises sont très fortes côté leadership avec des entrepreneurs et co-fondateurs à leur tête dans un marché qui va très bien», explique-t-il.

 

Créer une cohésion

Le projet qui attend dorénavant le Québécois est de maintenir la vision déjà en place. Il souhaite aussi préciser la synergie entre les entreprises du groupe qui, après la fusion de FuseFX et Folks en 2020, a vu l’australienne RSP se joindre au groupe en 2021.

«Le but n’est pas d’uniformiser, mais de faire des économies d'échelle dans nos besoins technologiques en créant quelque chose de commun pour accéder à des projets de plus gros calibre et faire du groupe une entreprise de calibre mondiale», détaille le nouveau PDG.

De compter sur une plus grosse boîte avec autant d’employés permet au groupe de mettre la main sur des séquences de film plus grosses et plus lucratives que Folks, seul, n’aurait pas pu obtenir, illustre-t-il. Cela leur permet aussi de gérer plusieurs projets différents en même temps et de ne pas «mettre tous les œufs dans le même panier».

«Moi, à la base, je suis un artiste en effets visuels, dit celui qui a fait ses études au Cégep de Jonquière. C’est ça la force du groupe, d’être géré et imaginé par des gens qui ont fait des effets visuels et qui ne sont pas désillusionnés par la gestion.»

 

Croître par la fusion

Même si le groupe est né d’une fusion, Sébastien Bergeron croit qu’il est encore possible de grandir de manière organique. «Tout dépend des objectifs de l’entreprise», explique-t-il.

Mais il est aussi d’avis que cette façon de croître a plusieurs bons côtés. «C’est motivant d’acquérir des marques qui ont des personnes renommées qui y travaillent, mais aussi au niveau de la clientèle», détaille Sébastien Bergeron.

Chez The Fuse Group, malgré les fusions-acquisitions, le plan est toujours de conserver les marques telles qu’elles sont et de les garder fortes. «Aucune des trois entreprises [FuseFX, Folks et RSP] n’était en situation précaire au moment des fusions, explique le nouveau PDG. Ce sont des entreprises qui avaient des contrats et faisaient de bonnes affaires.»

Le regroupement offre la possibilité de mettre en commun les ressources pour répondre aux besoins de ses clients. «Ça permet aussi à nos employés de travailler partout dans le monde et d’ouvrir nos entreprises les unes sur les autres», ajoute celui qui cumule 25 ans dans le domaine.

 

Un nouveau siège social?

Maintenant que la société est dirigée par un Québécois basé à Montréal, est-ce que cela change quelque chose pour le siège social? «Ça change un peu, mais pas drastiquement», répond Sébastien Bergeron en riant.

Il mentionne que la pandémie a apporté une drôle de notion à ce concept. «Quand on a conclu l’entente avec FuseFX, le lendemain, tout le monde partait à la maison avec leurs ordinateurs. On a donc construit une dynamique de manière virtuelle entre les employés.»

Sébastien Bergeron gardera Montréal comme port d’attache, mais prévoit voyager davantage dans le prochain mois pour visiter les différents studios.

 

La grande séduction

Sébastien Bergeron a fait ses premiers pas dans le domaine en 1997, au moment où les effets visuels en étaient à leurs débuts. «Ce n’est pas la chaîne de montage qu’on a aujourd’hui, explique-t-il. Les gens apprenaient sur le tas.»

Interrogé sur un projet qui l’a marqué, Sébastien Bergeron mentionne son implication sur le film de La grande séduction, son premier à titre de superviseur en effets visuels. «J’étais en début de carrière et je me souviens avoir reçu le scénario du film et être tombé en amour avec, relate-t-il. Je n’ai pas cherché à comprendre mon implication, je voulais justement participer au film.»

De son propre aveu, il dit avoir compris à ce moment le métier de superviseur en effets visuels. «Oui le projet démarre dans l’ordinateur, mais aussi dans le script pour créer l’univers que le réalisateur a voulu mettre en place.»

Il était responsable de créer le village en 3D de toute pièce. «Il existait juste dans la tête du réalisateur», se remémore-t-il.

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