New York se voit réclamer 810 millions de dollars pour des prix de licences de taxi gonflés

Publié le 21/02/2020 à 06:48

New York se voit réclamer 810 millions de dollars pour des prix de licences de taxi gonflés

Publié le 21/02/2020 à 06:48

Par AFP

(archives)

La procureure de l'Etat de New York a réclamé jeudi à la ville de New York la somme de 810 millions de dollars pour dédommager des chauffeurs de taxi victimes, selon elle, du gonflement artificiel des prix des licences par la municipalité.

La procureure Letitia James reproche à la ville de New York d'avoir vendu, entre 2004 et 2017, les licences par le biais d'un système d'enchères qui a porté leur prix à des niveaux injustifiés.

À partir de 2011, la municipalité a maintenu ce mécanisme en l'état alors qu'une étude interne avait montré, selon la procureure, que le prix des licences était supérieur à leur véritable valeur économique.

Entre 2004 et 2014, le prix moyen d'une licence aux enchères est passé de 283 300 à 965 000 dollars, selon les chiffres publiés jeudi par les services de Letitia James.

Il s'est ensuite effondré, sous l'effet de l'arrivée massive des plateformes de VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur), principalement Uber et Lyft.

Selon une enquête du New York Times, plus de 950 chauffeurs de taxi propriétaires de leur licence se sont déclarés en faillite personnelle depuis 2016.

Aujourd'hui, une licence peut se négocier auprès d'un chauffeur de taxi à moins de 200 000 dollars.

La somme réclamée à la ville par la procureure James, soit 810 millions de dollars, correspond aux recettes tirées par la municipalité de la vente de licences et de la taxe sur la revente.

Selon la procureure, New York a notamment mis en place un prix plancher lors des enchères, mais aussi permis à des courtiers et des acteurs majeurs du secteur, qui possédaient des dizaines voire des centaines de licences, de s'entendre sur les prix.

L'agence de régulation des taxis et VTC à New York aurait même indiqué aux chauffeurs de taxi que la licence pouvait être utilisée comme garantie pour un prêt, afin de les inciter à enchérir.

L'enquête du New York Times a montré que de nombreux chauffeurs de taxi avaient contracté des prêts de plusieurs centaines de milliers de dollars alors que les revenus tirés de leur activité ne leur permettaient pas d'envisager les rembourser.

Dans le courrier adressé jeudi à la ville, la procureure donne 30 jours à la municipalité pour s'acquitter de la somme demandée, faute de quoi elle l'attaquera en justice.

«Voici six ans que nous nous employons à améliorer la situation financière des chauffeurs», a réagi dans une déclaration transmise à l'AFP, Freddi Goldstein, attachée de presse du bureau du maire, Bill de Blasio, qui a pris ses fonctions début 2014.

Une source proche de la mairie a souligné à l'AFP que l'administration De Blasio n'avait procédé qu'à une seule vente aux enchères, en début de premier mandat, opération qui avait été planifiée par l'administration précédente.

«Nous avons fait face à cette crise et travaillé sans relâche pour réparer les dégâts causés par la cupidité de certains», a-t-elle ajouté.


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