Transfert d’entreprise : mieux vaut se préparer dès maintenant

Publié le 18/03/2020 à 09:00

Vendre ou transférer une entreprise peut facilement demander jusqu’à 5 ans, le temps, entre autres, de trouver la bonne relève. Afin d’assurer la pérennité de leur entreprise et de tirer le maximum de la transaction, les chefs d’entreprise doivent se préparer aussitôt que possible à cette étape cruciale.

« Dès que vous achetez une entreprise, il faut déjà penser à la vendre. Et j’exagère à peine ! », lance Christine Mariano, conseillère au Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) pour l’Ouest-de-l’Île, à Montréal.

Pourtant, bien des cédants attendent à la dernière minute, et sont donc mal préparés à cette étape exigeante. « C’est un processus que la plupart des propriétaires d’entreprises ne vivent qu’une fois. Sans préparation, ils sont devant l’inconnu. Ils doivent gérer en même temps ce transfert et le maintien des activités régulières de l’entreprise. De plus, ils sont parfois aux prises avec une baisse d’énergie entraînée par l’âge ou la maladie », dit la conseillère en transfert d’entreprise.

Certains entrepreneurs retardent aussi le moment de penser au transfert parce qu’ils entretiennent certaines craintes : ne pas trouver preneur pour leur entreprise, faire vivre de l’incertitude à leurs employés ou alerter leurs partenaires financiers et leurs fournisseurs.

Les risques de la dernière minute
Pourtant, c’est l’inverse ! Une démarche planifiée a l’avantage de calmer les incertitudes que peuvent ressentir les parties impliquées. En revanche, un manque de préparation peut avoir d’importantes conséquences négatives. « J’ai connu des cédants persuadés qu’un de leurs enfants ou de leurs fidèles employés reprendrait l’entreprise, mais qui n’avaient jamais véritablement vérifié leur intérêt. Au jour J, ils se sont ramassés sans repreneurs », se rappelle Christine Mariano.

Sans compter qu’un manque d’organisation en amont peut provoquer des conflits de famille ou brouiller la bonne entente entre les actionnaires ou les employés. Cette incertitude peut d’ailleurs entraîner le départ d’employés essentiels à la réussite d’un transfert d’entreprise en douceur, en plus d’occasionner des ralentissements de productivité et une baisse d’efficacité.

Pire encore, la valeur de l’entreprise peut souffrir de cette improvisation, puisque ses compétiteurs peuvent en profiter pour l’acheter à bas prix. Elle a aussi des répercussions sur le cédant lui-même et peut le priver de certains avantages fiscaux, comme l’exonération en gains et capital, s’il effectue trop tard sa demande. Enfin, comme l’entreprise est, dans bien des cas, le fonds de retraite du propriétaire, un transfert retardé faute de planification menace les projets du cédant.

Des solutions tous azimuts
C’est pourquoi le cédant doit s’entourer, le plus tôt possible, d’une équipe multidisciplinaire qui connaît ce processus : planificateur financier, notaire, avocat, conseiller en ressources humaines, et parfois d’autres. Il peut aussi faire appel, bien sûr, au CTEQ.

Ses experts accompagnent les parties tout au long du processus, peu importe la durée et la forme que peut prendre le transfert. « Que ce soit une reprise familiale, un management buy-out (rachat par des dirigeants ou des employés) ou une reprise externe, nous pouvons guider les entrepreneurs dans leur transfert », souligne Christine Mariano.

L’Index, une plateforme du CTEQ qui répertorie confidentiellement quelque 3000 repreneurs intéressés et actifs partout au Québec et dans tous les secteurs d’activités, est aussi un outil de choix pour trouver le « match » parfait pour l’entreprise. Plus encore, une fois inscrits au CTEQ, les cédants bénéficient de formations et peuvent rencontrer d’autres propriétaires ayant déjà vendu leur entreprise.

Vendre ou transférer l’entreprise qui a été au cœur de sa vie professionnelle, c’est laisser aller un peu de soi-même. Il est donc essentiel, pour un entrepreneur, de s’accorder le droit de prendre du recul. C’est en planifiant toutes les étapes qu’il pourra bien valoriser l’entreprise, préparer le transfert de connaissances et traiter les divers aspects humains et transactionnels qui sont en jeu.

« En s’inscrivant au CTEQ, les cédants peuvent faire cette démarche à leur rythme, sur quelques années s’ils le désirent, et même revenir sur leur décision puis relancer le processus, en toute confidentialité », conclut Christine Mariano.

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