Un centre-ville plus accueillant qu’on ne le pense

Publié le 30/08/2022 à 00:01

Par CCMM

Jusqu’à tout récemment, on pouvait dire sans trop se tromper : « dis-moi où sont situés tes bureaux et je te dirai quel est ton métier. » Place Ville-Marie? Avocat! Édifice industriel dans le Mile-Ex? Programmeur! Shop Angus? Entrepreneur social!

Ce script avait l’avantage de simplifier « l’algorithme » qu’utilisaient les dirigeants d’entreprise dans la prise de décision concernant la localisation et l’aménagement de leurs bureaux. Mais depuis, la pandémie a accéléré une tendance où les expertises s’entremêlent davantage et où les barrières de perception territoriale tombent au profit de la complémentarité des expertises. Cette tendance s’est révélée, par exemple, lorsque l’assureur Sun Life a annoncé son intention d’ouvrir un bureau dans le Mile-End, ou encore la volonté de la firme créative SID LEE de s’installer à la Place Ville-Marie dans des espaces autrefois occupés par les banquiers de RBC Banque Royale.

« Contrairement à l’image qu’on s’en fait, le centre-ville ne convient pas qu’aux entreprises de “l’économie corporative” et leurs employés en veston-cravate. On y retrouve déjà, par exemple, de grands studios de jeu vidéo comme Warner Bros. Game, Electronic Arts ou Eidos, en plus d’entreprises de technologies reconnues comme Rodéo FX ou Google », explique Christopher Thorne, directeur général de la location à Allied, l’un des plus grands propriétaires d’espaces à bureau à Montréal.

Un des avantages du centre-ville de Montréal est son accessibilité, puisque tous les réseaux de transport régionaux, qu’il s’agisse du système routier, de la desserte de transport collectif ou même du réseau de pistes cyclables, y convergent.

« Une entreprise qui choisit de s’implanter au centre-ville de Montréal est à distance raisonnable des villes de l’agglomération, bien sûr, mais également de la Rive-Sud et de la Rive-Nord. En d’autres mots, une entreprise qui choisit le centre-ville se donne accès au plus vaste bassin de talents de l’Est du Canada, en plus d’être à distance de marche de plusieurs de ses fournisseurs et clients, et à vingt minutes de l’aéroport », ajoute Jean-François Grenier, directeur principal à Altus, une firme internationale qui offre des services-conseils en immobilier commercial.

Un autre avantage du centre-ville est celui de son cadre urbain comme tel. La densité du centre-ville et la mixité des fonctions qu’on y retrouve attirent un profil d’employés qui valorisent le fait de ne pas être dépendant de l’automobile, d’avoir accès à une panoplie de commerces indépendants et à une offre alimentaire de niche, qu’il s’agisse de foire alimentaire nouvelle génération comme le Cathcart, le Time Out Market ou le Central, ou de cafés et de bars indépendants. Ce profil correspond essentiellement aux jeunes professionnels que plusieurs entreprises s’arrachent, transformant le choix du lieu et du type d’emplois en une décision stratégique pour attirer une nouvelle génération de talents.

On observe enfin une concentration d’emplois à haute valeur ajoutée dans les centres-villes. Montréal se distingue toutefois des autres métropoles nord-américaines pour sa qualité de vie et son abordabilité relative. Résumé sans nuance par James Gorman, président-directeur général de la banque d’affaires Morgan Stanley : « Si vous voulez un salaire de New York, vous devez être à New York. » Choisir le centre-ville de Montréal, c’est donc signaler qu’on donne la priorité à l’attraction de talents et, plus généralement, qu’on est sur la voie de la croissance, tout en misant sur un environnement de travail vibrant et accessible.

Comment attirer les travailleurs dans un cadre d’entreprise? En changeant le cadre!

« L’époque des bureaux structurés autour de cubicules est de plus en plus considérée comme une époque révolue. Mais les cubicules ne sont pas attachés à la structure des édifices du centre-ville. Bien au contraire! Ces immeubles peuvent être réimaginés pour répondre aux nouvelles attentes en matière d’espaces de travail ouverts, modernes et stimulants », argue Christopher Thorne, dont l’entreprise, propriétaire d’immeubles industriels phares comme Le Nordelec dans le Sud-Ouest ou une partie du campus d’Ubisoft dans le Mile-End, a récemment racheté des immeubles du centre-ville comme le Centre de commerce mondial et l’ancien siège social de la Banque Nationale pour les convertir en immeubles modernes.

« Le centre-ville de Montréal a toujours été la tête de proue de l’économie du Québec. La question n’est donc pas de savoir si le territoire appartient au passé, mais plutôt quelles entreprises appartiennent à l’avenir de l’économie métropolitaine, entreprises pour lesquelles le centre-ville s’adaptera », conclut Jean-François Grenier.

Dans un monde professionnel en mutation rapide, les entreprises doivent s’adapter aux nouveaux modes d’organisation du travail et repenser leurs espaces à bureaux. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a mis en place Espaces et cie, une nouvelle plateforme qui permet aux entreprises d’afficher et de trouver des espaces – que ce soit en formule de partage des locaux avec d’autres entreprises ou de sous-location d’espaces vacants. Visitez la plateforme ici.

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