Le Canada pourrait perdre momentanément le libre-échange avec le Royaume-Uni

Publié le 05/02/2020 à 16:49

Le Canada pourrait perdre momentanément le libre-échange avec le Royaume-Uni

Publié le 05/02/2020 à 16:49

Par François Normand
La haute-commissaire britannique au Canada, Susan le Jeune d’Allegeershecque

La haute-commissaire britannique au Canada Susan le Jeune d’Allegeershecque. (source photo : Sylvie-Ann Paré)

Les exportateurs pourraient perdre à court terme leur accès privilégié au marché britannique si Ottawa et Londres n’arrivent pas un conclure à temps un nouvel accord de libre-échange pour remplacer l’Accord économique et commercial global (AECG) qui vient officiellement à échéance le 31 décembre 2020.

La haute-commissaire britannique au Canada, Susan le Jeune d’Allegeershecque, a évoqué ce scénario ce mercredi midi lors d’une allocation devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), alors qu’elle faisait le point sur l’avenir du Royaume-Uni dans la foulée du Brexit.

Répondant à une question de l’audience, elle a laissé entendre qu’il n’y a pas de garantie qu’une fluidité sans interruption du libre-échange entre le Canada et le Royaume-Uni soit maintenue.

«On espère avoir un accord avant la fin de cette période de transition. […] C’est le but», a déclaré la haute-commissaire, en précisant que la période de 11 mois pour y arriver est relativement courte.

Pour autant, la haute-commissaire estime que les négociations pourraient commencer «bientôt», et qu’il y a une volonté politique à Ottawa et à Londres d’y arriver avant la fin de 2020.

Même si le Royaume-Uni est sorti politiquement de l’Union européenne à la fin du mois de janvier, plusieurs traités ou accords demeurent en vigueur jusqu’au 31 décembre, incluant l’AECG entre le Canada et l’UE, entré en vigueur en septembre 2017.

Les tarifs de l’OMC s’appliqueraient en l’absence de libre-échange

Si jamais Ottawa et Londres n’arrivent pas à négocier, conclure et ratifier un nouvel accord de libre-échange d’ici le 31 décembre, ce seront les tarifs douaniers de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui s’appliqueront.

Ces tarifs s’élèvent en moyenne de 3 à 4%.

Il s'agit des barrières tarifaires appliquées entre des pays qui n'ont pas d'accord de libre-échange entre eux. Bien entendu, des tarifs entre deux partenaires commerciaux peuvent être inférieurs ou supérieurs à cette moyenne de 3 à 4%.

Selon Mme le Jeune d’Allegeershecque, le principal obstacle à l’entrée en vigueur d’un nouvel accord de libre-échange entre le Canada et le Royaume-Uni est le manque de ressources et d’expérience de la diplomatie commerciale britannique.

«Il y a une question de capacité. Car, pendant 47 ans, en Europe, nous n’avons pas fait de négociation au niveau du commerce», souligne-t-elle.

Le Royaume-Uni est entré dans l’UE en 1973. Or, c’est la Commission européenne -l’organe exécutif- qui négocie au nom de ses membres les accords de libre-échange de l’Union avec des partenaires extérieurs comme le Canada.

Ce sont donc des fonctionnaires de l’UE qui ont négocié l’AECG avec le Canada, et non pas des fonctionnaires britanniques.

Vers un AECG +

Par ailleurs, à terme, Ottawa et Londres ne veulent pas simplement faire un «copier-copier» de l’AECG, même si c’est la stratégie à court terme pour maintenir la fluidité sans interruption du libre-échange entre les deux pays.

À long terme, la stratégie consisterait plutôt à négocier un AECG + qui tiendrait strictement compte des intérêts économiques du Canada et du Royaume-Uni, ce qui n’est pas le cas dans l’actuel libre-échange, souligne Mme le Jeune d’Allegeershecque.

«L’AECG a été négocié avec 28 pays. Quand on essaie de regrouper les intérêts, les sujets importants pour chaque pays, c’est d’un côté plus large, mais d’un autre côté pas assez détaillé, comme un accord bilatéral», a-t-elle expliqué en point de presse après son allocution, mais sans pouvoir dire avec précision quels pourraient être ces intérêts particuliers.

La fluidité sans interruption du libre-échange canado-britannique est un enjeu de taille pour nos entreprises, puisque le Royaume-Uni est le troisième marché d’exportation du Canada à 16 milliards de dollars canadiens en 2018, et ce, après les États-Unis et la Chine, selon Statistique Canada.

Par contre, l’économie britannique est moins importante pour le Québec.

Il s’agit en fait de notre huitième marché d’exportation à 1,2 G$ en 2018. Dans l’UE, le Royaume-Uni est seulement la quatrième destination des exportateurs québécois après la France, l’Allemagne, et les Pays-Bas.

En fait, les expéditions de marchandises du Québec au Royaume-Uni sont en déclin depuis 2014, et le sommet des 15 dernières années a été atteint en 2004 à 2 G$.

 

 

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