La Fondation Mira, un employeur qui a du chien

Publié le 26/02/2024 à 08:00, mis à jour le 26/02/2024 à 10:51

La Fondation Mira, un employeur qui a du chien

Publié le 26/02/2024 à 08:00, mis à jour le 26/02/2024 à 10:51

Par Catherine Charron

Lancée dans les années 1980 par Éric St-Pierre, la Fondation Mira est le fruit du travail sans borne de ses bâtisseurs. (Photo: 123RF)

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RHÉVEIL-MATIN. Lorsque la Fondation Mira s’est distinguée au Canadian Nonprofit Employer of Choice Award, son directeur général, Nicolas St-Pierre y a vu là la consécration des changements organisationnels des huit dernières années, un travail en continu qui n’est pas encore terminé.

Si ce chantier était nécessaire, ce n’est pas parce que le bien-être des employés ne figurait pas parmi les priorités de l’organisme sans but lucratif (OSBL), nuance-t-il. Les mœurs héritées de leur passé étaient simplement différentes, et les pratiques de gestion requéraient un peu de polissage pour que l’organisation qui compte désormais 80 employés mène à bien sa mission.

Pas besoin que cette dernière soit inscrite au mur pour que l’équipe la vive au quotidien.

«Les chiens sont toujours autour de nous, on dîne avec les bénéficiaires, ils nous parlent de leurs défis dans leur vie, les succès qu’ils ont avec leur chien», raconte celui qui n’a pas peur de se salir les mains.

Lancée dans les années 1980 par Éric St-Pierre, la Fondation Mira est le fruit du travail sans borne de ses bâtisseurs, développant au sein de l’OSBL un solide esprit de camaraderie qui se perpétue encore aujourd’hui, insiste son patron.

Cette aventure «a vraiment commencé par une passion, autant de mes parents que de ceux qui gravitaient autour d’eux. La culture a toujours été de se retrousser les manches. […] Mon taux de roulement est très bas, à moins de 5% rapporte Nicolas St-Pierre. On est tous très engagés.»

 

Adapter des pratiques

C’est d’ailleurs l’un des principaux éléments que les employés sondés par le Canadian Nonprofit Employer of Choice Award ont salué, rapporte Nicolas Saint-Pierre.

Ravi de voir que 80% de son équipe a participé à cette étude anonymisée, le dirigeant a profité de ce processus pour prendre le pouls de la fondation, et mieux comprendre ce qui plaisait ou pas à ses collègues dans l’organisation du travail.

Celui-ci est loin d’être reposant, rappelle-t-il. Les différents services offerts par l’OSBL requièrent une attention presque constante de la part de son équipe.

«Certaines recrues sont tellement motivées à travailler avec nous qu’elles pensent presque que c’est Walt Disney. Ça leur semble extraordinaire de travailler avec les chiens», dit le patron qui doit parfois les ramener à la réalité.

Bien que gratifiant, le métier n'en demeure pas moins exigeant.

Mus par vocation, les employés de Mira ne sont pas à l’abri des épuisements professionnels, emballés à l’idée de contribuer à la mission de l’organisation. Le dirigeant qui a étudié à l’École d’Entrepreneurship de Beauce surveille de près leur niveau d’énergie, afin qu’ils prennent le temps de se reposer dans ce milieu exigeant.

Depuis un an et demi, une gestionnaire des ressources humaines, Isabelle Descarries, l’accompagne dans sa démarche pour leur offrir les meilleures conditions de travail, notamment en créant des environnements sécuritaires pour qu’ils puissent lever la main quand ça ne va pas.

«J’ai cette relation de confiance avec la plupart des gens qui travaillent ici, mais ça reste que je suis le patron. Ils ne veulent pas tout me dire, et je le comprends. C’est plutôt elle qui vient me voir si une personne a besoin d’accompagnement.»

Nicolas St-Pierre a aussi déjà entamé tout un chantier pour structurer l’organisation depuis sa nomination, fort de son expérience sur le terrain. Il a par exemple centralisé les communications en une seule plateforme afin que l’information circule mieux entre les différentes parties prenantes.

La Fondation Mira ne repose pas pour autant sur ses lauriers, prévient le patron, qui compte encore bonifier les pratiques de communication interne et rendre plus officielle la reconnaissance de l’apport des membres de l’équipe.

 

Une communication repensée

Ça se manifeste d’ailleurs dans le prochain grand chantier de l’OSBL, soit celui de s’assurer que le transfert de compétence se fasse entre les entraîneurs de la première génération, et ceux des nouvelles. Nicolas Saint-Pierre mobilise ses travailleurs d’expérience, sans pour autant les surcharger de rencontres supplémentaires.

«Pour que ça passe à la troisième et la quatrième garde, que la culture de Mira reste forte, que notre identité soit authentique, il faut les inviter à participer, dit-il. J’ai des jeunes qui rentrent et qui n’ont jamais connu mon père, qui n’ont pas connu l’évolution de la fondation. Il faut leur transmettre pourquoi on est rendu là, pour quelles raisons le chemin s’est bâti comme ça.»

Cette passation de l’information, et de la place qu’occupe l’employé pour mener à bien cette mission font d’ailleurs dorénavant partie du processus d’accueil et d’intégration des recrues.

L’organisme à but non lucratif n’a pas le choix d’emprunter au secteur privé des pratiques de gestion des ressources humaines, croit le dirigeant.

«Les travailleurs s’attendent à être gérés avec sérieux. Ce n’est pas qu’avec la bonne volonté des employés, trois-quatre verres d’eau et de la broche que l’on peut aller loin. […] Je gère de la même façon qu’au privé, mais c’est mieux ici, car on travaille avec des chiens», dit-il.

 

 

Télétravailler ou ne pas télétravailler, telle est la question qui cause des émois dans bien des entreprises.

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