Presque rien pour améliorer l’offre sur le marché immobilier

Publié le 21/03/2023 à 16:47

Presque rien pour améliorer l’offre sur le marché immobilier

Publié le 21/03/2023 à 16:47

Par Charles Poulin

(Photo: 123RF)

BUDGET DU QUÉBEC. Le budget 2023 du gouvernement du Québec n’offre presque rien pour tenter d’améliorer l’offre de propriétés et de logements du marché immobilier de la province.

La seule mesure influant l’offre est l’annonce d’un investissement de 1G$ pour favoriser l’accès à des logements abordables. La somme permettra d’accroître le parc locatif de 5250 unités, mais servira également à des mesures qui n’auront pas d’impact sur l’inventaire (bonification de la composante logement du crédit d’impôt remboursable pour la solidarité et attribuer 2000 unités additionnelles au programme Supplément loyer).

Il n’y a aucune aide aux entrepreneurs et investisseurs pour tenter de rééquilibrer les mathématiques du financement de projet, rendues encore plus difficiles en raison des taux d’intérêt élevés et qui retardent ou bloquent tout simplement des projets immobiliers.

« Je trouve que 1 G$ et 5000 unités, c’est important, se défend le ministre des Finances, Eric Girard. La chose facile, c’est de faire les annonces. Livrer les unités, c’est ça, le défi. Quand il n’y a pas de logements, on peut tout de même aider les gens financièrement. »

Pas autant que ça

Pourtant, le déficit d’inventaire est imposant au Québec. L’Association des professionnels en construction et habitation du Québec (APCHQ) estime ce déficit à 100 000 unités. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) avance qu’il faut construire 60 000 unités supplémentaires par année d’ici 2030 pour rétablir l’offre sur le marché québécois.

« C’est un saupoudrage de mesures qui n’est pas tellement efficace, soutient le directeur général du Réseau québécois des OSBL d’habitation, André Castonguay. Et quand on parle de logements abordables, c’est relatif au revenu des ménages. Mais il y a des gens qui doivent réserver 50%, 60% ou 70% de leurs revenus pour se loger, et ce que le ministre Girard propose n’est pas satisfaisant. »

La porte-parole du Front d’action populaire pour le réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme, indique qu’en plus, sur les 5000 logements abordables annoncés par le gouvernement, il n’y a réellement que 1500 nouvelles unités… sur six ans.

« Ça en prendrait 10 000 par année pour régler le problème, laisse-t-elle tomber. Là, la CAQ n’atteint même pas le nombre de leur promesse électorale. Pendant ce temps, le parc de logements abordables s’effrite. On perd plus de logements qu’il ne s’en construit. »

Le problème touche de plus en plus de gens, raconte-t-elle. « On voit des gens qui travaillent obligés de vivre dans leur voiture, des familles vivre dans des 3 ½. Ce qui est présenté dans le budget est inacceptable, et nous nous enfonçons dans la crise d’abordabilité la plus grave de notre histoire. »

 

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