Qu’attendez-vous pour adopter le «no-code»?

Publié le 31/01/2022 à 11:30

Qu’attendez-vous pour adopter le «no-code»?

Publié le 31/01/2022 à 11:30

Par Nicolas St-Germain

Par l’entremise d’interfaces simples, les entreprises pourraient être en mesure de générer des sites, des applications ou des services, comme automatiser certaines tâches, qui conviennent à leur flux de travail sans connaître la code informatique. (Photo: 123RF)

LA TECHNO PORTE CONSEIL est une rubrique qui vous fait découvrir des plateformes, de nouveaux outils ou de nouvelles fonctionnalités pouvant être implantés facilement et rapidement dans votre quotidien au travail, en plus de démystifier les tendances technos du moment.

LA TECHNO PORTE CONSEIL. Une tendance semble se dessiner dans les applications que je vous partage depuis quelques semaines. Effectivement, plusieurs solutions «no-code» ou «low-code» jaillissent promettant de régler les problèmes de transformation numérique des entreprises.

C’était le cas de TimeTonic et de Zapier, mais il en existe d’autres comme Airtable, Bubble, Wix ou encore Webflow. Je suis donc allé voir pour vous ce que c’était.

 

Une tendance pas si nouvelle

Si les intervenants dans cet article ne se sont pas avancés sur une définition précise, le concept derrière la technologie est de démocratiser l’accès à la conception d’outils ou de solutions pour les gens sans expérience en programmation.

Autrement dit, par l’entremise d’interfaces simples, n’importe qui pourrait être en mesure de générer des sites, des applications ou des services, comme automatiser certaines tâches, qui conviennent à leur flux de travail.

Lorsque l’on dit «sans expérience en programmation», c’est que la personne n’a pas besoin de connaître les langages Python, JavaScript, C++ ou autres pour concevoir son outil. La plateforme offre un environnement visuel facile à comprendre.

Mais ça ne veut pas dire que la personne ne fait pas de la programmation, nuance le professeur du département Science et Technologie de la TÉLUQ, Daniel Lemire. «De mon point de vue, la personne qui fait du "no-code", c’est un programmeur. Elle fait de la programmation informatique, juste pas du code informatique.»

Si le professeur apporte cette précision, c’est aussi pour expliquer que l’idée derrière le «no-code» ou le «low-code» n’a rien de nouveau. «L’idée de base derrière le premier langage informatique, Cobol, c’était justement de faire quelque chose qui ressemble à de l’anglais et qui était facile.» Des composantes que l’on retrouve derrière cette tendance.

Et donc, pour Daniel Lemire, il n’y a pas eu de grande avancée informatique qui justifie que le «no-code» soit remis de l’avant. Il s’agit davantage d’une question de contexte: la pénurie de main-d'œuvre dans le secteur informatique et la pandémie a accéléré une forme d’informatisation.

«Cela fait en sorte que des techniques qui permettent à un plus grand nombre de gens de faire de l’informatique deviennent plus précieuses», analyse Daniel Lemire.

 

Une bonne chose

Sans détour, le professeur en informatique y voit du positif pour la société à ce que se développent des solutions du genre. «Toutes les entreprises qui font du "no-code" apportent un gain important, explique-t-il. Cette approche permet de réduire la dépendance envers les programmeurs hyper spécialisés qui peuvent se concentrer ailleurs sur des tâches à valeur ajoutée.»

Le fondateur de l’agence web Toumoro, Philippe Fekete, est du même avis. Pour lui, cela permet de «baisser la barrière à l’entrée», mais aussi «de révolutionner le domaine, en démocratisant l’accès à des applications, augmentant la production».

 

Coder sans connaître le code?

Philippe Fekete croit que de connaître un peu la programmation, ça peut aider, mais il mentionne que ça prend surtout une bonne conceptualisation pour mettre en place ces outils.

«Prenons l’exemple d’Airtable (qui est un hybride entre un tableur et une base de données), si tu veux faire une bonne gestion des données, ça prend une connaissance en tableur, un peu comme avec Excel.» Philippe Feketecroit que des expertises sur ce type d’application vont se développer, comme c’est déjà le cas avec d’autres outils.

Au-delà de savoir programmer, Daniel Lemire croit plutôt que les gens doivent développer une pensée computationnelle, soit de réfléchir comme un algorithme en décortiquant les différentes étapes.

Il donne l’exemple d’une chorégraphie de danse qui est un algorithme, soit un enchaînement de mouvements. C’est pareil avec les outils comme Zapier, par exemple, à qui il faut fournir son enchaînement d’étapes pour produire l’automatisation souhaitée entre deux applications.

Si la tendance du «no-code» comporte vraisemblablement des avantages, avec la spécialisation du travail qu’il apporte, ainsi que la hausse de productivité, il compte néanmoins certaines limites, parfois évidentes, parfois moins, comme la force de son marketing, qui seront abordées dans la rubrique de la semaine prochaine.

 

À (re)lire: Bâtir son entreprise grâce au «no-code»

 

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