Réduisez votre taux de roulement grâce à la curiosité

Publié le 17/11/2023 à 07:23

Réduisez votre taux de roulement grâce à la curiosité

Publié le 17/11/2023 à 07:23

Par Catherine Charron

Être curieux, ça va bien au-delà du simple intérêt à apprendre de nouvelles choses selon Scott Shigeoka. (Photo: 123RF)

RHéveil-matin est une rubrique quotidienne où l’on présente aux gestionnaires et à leurs employés des solutions inspirantes pour bien commencer leur journée. En sirotant votre breuvage préféré, découvrez des astuces inédites pour rendre vos 9@5 productifs et stimulants.


RHÉVEIL-MATIN. Il va sans dire que la curiosité de vos employés est une qualité qui a de grandes vertus pour votre organisation. Or, celle-ci va bien au-delà de leur simple intérêt à apprendre de nouvelles choses, estime l’auteur et consultant Scott Shigeoka: c’est aussi un outil puissant pour créer des liens.

Les gestionnaires qui ne voient pas cette différence, ou qui ne font que cultiver la capacité à creuser différents sujets des membres de leur équipe – ce qui, soit dit en passant, rend l’entreprise plus innovante – manquent une occasion en or d’augmenter leur taux de fidélisation.

En utilisant la curiosité à cet escient, en misant sur des échanges qui vont «plus loin que la surface, ça peut solidifier les relations de travail, favoriser une meilleure compréhension de vous-même en tant que leader et vous aide à gérer les conflits ou l’anxiété au bureau», écrit-il dans un papier du Harvard Business Review.

Lorsqu’il s’est penché sur ce qu’il appelle la «curiosité profonde» au Greater Good Science Center, un institut de recherche de l’Université de la Californie à Berkeley, il a constaté que les gestionnaires pouvaient l’implanter dans leur culture organisationnelle en adoptant quatre principes : en acceptant de ne pas tout connaitre, en accordant de l’attention à ses coéquipiers, en reconnaissant qu’ils sont des êtres multidimensionnels, et en s’intéressant à ce que tout le monde a à dire.

 

«Humilité intellectuelle»

Lors de ses interventions auprès d’entreprises du Fortune 500, Scott Shigeoka constate que «de nombreux dirigeants ont peur de dire «je ne sais pas», craignant de perdre de la crédibilité, de paraître mal équipés pour mener à bien leur travail». Au contraire, croit-il.

Non seulement les dirigeants qui reconnaissent qu’ils ne détiennent pas la science infuse paraissent plus compétents aux yeux de leurs collègues, selon des chercheurs américains et allemands, mais ils grimpent aussi dans leur estime. Vos employés auront l’impression qu’ils pourront vous faire confiance et que vous êtes ouverts aux idées des autres.

Après avoir fait preuve d’«humilité intellectuelle», le gestionnaire doit relancer son interlocuteur, tenter d’en apprendre plus afin d’encourager «la participation, la collaboration et la résolution de problèmes», conseille l’auteur du livre «Seek: How Curiosity Can Transform Your Life and Change the World».

 

Saisir les perches tendues

Scott Shigeoka recommande aussi d’implanter en entreprise une habitude qui fait de petits miracles dans un couple : saisir les perches tendues par son partenaire, ou son employé dans ce cas-ci.

Ainsi, lorsqu’un employé lance à tout vent que ce qu’il apprend sur un sujet précis le fascine, ou encore que son horaire de travail est bien chargé, un gestionnaire devrait lui demander de lui en dire davantage. Autrement, ce sont des occasions ratées de solidifier la relation ou le lien de confiance, et ça peut nuire à l’organisation, prévient l’expert.

«Ça peut réduire l’épuisement et le stress des employés, et […] améliorer la créativité et l’innovation», écrit-il.

 

Plus qu’un travailleur

Faire preuve de curiosité, ça permet aussi de reconnaitre quand la charge de travail d’un employé pèse sur sa vie personnelle. De tels «conflits» affectent la performance et la productivité de votre personnel, et réduit le sentiment de sécurité psychologique ce qui ultimement augmente le taux de roulement.

D’où l’importance de reconnaitre que ce qui se passe en dehors du 9@5 aura inévitablement des répercussions dans la vie professionnelle.

 

Ouvrir ses œillères

«Non seulement le monde du travail contemporain s’intéresse davantage aux réponses plutôt qu'aux questions, mais il a aussi des idées préconçues sur qui détient ces dites réponses», dénonce Scott Shigeoka.

Tout comme Pixar, le studio d’animation américain à qui l'on doit nombre d’avancées technologiques du cinéma, les entreprises devraient volontairement se demander qui pourrait avoir au sein de l’organisation un point de vue, une lecture de la situation différente qui pourrait amener la réflexion plus loin.

En adoptant eux-mêmes ces quatre principes, les gestionnaires démontreront les bienfaits de la «curiosité profonde», et inspireront les membres de leur équipe à leur emboiter le pas. «Et c’est ainsi que l’on bâtit une culture», rappelle Scott Shigeoka.

 

 

 

Télétravailler ou ne pas télétravailler, telle est la question qui cause des émois dans bien des entreprises en cette rentrée 2023.

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