La maternité ne laisse pas présager une démission

Publié le 24/11/2023 à 07:25

La maternité ne laisse pas présager une démission

Publié le 24/11/2023 à 07:25

Par Catherine Charron

Or, pour éviter que ce retour n’épuise pas le nouveau parent - un risque bien réel, prévient la stratège d’impact Marie Larochelle -, l’entreprise doit s’assurer que la réintégration se fasse en douceur. (Photo: 123RF)

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RHÉVEIL-MATIN. Gestionnaires, ne craignez plus que les mamans de votre organisation remettent leur démission à la fin de leur congé de maternité : 91% des femmes qui ont recommencé à travailler dans les 18 mois suivants la naissance de leur enfant «sont retournées ou prévoyaient [le faire] chez le même employeur.»

Et en 10 ans, ce chiffre n’a presque pas bougé fait remarquer Youjin Choi, l’analyste derrière cette étude publiée par Statistique Canada le 22 novembre 2023.

Cette dernière s’est demandé si entre 2009 et 2019 les mères avaient davantage tendance ou pas à retrouver la même situation d’emplois qu’elles avaient laissée derrière elle au moment de prendre soin de leur nouveau-né. Force est de constater que la situation a à peine changé, et c’est une bonne chose, semble-t-il.

Celles «qui gardent le même emploi peuvent conserver leurs compétences professionnelles et sont moins susceptibles d’être pénalisées sur le plan du salaire en raison de leur rôle de parent», rappelle Youjin Choi.

Tout comme en 2009, 80% des mères d’un enfant de 12 mois et moins s’attendaient à travailler autant et selon le même horaire qu’avant la naissance de leur bambin. Ainsi, seuls 20% des femmes sondées comptaient s’ajuster afin de mieux jongler entre leurs nouvelles «responsabilités familiales».

Or, pour éviter que ce retour n’épuise pas le nouveau parent - un risque bien réel, prévient la stratège d’impact Marie Larochelle -, l’entreprise doit s’assurer que la réintégration se fasse en douceur.

En septembre 2023, la consultante de Boite Pac, une PME qui accompagne les entreprises dans leur certification B Corp, a lancé un programme de formation pour épauler les organisations qui s’apprête à accueillir un salarié à son retour de «congé» de parentalité.

«On peut penser lorsqu’on reprend quelqu’un dans un même rôle que tout est encore frais dans sa mémoire, et que dès le jour 2 la personne sera tout aussi efficace qu’avant. Toutefois, quand la personne part plusieurs mois, les choses ont le temps de changer dans l’entreprise», illustre-t-elle.

C’est pourquoi elle recommande d’utiliser avec les nouveaux parents une approche similaire à celle adoptée lors de l’intégration d’une recrue.

En établissant un plan de match par écrit, et en intégrant ses collègues dans son élaboration, non seulement l’entreprise s’assure de clarifier comment se déroulera le retour, mais elle module les attentes à l’égard de la personne.

Boite Pac, dont la majorité de la petite équipe a eu des enfants dans les dernières années, a par exemple développé un plan de retour progressif qui s’échelonne sur six semaines. «On conseille d’y aller graduellement, de passer d’une semaine de deux jours au travail, puis à trois…» dit Marie Larochelle.

Au cours de ces semaines de réintégration, l’employé pourrait avoir droit à de la formation, à un horaire ventilé ou encore à de plus courtes journées pour que le retour au travail se passe bien. «On ne reprend pas la personne dans l’état qu’elle était avant son départ, et c’est tout à fait normal.»

Une semaine avant le retour du nouveau parent, la consultante suggère de le rencontrer dans un autre endroit que le milieu de travail afin de lui présenter ce à quoi ressemblera cette transition. C’est aussi l’occasion de l’ajuster aux besoins, soutient la consultante.

 

Flexibilité

Marie Larochelle encourage les organisations à être flexibles à l’égard de leur salarié au cours de cette période transitoire.

«On ne choisit pas tout le temps les moments où on aura des rendez-vous avec nos bébés», rappelle-t-elle.

Elle suggère aussi de faire preuve de laxisme quant à l’importance de reprendre ses heures ou quant à la présence requise au bureau pour celles qui permettent le travail hybride.

Finalement, dans les organisations où une telle pratique n’est pas déjà monnaie courante, elle encourage de prévoir des moments chaque semaine pour prendre le pouls de l’employé, sur sa nouvelle réalité. Et, de grâce, que ces rencontres ne soient ni plus tôt que 9h00 ni plus tard que 16h00, à moins que l’horaire du parent ne le dicte autrement, exhorte Marie Larochelle.

 

Télétravailler ou ne pas télétravailler, telle est la question qui cause des émois dans bien des entreprises en cette rentrée 2023.

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