Conciliation grève-travail: le Québec inc. en mode solution

Publié le 22/11/2023 à 07:30

Conciliation grève-travail: le Québec inc. en mode solution

Publié le 22/11/2023 à 07:30

Par Catherine Charron

Des entreprises s'adaptent afin d'accueillir les enfants de leurs employés sur leur lieu de travail pendant la grève du secteur de l'éducation. (Photo: 123RF)

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RHÉVEIL-MATIN.Flexibilité semble être le mot d’ordre pour de nombreuses entreprises du Québec qui tentent d’accommoder les parents de leurs organisations qui doivent jongler entre leur boulot et la grève dans le milieu de l’éducation.

Depuis mardi, toutes les écoles publiques de la province sont fermées pour une durée minimale de trois jours dans certains cas. En effet, au moment d’écrire ses lignes, les 66 000 professeurs affiliés à la Fédération autonome de l’enseignement, soit 40% du corps professoral du Québec, comptaient déclencher une grève générale illimitée à moins d’un dénouement satisfaisant à la table des négociations.

Voici quelques avenues empruntées pour dépanner les parents qui risquent d’être fort occupés :

 

Permettre de s'absenter

Chez Signalisation 2020, une entreprise qui assure la signalisation routière basée à Drummondville, les employés ont été sondés afin d’identifier de quelle manière l’organisation pourrait mieux les épauler. Comme ils travaillent sur le terrain, ils pourront piger s’ils le souhaitent dans leur banque de congés pour passer du temps auprès de leurs enfants, explique sa conseillère RH, Marie-Michèle Cyr.

Pour sa part, Frederico Panetta, qui dirige notamment les Industries Gould, offre à tous ses employés parents de s'absenter afin d’éviter de leur causer davantage de soucis. «C’est impensable de demander à la maman qui a une carrière avec des responsabilités plus importantes que le papa de gérer les dossiers et [de] jongler avec les enfants en même temps», estime-t-il.

Si la grève devait se poursuivre, il «révisera» sa position, précise-t-il.

L’équipe de Spiria, un fournisseur de logiciels, adopte une approche similaire. Grâce à ses «heures utiles de guérison», communément appelées des «HUG», les membres de son équipe pourront prendre le temps de s’occuper de leurs petits si nécessaire.

 

S’occuper des enfants

Les enfants des employés de Spiria pourront aussi profiter des atouts qu’offrent ses bureaux, comme des jeux vidéos, ou la table de baby-foot pour se divertir pendant que leurs parents travaillent. «Il semblerait qu’il y a même un papa qui va organiser un déjeuner gaufres pour les enfants», indique sa directrice culture et talents, Isabelle Thériault.

Les enfants sont aussi les bienvenus au bureau de LG2 tout au long de la semaine. «On ne crée pas une garderie éphémère, les parents sont responsables de la sécurité de leurs enfants, mais on a organisé des stations de bricolages et on offre des collations», explique Katrine Gouron, directrice de l’impact et des communications internes.

Des employés se sont même portés volontaires pour penser à de petites œuvres de Noël que pourront fabriquer les enfants. «Ça rappelle bien entendu de mauvais souvenirs de la COVID-19, où on devait concilier travail et enfants à la maison, soutient la maman d’un jeune garçon. Notre objectif, c’est de faciliter la vie de nos collègues.»

De son côté, Protech Construction, une société qui construit et gère des espaces commerciaux, propose carrément aux parents qu’ils emploient et à ceux qui occupent l’un de leurs espaces locatifs de s’occuper de leurs progénitures.

«Nous avons offert aux parents d’inscrire leurs enfants âgés de 6 à 12 ans pour une, deux ou trois journée(s) à Espace Tonik», dont la compagnie mère de Protech Construction est aussi propriétaire, explique son directeur ventes et marketing. «Diverses activités de plein air seront organisées. Tous les profits de ces journées seront versés à Opération Enfant Soleil», ajoute-t-il.

Concilivi, un organisme à but non lucratif qui prônent un sain équilibre entre travail et vie personnelle, suggère même de «payer une journée de travail à un employé parent qui se porte volontaire pour garder les enfants d'autres collègues dans la même situation pour une journée», ou encore d’éponger la facture associée à des «frais de gardiennage».

 

Faire preuve de flexibilité

Nombreuses sont les organisations qui comptent faire preuve de flexibilité, en permettant par exemple à leurs employés de télétravailler, ou encore de moduler leur horaire afin de jongler entre la gestion de leurs enfants à la maison et leurs tâches professionnelles.

L’École de technologie supérieure a tenu à rassurer les membres de son personnel en leur mentionnant «que nous nous montrerons compréhensifs durant cette période», explique la directrice adjointe par intérim du Département des enseignements généraux, Alexandra Cyr.

Son équipe compte peu de parents d’enfants susceptibles d’être touchés par la grève, mais davantage de grands-parents. «Je les ai invités à soutenir leurs enfants, s’ils le souhaitaient en utilisant leurs banques» de congé, indique la dirigeante.

 

Appeler des collègues en renfort

Pour assurer que la prestation de service de l’entreprise n’écope pas trop de ces mesures d’atténuation, certaines organisations demandent un coup de main de la part de leurs employés.

C’est le cas de Signalisation 2020 : «nos étudiants viendront à la rescousse en travaillant pour pallier l’absence des parents», explique Marie-Michèle Cyr.

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec adopte une approche similaire. «Les personnes qui n’ont pas à vivre la situation [sont encouragées à être] plus présentes au bureau pour soutenir leurs collègues», raconte sa directrice générale, Sylvie Martel.

 

 

Télétravailler ou ne pas télétravailler, telle est la question qui cause des émois dans bien des entreprises en cette rentrée 2023.

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