CBC/Radio-Canada va supprimer 600 emplois, 10% de ses effectifs

Publié le 04/12/2023 à 14:36, mis à jour le 04/12/2023 à 17:41

CBC/Radio-Canada va supprimer 600 emplois, 10% de ses effectifs

Publié le 04/12/2023 à 14:36, mis à jour le 04/12/2023 à 17:41

Début octobre, CBC/Radio-Canada avait annoncé que les créations de postes étaient gelées jusqu'à nouvel ordre et que les départs ne seraient pas remplacés. (Photo: La Presse Canadienne)

Le groupe audiovisuel public canadien CBC/Radio-Canada a annoncé lundi la suppression de 600 emplois soit 10% de ses effectifs dans le cadre de compressions budgétaires de 125 millions de dollars.

Le diffuseur public en a fait l'annonce à ses employés, mardi, en après-midi. En tenant compte des quelque 200 postes déjà vacants, cela représente 800 postes.

Selon la même source interne, 250 de ces suppressions de poste concerneront CBC, le réseau anglophone du groupe, et 250 autres Radio-Canada, sa partie francophone, le reste touchant des fonctions techniques et de support.

Le diffuseur public est notamment affecté par la chute des revenus publicitaires de la télévision.

Le président du STTRC-CSN, Pierre Tousignant, a dit que les employés du diffuseur public étaient «atterrés et inquiets » après leur rencontre avec la direction. «Si la haute direction veut faire la démonstration que l'ébauche de plan présentée aujourd'hui constitue la meilleure des options, elle devra faire preuve de clarté et de transparence au cours des prochaines semaines pour nous permettre de traverser cette période difficile», réagit-il dans un communiqué.

Début octobre, CBC/Radio-Canada avait annoncé que les créations de postes étaient gelées jusqu'à nouvel ordre et que les départs ne seraient pas remplacés.

Puis Catherine Tait avait indiqué en novembre qu'il y aurait une coupe de 100 millions de dollars dans le prochain budget annuel du diffuseur public, avant de parler de «décisions difficiles à prendre».

 

Une question de financement?

«Pleinement engagée» envers le diffuseur public, la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a défendu, plus tôt, les investissements de son gouvernement dans CBC/Radio-Canada au moment où le Conseil du Trésor demande à l’appareil gouvernemental fédéral de réduire ses dépenses de 3%.

Quant à cette directive, la ministre a dit qu’aucune décision n’avait été prise touchant CBC/Radio-Canada, lors d’une mêlée de presse à Ottawa. «On fait un exercice partout à travers le gouvernement, puis ça implique les sociétés d'État sur les efforts de restructuration des dépenses, mais pour ce qui est de CBC/Radio-Canada, il n'y a pas de décision finale qui a été prise encore.» 

Le bureau de la présidente du Conseil du trésor dit être incapable de confirmer si le 3% est un chiffre moyen ou s’il est le même partout. Il réfère cependant à un document public qui précise que «cela représente une réduction d’environ 3% des dépenses admissibles dans la plupart des ministères et organismes d’ici 2026-2027».

Le leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, juge que le fédéral est responsable des compressions. «S’il y a des coupes aujourd'hui, c'est parce que le gouvernement du Canada n'a pas donné suite aux besoins de Radio-Canada.»

Il s’est dit déçu que Radio-Canada soit autant touché que le service anglais de CBC. «En plus que le français est en déclin, on est un peu déçu de voir que les coupes sont aussi sévères chez Radio-Canada que chez CBC.»

Pascale St-Onge n’a pas voulu s’avancer sur la répartition des coupes entre les services anglais et français. «Je pense que c'est des questions qui doivent être demandées à la direction de CBC/Radio-Canada parce qu'ils sont indépendants dans leur gestion interne.»

Chez les conservateurs, la porte-parole conservatrice en matière de Patrimoine, Rachael Thomas, a refusé de répondre aux questions des journalistes en quittant le Parlement.

Le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique, Alexandre Boulerice, a qualifié la situation de «catastrophique», lors d’une mêlée de presse à Ottawa. «Ça fait des années qu'on perd des journalistes, des reporters, que des salles de nouvelles qui ferment par centaines partout à travers le pays. [...] Je m'inquiète aussi pour la qualité de notre débat public et le fait qu'on puisse avoir ce contre-pouvoir absolument essentiel dans une société démocratique.»

 

Crise des médias

De nombreux médias canadiens sont actuellement dans une mauvaise situation financière et le groupe public n'est pas le premier à annoncer un plan social.

Début novembre, plus de 500 employés du Groupe TVA ont été licenciés, soit environ le tiers des effectifs.

Après des mois de négociations, le Canada et Google ont conclu la semaine dernière un accord «historique» pour que le géant californien verse une compensation aux entreprises de presse du pays en échange de la diffusion de leurs contenus.

La société américaine versera ainsi 100 millions de dollars par an, indexés à l'inflation.

 

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