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Marché du travail: le vent tourne d’après RBC

Catherine Charron|04 Décembre 2023

Marché du travail: le vent tourne d’après RBC

Le ralentissement se confirme aussi au Québec, observe Desjardins. (Photo: 123RF)

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RHÉVEIL-MATIN. «Une telle augmentation du chômage sur une telle période ne se produit généralement qu’aux premiers stades d’un ralentissement du marché du travail.»

Voilà l’une des conclusions que tire Nathan Janzen, chef économiste adjoint à la Banque Royale du Canada après avoir consulté les plus récentes données sur le marché de l’emploi au pays diffusées par Statistique Canada le 1er décembre 2023.

Ce qui lui met la puce à l’oreille, c’est que depuis avril dernier, le taux de chômage a pris 0,8 point de pourcentage, atteignant désormais 5,8%. Si ce bond parait mince aux yeux des non avertis, il laisse croire à l’économiste que le vent est en train de tourner, alors que le taux de chômage se rapproche de son point d’équilibre (6%).

«Jusqu’à présent, l’augmentation du chômage est principalement due à un ralentissement des embauches plutôt qu’à une augmentation des licenciements», précise-t-il dans une note.

N’empêche que le nombre de chômeurs qui se trouvent sans emploi à cause d’une mise à pied est en hausse, nuancent Matthieu Arseneau et Alexandra Ducharme. Ils sont respectivement chef économiste adjoint et économiste à la Financière Banque Nationale.

Certes, pour un quatrième mois consécutif, le nombre d’emplois créés est en hausse au pays, dépassant les 25 000 alors que les analystes misaient plutôt sur 14 000. Ce sont les emplois à temps plein qui ont tiré vers le haut ce chiffre, alors que ceux à temps partiel ont glissé de 35 000.

Une grande part de ces emplois proviennent du secteur privé, lui qui s’est «réveillé après quelques mois d’hibernation», illustre la Financière Banque Nationale. Or, la tendance ne devrait pas durer, anticipe-t-on, puisque selon des chiffres de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, ce n’est plus la pénurie de main-d’œuvre qui inquiète le plus ses membres, mais bien la baisse de la demande des consommateurs.

«Le fait est que, dans un contexte de politique monétaire très restrictive, l’économie ne parvient toujours pas à créer suffisamment d’emplois pour suivre le rythme de la croissance démographique», ajoutent Matthieu Arseneau et Alexandra Ducharme.

De plus, indique Nathan Janzen, le nombre d’heures travaillées au pays a glissé de 0,7% le mois dernier, ayant perdu près d’un point de pourcentage au cours des trois derniers mois.

C’est la première fois depuis le deuxième trimestre de 2020 qu’on observe une telle chose, soulèvent Matthieu Arseneau et Alexandra Ducharme. «Cela n’augure pas une vague d’embauche bien au contraire», écrivent-ils.

 

Le ralentissement se confirme au Québec

Au Québec aussi, le «ralentissement du marché du travail se confirme», indique Florence Jean-Jacobs, économiste principale chez Desjardins, alors que la tendance du nombre d’heures travaillées est à la baisse.

Plus faible que la moyenne canadienne, le taux de chômage atteint néanmoins désormais 5,2%, alors qu’il était de 3,9% au début de l’année, rappelle-t-elle. C’est d’ailleurs un sommet depuis octobre 2021.

Ici aussi, ce bond du taux de chômage s’explique en partie par une augmentation de la population active.

Les pertes d’emplois s’observent principalement du côté du commerce de gros et de détail, souligne l’économiste principale. Ce sont «des secteurs sensibles à la baisse des dépenses discrétionnaires de ménages», ajoute-t-elle.

 

 

Télétravailler ou ne pas télétravailler, telle est la question qui cause des émois dans bien des entreprises en cette rentrée 2023.

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