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Les grossesses font encore craindre de perdre son emploi

Catherine Charron|17 mars 2023

Les grossesses font encore craindre de perdre son emploi

Près de 20% des répondantes se sont «senties mal à l’aise au moment d’annoncer leur grossesse à leur supérieur hiérarchique», rapporte Tessa Anaya, analyste de contenu pour Capterra. (Photo: 123RF)

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RHÉVEIL-MATIN. Malgré les lois qui protègent leurs droits et la place plus grande qu’elles occupent sur le marché du travail, 63% des femmes sondées par Capterra Canada ont craint de perdre leur emploi pendant leur grossesse.

Ce chiffre est issu d’un coup de sonde mené en janvier 2023 auprès de 352 parents canadiens par le fournisseur de marchés en ligne afin de déterminer de quelles manières les organisations peuvent épauler leurs employés dans cet important projet de vie et assurer une égalité entre les genres.

Ainsi, bien que la Loi canadienne sur les droits de la personne stipule que les conditions de travail peuvent être révisées pour «réduire ou éliminer les effets discriminatoires», près du tiers des répondantes disent n’avoir reçu aucune aide de la part de leur entreprise lors de leur grossesse, souligne l’étude.

Notons cependant qu’à l’échelle du pays, 31% des mères sondées ont eu droit à des horaires de travail plus flexible, 22% à des tâches moins nombreuses, ou encore que 15% ont carrément vu leur temps de travail être réduit, selon les résultats publiés le 15 mars 2023.

Or, près de 20% des répondantes se sont «senties mal à l’aise au moment d’annoncer leur grossesse à leur supérieur hiérarchique», rapporte Tessa Anaya, analyste de contenu pour Capterra.

Afin de créer un milieu de travail inclusif et transparent, elle conseille aux organisations de prendre les devants, et de clairement indiquer quelles sont «les mesures d’accompagnement disponibles». La tâche de faire valoir ses droits n’incombera donc pas à la personne enceinte.

L’entreprise doit aussi s’assurer d’éradiquer les préjugés qui persistent à l’égard des parents — et surtout des mères — sur le milieu de travail.

Encore aujourd’hui, près de la moitié des employées canadiennes qui ont des enfants estiment qu’elles «sont moins susceptibles d’être promues», 39% croient être «écartées des projets, car leurs collègues estiment qu’elles sont trop occupées», et 36% ont l’impression d’être «le maillon faible de l’équipe», écrit Tessa Anaya.

 

Outiller les parents de son organisation

Bien que l’adoption du télétravail et les mesures de travail flexible puissent être l’une des raisons qui ont notamment permis à de nombreuses femmes de revenir dans la population active depuis le milieu des années 1980, n’en demeure pas moins qu’ils peuvent créer quelques maux de tête.

En effet, certains parents ont encore de la difficulté à jongler dans un même lieu entre leur vie familiale et professionnelle. Près de la moitié de ceux-ci peine à les séparer, et travaillent davantage pour «compenser leur difficulté à concilier» les deux.

D’où l’importance d’offrir plusieurs alternatives afin de permettre aux parents de s’épanouir autant que leurs collègues sans enfant au travail. Les horaires flexibles, le service de garde, ou même des primes ou de l’aide financière supplémentaire ne sont que quelques exemples déjà offerts par certaines entreprises canadiennes.

De nombreux expert.e.s sollicité.e.s par le magazine Forbes en 2021 soulignent aussi l’importance d’accorder à ces travailleurs de l’autonomie dans leur gestion de leur temps. De plus, c’est sur leurs résultats que leur performance devrait être évaluée, et non pas sur leur respect du 9@5.

Loubna Noureddin, de Mind Market Consultants, recommande même de questionner les parents sur «leurs priorités et leurs défis. Utilisez leur intelligence et leur bagage pour prendre des décisions».

L’employeur devrait aussi faire preuve d’écoute pour s’assurer que les mesures adoptées pour soutenir les parents répondent bel et bien à leurs besoins. Un «sondage auprès des employés reste le meilleur moyen de vous [en] assurer», estime Tessa Anaya.

 

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