Voici pourquoi les Ontariens sont mieux rémunérés

Publié le 04/11/2021 à 07:30

Voici pourquoi les Ontariens sont mieux rémunérés

Publié le 04/11/2021 à 07:30

Par Catherine Charron

L'Institut du Québec dévoile son rapport «Combien gagnent au juste les travailleurs québécois?» (Photo: 123RF)

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RHÉVEIL-MATIN. Si Québec veut réellement gonfler le salaire de ses citoyens, elle devrait «stimuler davantage l’innovation et la productivité» en «rehaussement des compétences, en requalification de la main-d’œuvre et en investissement en capital», affirme Mia Homsy, la PDG de l’Institut du Québec (IDQ).

Elle a fait ce constat lors du dévoilement le 4 novembre des résultats du rapport «Combien gagnent au juste les travailleurs québécois?» qui tente du même coup d’identifier pourquoi il est moindre que celui des Ontariens.

Se fiant à des données de 2019 de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, le revenu moyen de l’ensemble des travailleurs de la province serait de 47 542 $, mais de 55 969 $ s’ils bossent à temps plein. Si ces derniers sont du secteur privé, celui-ci baisse à 52 672 $, tandis que chez les employés de l’État, il atteint plutôt 64 980 $, illustre l’IDQ.

Deux facteurs expliquent l’écart qui existe entre la rémunération québécoise et ontarienne, qu’ils œuvrent pour le secteur privé (8,8%) ou public (11,8%). Et ça, c’était avant que le salaire minimum y passe à 15 $ l’heure. D’abord, on retrouve dans la province dirigée par Doug Ford un plus grand nombre de travailleurs qui ont un meilleur revenu horaire que leurs homologues québécois.

Concrètement, cela signifie que 38,9% des Ontariens employés à temps plein au privé gagnaient 28 $ l’heure ou plus alors que seuls 33,9% des Québécois pouvaient en dire autant. Ensuite, ceux-ci travaillent plus d’heures que leurs collègues de l’Est. Par exemple, les salariés qui obtiennent 28 $ et plus de l'heure s'activent 39,9 heures en Ontario. Au Québec, ils bossent 39,1 heures.

La structure de l'emploi, elle, n'aura pas un réel impact sur cette disparité.

Pour parvenir à amoindrir cet écart efficacement, le gouvernement du Québec ne doit pas simplement augmenter artificiellement la rémunération de ces électeurs: il doit s’attaquer directement à la productivité des organisations, le nerf de la guerre, rappelle-t-on dans le rapport de l’Institut du Québec.

Même si l’intention est louable, de réserver de l’aide uniquement à la création de postes dont le salaire dépasse 56 000 $, soit environ le revenu moyen des travailleurs de la province, est carrément «inadapté à la réalité économique», écrit Simon Savard, économiste principal à l’IDQ.

Après tout, les emplois moins bien compensés représentent le 2/3 du secteur privé et plus de 80% dans des industries comme le commerce de détail et de l’agriculture notamment. En plus, bon nombre de ces boulots sont essentiels pour que ceux qui sont mieux rémunérés existent.

De plus, les entreprises qui ont plus de moyens tireront davantage leur épingle du jeu dans un contexte où tous s’arrachent les talents.

Citant la Banque du Canada et des travaux du Centre sur la Productivité et la prospérité de HEC Montréal, l’IDQ rappelle que ce sont dans les salaires augmentant plus rapidement dans les domaines plus productifs, où le Québec traîne aussi de la patte par rapport à sa voisine.

Même si elle reconnaît que ce lien de causalité n’est pas toujours intrinsèque, l’IDQ n'est pas moins convaincu que la tendance générale, elle, est bien réelle. Elle indique dans son rapport que «les chiffres bruts peuvent présenter certaines différences en raison de la révision, mais les écarts et les tendances observées demeurent similaires».

 

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