Comment définir le risque?

Publié le 31/05/2019 à 16:49

Comment définir le risque?

Publié le 31/05/2019 à 16:49

Un logo de Lehman Brothers envoyé à l'encan.

(Photo: Getty images)

BLOGUE INVITÉ. Le titre de cet article est une question que nous entendons souvent lors de nos échanges dans l’industrie du placement. Pour les gestionnaires de Barrage Capital, le risque est tout simplement la probabilité d’une perte permanente en capital et il est souvent difficile à quantifier avec précision. Les gens sont souvent déçus de cette réponse, car ils espèrent une formule simple pour définir le risque. D’autres gestionnaires utilisent généralement des formules aux symboles gréco-romains où le risque se résume à la volatilité du prix des titres en bourse.

Bien que le risque ne soit pas facilement quantifiable, la situation n’est pas totalement désespérée. Règle générale, une entreprise mal gérée possédant de mauvaises caractéristiques économiques sera toujours risquée. Cela étant dit, un investisseur entreprenant doit faire preuve de vigilance lors de sa sélection de titres. Voici trois risques à considérer: l’effet de levier excessif, une valorisation trop élevée ou le changement trop rapide d’une industrie ou secteur. Parlons-en brièvement.

L’endettement a entraîné la chute de nombreux individus et entreprises à travers l'histoire. L’événement le plus récent et spectaculaire est la crise financière de 2008-2009. Par exemple, la banque d'investissement Lehman Brothers avait 30 dollars de dette pour chaque dollar de capital investi. Il y avait peu de marge de manœuvre, c’était un peu comme marcher sur une corde raide. Les résultats étaient appréhendés, ce fut une faillite précipitée, et les actionnaires ont été anéantis.

Dans bien des cas, une entreprise parfaitement saine mais avec une valorisation beaucoup trop élevée empêchera de produire un rendement solide à long terme. En mars 2000, au plus fort de la bulle technologique, la société de matériel informatique Cisco avait atteint une valeur de 557 milliards de dollars. Cette année-là, la compagnie avait généré des profits de 2,7 milliards de dollars, ce qui signifie un ratio cours/bénéfice de plus de 200! Au cours des 19 dernières années, la société s’est très bien débrouillée, générant un bénéfice d’exploitation d’environ 13 milliards de dollars en 2018. Malheureusement pour les actionnaires, la valorisation de 232 milliards de dollars est maintenant bien inférieure à son sommet de 2000, soit un rendement annuel de -1,2%, en incluant les dividendes. Cela illustre le danger de payer trop cher, même pour une entreprise parfaitement saine.

Pour terminer, il est important de discuter des industries qui sont en transformation. Le système capitaliste est extrêmement concurrentiel et les compagnies qui ne sont pas vigilantes peuvent en souffrir énormément. L'histoire regorge d’exemples où des entreprises établies ont dû faire face à de nouvelles forces compétitives. Barnes & Noble a dû faire face à Amazon dans l’industrie du livre, Blockbuster s’est battue contre Netflix dans l’industrie du film, et la puissante Eastman Kodak a souffert de la concurrence japonaise (Fujifilm, Canon) et de nos téléphones intelligents.

Comme on peut le constater, tous ces risques peuvent affecter nos investissements, même s'ils ne rentrent pas forcément dans des formules de risque bien définies. Parfois, ce qui compte vraiment n’est pas toujours facile à comptabiliser!

Patrick Thénière, CIM, Associé Barrage Capital

À propos de ce blogue

Patrick Thénière et Rémy Morel sont associés et gestionnaires de portefeuille chez Barrage Capital, une firme montréalaise de gestion d'actifs. www.barragecapital.com

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