Bourse: la prévision audacieuse d'un stratège de BMO pour 2016

Publié le 27/11/2015 à 16:26, mis à jour le 28/11/2015 à 07:52

Bourse: la prévision audacieuse d'un stratège de BMO pour 2016

Publié le 27/11/2015 à 16:26, mis à jour le 28/11/2015 à 07:52

Photo : Bloomberg TV

C’est la saison des prédictions et quoi de mieux pour attirer l’attention que de surprendre.

Brian Belski, le stratège en chef de BMO Marchés des capitaux, prédit que l'indice S&P/TSX de Toronto surpassera la Bourse américaine pour la première fois en six ans. Le temps d’une année.

Le S&P/TSX s’appréciera de 7% à 15300 en 2016, grâce entre autres à une hausse de 4,7% des bénéfices à 890$, précise-t-il dans son document de stratégie.

Cette prédiction est moins inusitée qu’il n’y parait puisque Vincent Delisle, stratège de Banque Scotia et Martin Roberge, stratège quantitatif de Canaccord Genuity, sont aussi de ceux qui estiment que la Bourse canadienne et le huard feront meilleure figure l’an prochain que bien des gens ne le pensent.

Comment est-ce possible?

Le scénario élaboré par M. Belski repose surtout sur le fait qu’il prédise en même temps que le S&P 500 américain connaîtra en 2016 sa première année baissière, depuis 2008, avec un recul de 6,7%.

Il s’attend à ce que le changement de régime de taux de la Réserve fédérale(Fed) provoque un solide mouvement de repli en cours d’année à la Bourse américaine, qui serait suivi d’une récupération partielle à la fin de l’année.

Les investisseurs craindront que la Fed ait commis une erreur en remontant trop tôt son taux directeur en décembre ou, au contraire, ils réagiront à la possibilité que les taux augmentent plus vite que prévu, si l’économie ou l’inflation dépassaient les attentes.

L’an prochain est une année électorale aux États-Unis, ce qui risque aussi d’exacerber les nerfs déjà à vif des investisseurs soucieux.

Ceci dit, le déclin de 2016 s’avèrerait une pause bien salutaire dans le long marché haussier américain, auquel personne ne veut croire, assure-t-il.

M. Belski répète à chaque fois qu'il le peut que le marché haussier américain est le moins aimé de l’histoire parce que les investisseurs traumatisés par les plongeons de 2001 et de 2009 ne réalisent pas à quel point l’économie américaine et ses entreprises se portent bien.

«Les mouvements de repli sont les ingrédients essentiels au prolongement des marchés haussiers. Les besoins de rendement des baby boomers, la répartition encore modeste accordée aux actions dans les portefeuilles et le manque de confiance envers la Bourse sont tous des facteurs qui militent pour le prolongement du marché haussier», fait-il valoir.

Le Canada mûr pour un rebond

Le S&P/TSX est mûr pour un rebond tout simplement parce que le pessimisme domine, autant chez les investisseurs locaux que les investisseurs étrangers.

C’est naturel qu’il en soit ainsi, à force de voir le pétrole et tant d’autres matières premières se déprécier et même parfois toucher des planchers historiques.

Or, si le pétrole se stabilisait et même remontait ou si les données économiques des marchés émergents surprenaient, le pessimisme envers la Bourse canadienne se dissiperait rapidement et renverserait la tendance. C'est d'ailleurs ce qu'il prévoit.

Un cours de pétrole plus stable serait aussi bénéfique au huard, donnant une autre raison aux investisseurs étrangers de revenir à la Bourse canadienne.

Graphiques à l’appui, M. Belski fournit quelques repères. Le S&P/TSX rebondit de 14% en moyenne pendant 12 mois après que le cours du pétrole West Texas ait chuté de 30% et plus.

L’indice torontois s’apprécie aussi de 5% en moyenne même lorsque le pétrole ne grimpe pas après une forte chute.

La Bourse de Toronto n’a jamais sous-performé la Bourse américaine plus de cinq années consécutives. Sa dernière période noire date de 1988 à 1992.

Historiquement, l’indice a rebondi de 22% pendant 12 mois après avoir connu un rendement inférieur de 11% à celui du S&P 500, sur une période de cinq ans. Depuis 5 ans, le retard de performance du S&P/TSX est de 10%.

M. Belski croit aussi que la Bourse canadienne redeviendra plus corrélée à la Bourse américaine, comme elle l’était avant 2003, maintenant que l’influence des ressources et des marchés émergents s’estompe un peu.

Les entreprises qui font affaires aux États-Unis (on peut penser à Alimentation Couche-Tard, Stella-Jones, Quincaillerie Richelieu), devraient continuer de se démarquer, croit-il.

Et, comme il ne faut pas s’attendre à un retour en force des matières premières, en raison de la surcapacité mondiale de production, la Bourse américaine reprendra donc le leadership dès 2017, conclut M. Belski.

Les banques préférées

Son secteur privilégié au Canada: les banques. Elles profiteraient au premier chef du meilleur climat économique si les ressources et le pétrole prenaient du mieux.

Les investisseurs frileux seraient alors plus disposés à revenir aux payeurs de dividendes les plus fiables que le pays a à offrir, évoque-t-il.

L’exercice annuel des prévisions est bien ingrat, comme en témoignent les prévisions qu’avait formulé M. Belski pour 2015.

Un peu trop optimiste concernant la croissance économique et des bénéfices américains, il avait prédit une hausse de 9,7% et une cible de 2250, pour le S&P 500.  

Le 27 novembre, le S&P 500 a terminé la semaine du Thanksgiving à 2058, pour un gain d'à peine 1,5%.

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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