Desjardins teste une plateforme collective pour le développement local

Publié le 02/05/2017 à 11:15

Desjardins teste une plateforme collective pour le développement local

Publié le 02/05/2017 à 11:15

Le projet "Une fabuleuse histoire de jouets entre ados et gamins" a été mené à terme à travers la plateforme espacecollectif.org

Depuis septembre 2016, Desjardins teste une plateforme collaborative où un promoteur peut trouver des ressources humaines, matérielles et financières pour faire avancer son projet. Le but: permettre aux citoyens aussi bien qu’aux organisations de contribuer à des projets qui leur tiennent à cœur en donnant du temps, de l’expertise ou de l’argent. La plateforme se nomme espacecollectif.org.

Cette plateforme est un laboratoire. De nombreuses questions demeurent en suspens. Je vous la présente dans sa version actuelle, qui me fut expliquée par Sylvie Audet (directrice projets transversaux, Desjardins), Benoît Bisson (leader développement, créativité et innovation, Desjardins) et Alexandre Bigot-Verdier (connecteur OuiShare et conseiller en gestion du changement, Desjardins) lors de la conférence Transformer Montréal. Cette plateforme évoluera certainement au cours des prochains mois.

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Les intentions de Desjardins

Desjardins veut se rapprocher des communautés. Affirmer son rôle de catalyseur de l’économie locale. Elle cherche à «réinventer la place publique à l’ère du numérique». «Les caisses populaires ont toujours été installées à proximité des églises, souligne Sylvie Audet. Aujourd’hui, le numérique c’est le nouveau perron d’église!»

Éventuellement, les projets seront classés par région, pour accentuer le lien avec chaque communauté.

Comment joindre espacecollectif.org

La porte d’entrée de tous les projets c’est le réseau des caisses. Et la participation des celles-ci est, pour l’instant, volontaire. Seules les caisses qui en expriment le désir, qui se sentent prêtes, participent à la plateforme. Au lancement, elles étaient trois. Aujourd’hui, elles sont huit (Caisse d’économie solidaire, Caisse Cité-du-Nord de Montréal, Caisse de Charlebourg, Caisse de la Culture, Caisse de Limoilou, Caisse du Complexe Desjardins et Caisse du Plateau-Mont-Royal) et la Fondation Desjardins). La plateforme affiche 30 projets, dont 5 sont complétés. Certaines caisses choisissent de trouver leurs partenaires avant de solliciter des projets. D’autres fonctionnent à l’inverse. Aucune méthode n’est imposée.

Les promoteurs peuvent soumettre leur projet directement sur la plateforme. Une équipe de Desjardins décidera si celui-ci correspond aux critères actuels d’espacecollectif.org. Il arrive aussi qu’une des caisses participantes propose à un promoteur qui la sollicite pour du financement - et manifeste d’autres besoins - d’afficher son projet sur espacecollaboratif.org.

Pour chaque projet, les besoins sont exprimés de façon détaillée sous trois catégories : ressources humaines (type de spécialistes requis), ressources matérielles (matières premières) et ressources financières.

Quels sont les critères?

Les projets affichés doivent tous nécessiter autre chose que du financement. Ils peuvent avoir besoin de matériel, d’expertise particulière temporaire ou de bénévoles. Ces projets doivent être limités dans le temps. espacecollectif.org ne sert pas à financer le fonds de roulement. On accepte les projets déjà lancés auxquels le promoteur veut ajouter un volet.

Quels types de projets retrouve-t-on?

Ce sont surtout de petits projets. On en trouve en agriculture aussi bien qu’en environnement, en éducation ou en commerce de détail.

Les projets d’envergure n’ont pas nécessairement leur place sur cette plateforme. «Il faudra les couper en étapes, explique Sylvie Audet. Il est essentiel que les citoyens et les organisations qui veulent contribuer voient un aboutissement concret à court terme.»

La plateforme de sociofinancement La Ruche compte parmi les partenaires d’espacecollectif.org. Ainsi, les visiteurs qui souhaitent contribuer financièrement à un projet seront pris en charge par La Ruche.

Les défis d’espacecollectif.org

Desjardins affirme que les projets affichés doivent avoir une pertinence locale. Il faut que les communautés les désirent. Un des défis consiste donc à vérifier l’intérêt et le besoin des gens sur le terrain.

Il existe déjà de nombreuses ressources dans chaque communauté. Desjardins doit s’assurer de fédérer celles-ci, pas de les reproduire. Desjardins va-t-elle rediriger les promoteurs vers les ressources existantes ou les conserver sur espacecollectif.org?

La notion de communauté peut être territoriale, mais aussi virtuelle. Il peut s’agir de communauté d’intérêt, par exemple.

Enfin, la question de la structure juridique du projet reste à définir. Pour l’instant, les projets affichés sont portés par des OBNL ou des entreprises collectives. Que fera-t-on des projets portés par des organisations à but lucratif? Desjardins doit y réfléchir. Cette plateforme servira-t-elle à raviver et actualiser l’entrepreneuriat collectif québécois ou sera-t-elle agnostique de structure juridique?

C’est là une question parmi d’autres sur laquelle Desjardins se penchera au cours de prochains mois.

 

 

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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