Journée des femmes: pour la différence et la reconnaissance

Publié le 08/03/2022 à 09:00

Journée des femmes: pour la différence et la reconnaissance

Publié le 08/03/2022 à 09:00

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Aujourd’hui, c’est la Journée internationale des droits des femmes. J’ai pris le parti d’appeler cette journée la Journée des femmes, plus simplement, parce qu’on ne revendique pas seulement des droits le 8 mars.  

C’est la reconnaissance de la spécificité féminine, mais aussi de la contribution des femmes à la société qu’il faut souligner à cette date, pour que peu à peu, elles soient soutenues dans tous les rôles qu’elles exercent.


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Car sur le papier, et dans la loi, au Québec, l’égalité est acquise. En affaires, les femmes accèdent aux conseils d’administration. En politique, elles sont élues mairesses, députées, cheffes de parti. Au Canada, elles sont ministres, juges et elles figurent sur des billets de banque. Côté patrimoine, plusieurs études prévoient un transfert de capitaux sans précédent vers les femmes dans les prochaines décennies. 

 

Une égalité illusoire

Pourtant, nous ne sommes pas les égales des hommes — même au Québec — où des courants de pensée d’avant-garde avaient entraîné la féminisation de certains noms de professions, bien avant la mode de l’écriture inclusive.

Nous ne sommes pas les égales des hommes, parce nous gagnons encore près de 20% de moins qu’eux pour un poste similaire.

Même dans les foyers les plus aisés, les écarts diminuent, mais sont encore une réalité. Selon une étude de Desjardins publiée le 8 mars 2022, parmi les ménages avec un revenu total de 270 900$ ou plus, les femmes gagnent en moyenne 31 000$ de moins que les hommes.

Nous ne sommes pas les égales des hommes parce que, biologiquement, nous restons des femmes. Celles qui portent les enfants, celles qui deviennent des proches aidantes et celles qui veillent au bon fonctionnement du foyer.

Nous avons conquis le droit de travailler, mais nous n’avons pas délégué les rôles et les responsabilités que nous portons de manière intrinsèque. Être belle, se surpasser, réussir professionnellement, être une bonne mère, une bonne partenaire de couple et un soutien de famille : autant d’obligations à atteindre pour les femmes, même en 2022. 

Certaines se sont affranchies de contraintes sociales et ont eu le courage de faire fi des convenances. D’autres, comme la femme que je suis aujourd’hui, choisissent par devoir, par éducation, mais aussi par préférence, de continuer à assumer un rôle traditionnel.

 

Pourquoi la Journée des femmes

Lors de ma première Journée des femmes, je travaillais sans compter mes heures pour une agence de communications. Je ne saisissais pas encore l’importance ou le sens de cette date. On célèbre cette journée plus officiellement depuis le début des années 2000. Et beaucoup de choses ont changé, deux décennies plus tard.

Au-delà d’un prétexte de communication ou d’une campagne de marketing, il faut continuer à souligner ces avancées.

Cela fait trop peu de temps que les femmes travaillent, ont le droit de gagner leur propre argent et la légitimité de le faire. Il faut souligner cette journée parce que trop de femmes sont encore timides pour réclamer, au travail, le salaire ou les augmentations qu’elles méritent. 

À l’écoute d’un balado réalisé par le Conseil du statut de la femme, on se rend compte que la relation des femmes à l’argent et au patrimoine est encore imprégnée de réserves, de tabous, de culpabilité et d’interdits. 

Mais ce n’est pas tout. À la maison, les femmes sont encore celles qui portent les responsabilités de la famille en plus de travailler. Il faut reconnaître cet apport crucial au fonctionnement de la société.

 

Des choix difficiles

À la maison, trop de femmes ne peuvent pas s’appuyer sur leur conjoint pour continuer de mener leur carrière quand elles fondent une famille. Ces femmes privilégient la conciliation travail-famille pour subvenir aux besoins élémentaires de leurs enfants et du foyer. Un travail invisible qui n’est ni rémunéré, ni reconnu, et dont les effets se répercutent sur le capital de retraite que ces femmes n’auront pas pu amasser. Pendant plusieurs années charnières, alors que se scelle leur avenir professionnel et que les hommes consolident leur place sur le marché du travail, les femmes sont mobilisées par des responsabilités que personne d’autre ne peut endosser.

Les choix que nous avons à faire en tant que femmes sont parfois difficiles. On ne veut en rien renoncer aux acquis, ni s’oublier ou perdre de vue l’autonomie dont nous avons besoin pour nous réaliser.

C’est pourquoi il faut persévérer et soutenir les femmes collectivement, mais aussi dans nos actions individuelles.

 

Une évolution qui porte ses fruits 

Les grandes transformations des dernières années portent leurs fruits. Nombre d’injustices, qui étaient auparavant silencieuses et acceptées sont aujourd’hui décriées. 

Les femmes prennent leur place dans les lieux de pouvoir et dans l’économie. De nouveaux modèles sont promus et brisent les carcans. 

Valérie Plante a remporté les faveurs des électeurs pour un second mandat, Déborah Cherenfant et Habi Gerba ont été successivement choisies pour diriger la Jeune chambre de commerce de Montréal, Caroline Codsi a gagné son mandat au conseil d’administration du Musée des Beaux-Arts de Montréal.

La place et la visibilité des femmes et des minorités dans des postes décisionnels sont autant de signes que les temps changent. Et c’est tant mieux.

 

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À propos de ce blogue

Déborah Levy est rédactrice en chef de E-Premières et de «Premières en affaires», le magazine de l’actualité économique au féminin. Elle est associée à l’Agence Plurielles, la première agence pour la prise de parole au féminin et représente des personnalités publiques dans leur participation à des conférences et congrès. Cette série de chroniques lève le voile sur de nouveaux modèles de leadership.

Déborah Levy
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