Le truc fou de Brian Chesky pour devenir un leader hors pair!

Publié le 05/09/2018 à 06:06

Le truc fou de Brian Chesky pour devenir un leader hors pair!

Publié le 05/09/2018 à 06:06

Brian Chesky est cofondateur et PDG d'Airbnb... Photo: DR

Brian Chesky, 37 ans, est cofondateur et PDG d’Airbnb. Dix années après sa création à San Francisco, le site d’hébergement de courte durée compte aujourd’hui quelque 300 millions d’utilisateurs annuels un peu partout sur la planète ; et son objectif est d’atteindre le milliard d’ici 2028. Ce qui fait de M. Chesky l’un des hommes d’affaires les plus riches des Etats-Unis, sa fortune personnelle étant évaluée à 3,7 G$ US par le magazine Forbes.


Comment celui qui était au chômage il y a de cela seulement une dizaine d’années a-t-il pu arriver à la tête d’un tel empire ? Oui, comment celui qui n’avait en poche qu’un diplôme en design de la Rhode Island School of Design, qui n’avait jamais entendu parler de termes comme «ange financier» et qui n’avait jamais consulté TechCrunch a-t-il pu être désigné en 2015 par le magazine Time comme l’une des 100 personnes les plus influentes dans le monde, de par les avancées technologiques qu’il effectuait ?


La réponse est aussi simple que surprenante : il doit tout cela à son leadership hors pair. Explication.


En 2007, Brian Chesky tirait le diable par la queue avec son colocataire, Joe Gebbia (qui est devenu un autre cofondateur d’Airbnb). Il ne voyait plus comment payer le loyer de leur condo, à San Francisco. Et il a découvert, un peu par hasard, quelque chose qui l’avait intrigué : un congrès sur le design devait avoir lieu dans quelques temps à proximité, et tous les hôtels du coin affichaient complet ; ni une ni deux, il a proposé à son coloc de sous-louer leur condo, en offrant aux jeunes congressistes de les faire dormir sur des matelas gonflables de camping («air bed») et de leur servir le déjeuner («breakfast») – le concept d’Airbnb venait de naître.


Le tout nouveau site web a connu un engouement immédiat, pour ne pas dire foudroyant. Du jour au lendemain, Brian Chesky a dû entrer dans la peau d’un entrepreneur, ce qu’il n’avait jamais imaginé auparavant. Puis, dans celle de PDG.


Le hic ? C’est qu’il n’avait aucune idée de la manière dont il fallait s’y prendre. C’est alors qu’il a eu une – nouvelle – idée de génie : tout apprendre à la vitesse V, en allant directement demander conseil aux meilleurs dans leurs domaines de prédilection. Il est ainsi allé consulter Mark Zuckerberg (Facebook), Jony Ive (Apple), Bob Iger (Disney) et autres Warren Buffett (Berkshire Hathaway). Rien de moins.


Par exemple, il a rendu visite à George Tenet, l’ex-directeur de la CIA (1997-2004) et actuel directeur général de la banque d’affaires Allen & Company (celle-là-même qui a conseillé Facebook lors de son acquisition de WhatsApp pour 19 G$ US). Et ce, dans l’optique de savoir comment on pouvait faire preuve de transparence envers les employés en tant que PDG alors que l’entreprise se devait de conserver nombre de secrets industriels et technologiques ; ce qui était, au fond, l’un des enjeux principaux de M. Tenet lorsqu’il dirigeait la CIA : il lui fallait bien informer ses agents à l’interne, tout en veillant à ce que rien de sensible ne filtre à l’extérieur.


Le conseil de M. Tenet ? Il a été on ne peut plus simple : «Sois visible, mon homme !» Autrement dit, l’ex-directeur de la CIA avait pour habitude de manger tous les midis à la cafétéria et de manger chaque fois avec quelqu’un de différent. Car cela lui permettait de nouer un lien de confiance, d’acquérir des informations qui, sinon, n’auraient jamais remonté jusqu’à lui, et, à l’occasion, de faire passer des messages, sans en avoir l’air.


Autre astuce : rédiger à la main des notes de remerciement pour les employés qui avaient effectué un bon coup. «L’une de mes plus grandes satisfactions, ça a été de voir, en faisant mon petit tour d’adieu en 2004, des notes que j’avais rédigées il y a de cela des années qui étaient collées sur le bureau des gens, lui a-t-il confié. Ça a l’air de rien, mais une note manuscrite, ça touche énormément les gens.»


Brian Chesky s’est, bien entendu, empressé de mettre en pratique tous les petits trucs des plus grands leaders de notre temps qu’il a eu la chance de rencontrer. Mieux, il en a tiré quatre règles qu’il respecte à la lettre depuis, avec le succès qu’on sait. Ces fameuses quatre règles, les voici, pour vous, telles qu’il les a confiées, un beau jour, au détour d’une entrevue accordée au magazine Fortune :


1. Vas à la source


«Aujourd’hui, tout le monde manque de temps pour apprendre, en particulier lorsqu’on est propulsé à des postes à responsabilités sans y avoir été préparé comme il se doit, dit-il. D’où la nécessité d’acquérir une tonne de connaissances en un temps éclair, ce qui peut se faire d’une manière très simple : il suffit d’identifier la personne la plus compétente dans le domaine qui nous intéresse, puis d’aller la voir en personne. Si tu procèdes ainsi, tu vas grandir en vitesse accélérée.»


2. Vise l’efficacité maximale


«Ne dépense ton énergie que là où tu sais que tu auras le plus grand impact. Jamais ailleurs. C’est un peu comme au jeu d’échecs : chaque fois que tu joues un bon coup, ça te fait avancer vers la victoire à grands pas ; inversement, chaque fois que tu joues un mauvais coup (alors qu’un autre, plus compétent que toi, aurait, lui, joué un bon coup), ça te fait avancer vers la défaite à grands pas.»


À noter que Brian Chesky n’intervient maintenant en tant que PDG que dans trois domaines précis, à savoir «le produit, la marque et la culture d’entreprise». «Tout le reste, je laisse ça aux autres, sans m’en soucier une seule seconde, indique-t-il. Car je sais que je ferais moins bien qu’eux, que je serais incapable d’apporter une plus-value unique.»


3. Ne gère jamais par consensus en période de crise


«De manière général, pour se sortir d’une crise, il faut passer par la droite ou par la gauche. Le hic, c’est que si tu cherches le consensus auprès de la haute-direction, voire de l’ensemble des employés, tu ne trouveras ainsi qu’une solution qui t’amènera droit dans le milieu. Or, le milieu, c’est toujours le cœur de la tempête, le pire endroit où aller…»


L’une des grandes crises d’Airbnb est survenue en juin 2011, lorsque le condo d’une utilisatrice a été totalement saccagé par les locataires. L’entreprise lui a fourni de l’aide pour s’en remettre, mais celle-ci a été jugée insuffisante par la victime, et les médias sociaux se sont enflammés contre Airbnb.


Brian Chesky était tiraillé. Spontanément, il voulait dédommager totalement la victime, mais autour de lui, mille et un arguments visaient à la freiner en ce sens, du genre «Si tu le fais une fois, il faudra le faire tout le temps, et on va crouler sous les demandes de dédommagement». Après quatre semaines d’atermoiements, il en a eu marre et, sans en parler à quiconque, il est entré en contact avec la victime pour lui dire qu’elle avait entièrement raison, qu’Airbnb allait totalement la dédommager et qu’à l’avenir il en serait toujours ainsi, à hauteur de 50.000 $ US (il avait ainsi ajouté un zéro au montant qui lui avait été suggéré par ses conseillers, faisant passer la garantie de 5.000 à 50.000 $ US).


Puis, il en a avisé tout le monde à l’interne, en disant que cela mettait un terme à la discussion du sujet. Plus tard, certains sont allés le voir pour le remercier d’avoir fini par trancher : ils souffraient en silence du manque de décision, et étaient parfaitement à l’aise avec sa décision finale, qui, je me permets de le souligner, n’a pas ruiné l’entreprise.


4. N’arrête jamais de remplir ton réservoir


«Les leaders que j’ai rencontrés tirent tous leur inspiration de l’extérieur du travail. Par conséquent, si jamais tu t’arrêtes de sortir le soir, d’aller à des concerts ou à des bars parce que tu considères que tes nouvelles responsabilités ne t’en donnent plus l’occasion, sache que tu es en passe de devenir un leader zombi. Il est vital de remplir sans cesse ton réservoir avec tout ce que tu peux trouver à l’extérieur de la job.»


Voilà. Vous connaissez à présent ce qui fait du PDG d’Airbnb un leader hors pair. Libre à vous de vous en inspirer pour faire progresser votre propre leadership dans le cadre de votre quotidien au travail.


En passant, le feu président américain John Fitzgerald Kennedy aimait à dire : «Diriger et apprendre ne sont pas dissociables».


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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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