Le clown et l'ingénieur

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Avril 2017

Le clown et l'ingénieur

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Édition du 08 Avril 2017

Stéphane Bellavance est un clown. C'est lui qui le dit, et il faut le prendre dans le bon sens du terme. Il amuse, c'est son métier. Un métier qu'il exerce avec talent, comme il l'a démontré en animant le Gala Les Mérites STIQ (pour sous-traitance industrielle Québec) la semaine dernière.


Un clown parmi une flopée d'ingénieurs, qui a terminé la soirée fort impressionné par les PME manufacturières qui se sont illustrées au palmarès : IEL Sous-traitance industrielle, Paber Aluminium, Vic Mobilier de magasins, Sixpro, Nétur et AddÉnergie, sans parler des finalistes.


Je n'ai pas de talents d'artiste. Je suis une ex-ingénieure doublée d'une journaliste économique. Et pourtant, tout comme Stéphane Bellavance, j'ai été éblouie par la démonstration d'expertise technologique qui nous a été donnée. Il y a, au Québec, souvent dans de toutes petites municipalités (pensez à Notre-Dame-de-Bonsecours, 260 habitants), des ateliers d'usinage et des fabricants hautement spécialisés, fin prêts à conquérir le monde.


AddÉnergie, et ce n'est qu'un exemple parmi plusieurs, ne se contentera pas d'être une championne canadienne des bornes de recharge pour véhicules électriques. Elle ambitionne rien de moins que de devenir leader dans son domaine aux États-Unis et en Europe.


Bien sûr, ne nous emballons pas : si tous nos manufacturiers étaient de ce calibre, on n'aurait pas besoin de la bonification de 125 millions de dollars pour l'innovation manufacturière annoncée dans le budget 2017-2018 du Québec, qui s'ajoute à une enveloppe de 700 M$ promise l'an dernier. Et encore moins d'un événement comme le Forum stratégique sur le manufacturier innovant, qui se tient cette semaine à Montréal, en point d'orgue de la tournée Initiative manufacturière d'Investissement Québec.


Il reste du travail. D'après une note de l'Institut de la statistique du Québec parue fin mars, le secteur de la fabrication a généré des revenus de 154,9 milliards de dollars en 2015, légèrement plus (1,1 %) que l'année précédente. Cela portait sa contribution à 24 % du revenu total canadien. (Pour mémoire, notre population compte pour 23,2 % de celle du pays.) Peut-on faire mieux ? Certainement ! La fabrication ontarienne, elle, compte pour 47 % (et sa population, pour 38,3 %).


Il n'y a pas de secret. Le rebond manufacturier passera par la réconcilation de l'ancienne et de la nouvelle économie. Et vous savez pourquoi ça presse ? Parce que l'Europe foisonne de manufacturiers hautement compétitifs et que l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne entre en vigueur sous peu. Pas dans deux ans. Pas dans un an. Incessamment.


Julie Cailliau  
Rédactrice en chef
julie.cailliau@tc.tc

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