Désirs et réalités

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Novembre 2017

Désirs et réalités

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Novembre 2017

«C'est à la mode d'être entrepreneur, alors qu'en réalité, c'est un métier formidable en soi, et en même temps, il faut bien dire que c'est... horrible !»


Cet aveu rempli de lucidité, c'est celui de Rodolphe Barrere, cofondateur et coPDG de Potloc, lors de la conférence Croissance PME organisée en octobre par les Événements Les Affaires. Sa start-up, qui aide les détaillants à choisir l'endroit où ouvrir leurs boutiques en fonction de ce que les clients veulent dans leur quartier, a décroché de beaux contrats ici et en France. On comprend toutefois, à ses mots, que ce jeune patron veut égratigner le vernis glamour qui miroite actuellement sur l'entrepreneuriat.


C'est cool, de lancer sa start-up. Les dirigeants de ces fameuses jeunes pousses sont les nouvelles vedettes, connus du grand public dans des proportions que n'ont pas connues leurs prédécesseurs. Sauf que, comme le dit l'investisseur et ex-dragon François Lambert en titre de son tout récent livre, L'entrepreneuriat, c'est difficile. Point.


L'heure est à la franchise parmi les jeunes entrepreneurs. Notre série de baladodiffusion Les Dérangeants (que je vous invite à écouter ou à réécouter) est tout à fait dans cette veine : dire les vraies choses sur la réalité des entrepreneurs. Pas pour décourager les vocations, au contraire. Nous voulons que ceux qui sont animés du désir d'entreprendre comprennent aussi la réalité de ce métier, les nuits courtes et l'ivresse du succès âprement remporté. Nous pensons que mieux informés, ils seront plus forts.


C'est animé de cette intention que Les Affaires a organisé, avec la Jeune chambre de commerce de Montréal, une matinée de réflexion sur l'entrepreneuriat : «La grande consultation, désirs et réalités». Le 18 octobre, quelque 60 entrepreneurs et dirigeants d'organismes de soutien à l'entrepreneuriat ont confronté leurs visions de l'idéal et du réel, pour définir ce qu'est vraiment l'écosystème entrepreneurial du Québec, énoncer clairement les obstacles qui freinent son développement et des solutions pour les surmonter. Le financement, par exemple, fait partie des obstacles. Pas tant parce que l'argent manque. Plutôt parce qu'il n'est pas toujours mis au bon endroit (permettez-moi cette allusion à l'actualité : selon les «Paradise Papers», ce seraient précisément 521 milliards de dollars qui n'auraient pas du tout été mis au bon endroit !).


Le fruit de cette consultation fait l'objet du dossier spécial que vous pouvez lire dans ce numéro. Comme on ne saurait rapporter ici toute la richesse de cette grande consultation, nous y reviendrons en janvier avec un livre blanc. Pour que, comme M. Barrere, tous les entrepreneurs et ceux qui leur veulent du bien puissent regarder la réalité en face.


Julie Cailliau
Rédactrice en chef, Groupe Les Affaires
julie.cailliau@tc.tc

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Julie Cailliau

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