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Édition du 28 Février 2015

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Édition du 28 Février 2015

Je vous raconte souvent une rencontre dans ce petit billet. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de François Gilbert, président d'Anges Québec, rencontré il y a quelques jours. Pour ceux qui ont manqué la nouvelle, Anges Québec vient d'aller chercher 65 millions de dollars auprès de Québec, de la Caisse de dépôt, du Fonds de solidarité FTQ et d'Investissement Québec pour recapitaliser son fonds qui finance des entreprises en démarrage dans le secteur de l'innovation. Anges Québec dispose maintenant de 85 M$.


Lorsque la nouvelle est sortie, je me suis dit que M. Gilbert avait réussi un sacré bon coup. Aller chercher tout ce monde-là, avec ces montants-là, en période d'austérité, c'est fort. Aussi, j'étais curieuse d'en savoir un peu plus sur ce dirigeant plutôt convaincant.


Eh bien, sa recette est fort simple. François Gilbert parle avec ses tripes. Ce dirigeant est tellement convaincu et imprégné de sa mission, que nul ne peut rester indifférent à son discours. «Je suis Québécois», m'a répété au moins trois fois ce natif du Saguenay en me regardant droit dans les yeux, pour m'expliquer qu'il est primordial pour lui que ses actions aient un impact partout au Québec.


Depuis sa création en 2006, Anges Québec a réalisé 64 investissements dans 45 entreprises. «Et on ne fait pas que donner de l'argent», précise M. Gilbert. L'organisme compte maintenant 165 anges, autant d'«experts» qui s'impliquent dans les entreprises qu'ils financent.


Anges Québec offre également une seconde vie professionnelle à certains entrepreneurs en leur proposant de devenir anges financiers. Souvent, il s'agit de dirigeants qui ont vendu leur entreprise et qui se trouvent face à trois choix. Ils profitent de la vie. Ils relancent une entreprise. Ou ils sont entre les deux : ils veulent continuer à être actifs, mais à un rythme plus modéré. C'est cette dernière catégorie d'entrepreneurs qui intéresse Anges Québec. «Être entrepreneur, c'est un état d'esprit», dit M. Gilbert. Ces ex-dirigeants souhaitent aussi redonner à la société et briser un certain isolement. «Lorsque vous vendez votre entreprise, vous perdez souvent votre réseau», rappelle M. Gilbert.


Quel rapport avec notre manchette sur la façon d'investir dans une franchise ? À première vue, aucun. Et pourtant. Un franchisé ou un franchiseur peut très bien devenir un ange, avoir besoin d'un ange, ou encore, un ange peut très bien s'intéresser à une franchise ou un franchiseur... Pourtant, on sous-estime souvent l'industrie de la franchise. Elle est souvent mise dans une classe à part. Et pourtant, prenons le franchisé : il doit gérer des équipes, ses états financiers, mener une stratégie de développement... Il est tout autant entrepreneur que bien des dirigeants d'entreprise.


Géraldine Martin
Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc

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Géraldine Martin

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