Pétrole : le chroniqueur poursuit sa prière

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Pétrole : le chroniqueur poursuit sa prière

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Édition du 20 Juin 2015

Photo: Shutterstock

À la mi-janvier, on vous racontait s'être mis en prière, après avoir commis une importante erreur d'appréciation de risque. Notre petit pari pétrolier pourrait coûter cher.


Flash-back, quelques jours avant Noël.


Le prix du baril de pétrole West Texas Intermediate touche les 56 $ US, après un important décrochage.


- Parfait, la chute est significative, le moment est venu de parier sur le secteur en achetant le baril, se dit-on.


Le pari s'appuie sur le raisonnement suivant.


L'excédent de production pétrolière par rapport à la demande mondiale est à l'époque évalué à 1,5 million de barils par jour (Mb/j), soit environ 1,5 % de la demande mondiale. Un écart qui n'est somme toute pas si important.


La Scotia estime pendant ce temps qu'environ 4 Mb/j deviennent non économiques au Canada et aux États-Unis, avec un prix du baril à 60 $ US. Ces 4 Mb sont à mettre en relation avec les 1,5 Mb en trop. Bernstein Research, de son côté, estime même que le tiers de la production de pétrole de schiste des États-Unis n'est pas rentable à long terme, avec un baril à 80 $ US. Et l'on ne parle alors que de ce qui n'est plus rentable en Amérique. D'autres puits pétroliers deviendront forcément non rentables ailleurs dans le monde.


Le signal semblait assez clair : le cours du baril ne pourrait pas demeurer à 60 $ US et allait devoir monter.


Mauvais pari.


Parti de 56 $ US, le prix du baril WTI était tombé à 48 $ US à la mi-janvier, au moment de la publication de ma chronique. Qui plus est, le véhicule d'investissement utilisé, le United States Oil ETF (USO, 0,10 $ US), n'était pas idéal. Ce fonds négocié en Bourse (FNB) joue le baril avec des contrats à terme qu'il fait tourner chaque mois. Comme le marché continuait de parier sur un redressement des cours, la courbe des contrats futurs était ascendante. Si bien que, chaque fois qu'un contrat tournait, la position achetée (celle du mois suivant) l'était à un prix plus élevé que le prix au marché (spot), sans garantie qu'un mois plus tard, le spot avancerait au prix payé. Bref, on était à risque d'une augmentation de perte au fur et à mesure que le temps s'écoulerait si le pétrole restait stable.


- On verra, en juin, ce qui se passera à la prochaine réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), et on avisera à ce moment, s'était-on dit.


Retour à aujourd'hui


Cette réunion vient d'avoir lieu, au début de juin.


Quelle est la situation ?


Les prières ont été exaucées en bonne partie. Le prix du baril WTI s'est redressé de 48 $ US à 60 $ US. Théoriquement, on aurait gagné notre pari (de 56 $ à 60 $ US). On est cependant toujours un peu à perte sur notre position à cause des frais et de la façon dont fonctionne le FNB.


Y aurait-il moyen d'éponger totalement la perte en patientant un peu ?


Au début de juin, l'OPEP a décidé de ne pas réduire sa production et de maintenir son objectif de production à 30 Mb/j.


La stratégie semble fonctionner.


À propos de ce blogue

Diplômé en droit de l'Université Laval, François Pouliot est avocat et commente depuis plusieurs années l'actualité économique et financière. Il a été chroniqueur au Journal Le Soleil, a collaboré au Globe and Mail et dirigé les sections économiques des différentes unités de Quebecor Media, notamment la chaîne Argent. Au cours de sa carrière, il a aussi fait du journalisme d'enquête ce qui lui a valu quelques distinctions, dont le prix Judith Jasmin. La Bourse Southam lui a notamment permis de parfaire son savoir économique à l'Université de Toronto. François a de même été administrateur de quelques organismes et fondation. Il est un mordu des marchés financiers et nous livre son analyse et son point de vue sur diverses sociétés cotées en bourse. Québec inc. sera particulièrement dans sa mire.

François Pouliot
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