Cybersécurité: mettre l’humain à l’avant-plan

Publié le 08/05/2023 à 09:30

Cybersécurité: mettre l’humain à l’avant-plan

Publié le 08/05/2023 à 09:30

Par Emmanuel Martinez

«Beaucoup d’entreprises de mon industrie ne mettent pas assez de l’avant l’humain. On veut créer une connexion avec nos clients. Ils sont extrêmement précieux. C’est comme ça qu’on se démarque», affirme Audrey Shink, fondatrice de Blue Eden. (Photo: Courtoisie)

Se décrivant volontiers comme «un peu fofolle et joviale», Audrey Shink est le genre de patronne avec qui on aimerait bien travailler.

Sans prétention, la fondatrice de Blue Eden, une firme de services informatiques de Montérégie lancée l’an dernier, s’est donné pour mission d’abaisser le niveau de stress de ses clients, des PME et des OSBL du Québec et du Nouveau-Brunswick.

«Notre but c’est que les gens soient zen et relax par rapport à la technologie, dit-elle en entrevue téléphonique. Beaucoup d’entreprises de mon industrie ne mettent pas assez de l’avant l’humain. On veut créer une connexion avec nos clients. Ils sont extrêmement précieux. C’est comme ça qu’on se démarque.»

Celle qui œuvre depuis une quinzaine d’années en informatique dirige une petite équipe qui offre notamment des services de cybersécurité et du soutien technique. «Je suis très informelle, mentionne-t-elle. J’ai constaté à travers mon parcours qu’il n’y a pas grand monde qui aime les discours très formels.»

Servir les OSBL

Blue Eden se distingue aussi par son désir de protéger les OSBL contre des cyberattaques.

«Beaucoup ne veulent pas traiter avec des OSBL, car elles croient que ces organisations n’ont pas d’argent et ne sont pas professionnelles. Mais elles en ont quand même si elle souffre d’un manque de financement. Donc au niveau de la PME, il de la compétition pour des contrats, mais pas pour les OSBL.»

La présidente estime qu’environ 40% de sa clientèle provient de ce segment du marché. «Ce n’est pas négligeable, déclare-t-elle. Oui, je veux faire des profits, mais je ne suis pas dans le “surcapitalisme”. Mon but, c’est de bien servir mes clients, puis de rémunérer mes employés et de créer une belle chimie d’équipe. Je n’ai pas fondé Blue Eden pour faire des millions ou me payer un chalet et un gros bateau.»

Prévenir au lieu de guérir

Ayant une approche holistique de la cybersécurité, Audrey Shink estime que la sensibilisation «fait toute la différence». «C’est bien beau d’avoir de belles bébelles, mais le volet humain compte pour 80% de la protection, remarque-t-elle. Même si j’ai d’excellents protocoles et de bons outils, il faut juste qu’un employé clique sur un mauvais lien pour se faire rentrer dedans.»

Pour ce volet, elle travaille avec une autre femme, Emeline Manson qui a lancé son entreprise de prévention CY-clic en 2021. Cette chargée de cours en cyberfraude à Polytechnique Montréal offre des formations sur les bonnes pratiques en ligne afin d’éviter des intrusions malveillantes. «La particularité de mes ateliers, c’est qu’elles se font en présentiel ou en direct sur le web. Ce ne sont pas des vidéos préenregistrées, donc on peut poser des questions. C’est beaucoup plus efficace ainsi.»

Ses formations ratissent large, puisqu’elles abordent aussi bien la gestion de l’infonuagique et des courriels, que l’utilisation des réseaux sociaux. Emeline Manson reconnaît les efforts mis du côté technique et technologique tout en déplorant que l’aspect humain soit négligé. «Les gens ont de plus conscience que l’humain à un rôle à jouer, mais la prévention n’est toujours pas sexy, note-t-elle. Il faut passer le message que cela coûte plus cher de prévenir que de guérir et qu’un manque de connaissance des employés engendre un risque important.»

Dans un milieu si masculin comme celui de la cybersécurité, Emeline Manson n’a jamais senti qu’être une femme la désavantageait. «Cela m’ouvre même des portes parfois, précise-t-elle. Cela ne nuit pas à ma crédibilité. Quand je suis dans des événements, je suis pas mal la seule femme et ce n’est pas négatif.»

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