Produire ici, le «nouvel argument de vente» d'OLA Bamboo

Publié le 28/04/2021 à 15:35

Produire ici, le «nouvel argument de vente» d'OLA Bamboo

Publié le 28/04/2021 à 15:35

Par Emmanuel Martinez
Une machine qui fabrique des brosses à dents

OLA Bambou conçoit ses brosses à dents à Drummondville. (Photo: courtoisie)

OLA Bamboo possède un autre atout pour convaincre les Québécois d’acheter ses brosses à dents en bambou: elles sont les seules au pays à être fabriquées ici. Incluant celles en plastique.

L’entreprise québécoise créée en 2016 a transféré sa production de Chine vers Drummondville où elle s’est installée dans l’incubateur industriel.

«C’est une façon de se démarquer de la concurrence, a expliqué le cofondateur et vice-président d’OLA Bamboo, Simon-Pier Ouellet, en entrevue téléphonique, mercredi. On ratisse un public plus large. Oui, il y a l’aspect environnemental, mais il y a maintenant l’aspect achat local. C’est un nouvel argument de vente pour attirer des clients.»

«Avant 100 % du coût était envoyé en Chine. Maintenant, c’est 60% qui restent au Canada. On est content que l’argent reste dans l’économie locale», a-t-il mentionné.

L’idée de rapatrier la production au Québec a germé durant la pandémie.

«En février 2020, les manufactures ont fermé en Chine. On n’arrivait plus à avoir de brosses à dents. Le rapatriement visait donc à mieux contrôler la production. On s’est rendu compte qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer dans le monde. Si on a besoin de 2000 brosses à dents rapidement, on peut maintenant en avoir demain matin. La planification est plus simple», a-t-il expliqué.

Simon-Pier Ouellet souligne également que rapatriement de la production au pays va réduire de moitié l’empreinte carbone de l’entreprise.

«Les machines fonctionnent à partir de l’hydroélectricité ici, tandis que ce sont des usines de charbon qui fournissent l’énergie en Chine. De plus, on a beaucoup réduit nos volumes de transport. On importe juste la matière première, le bambou, au lieu des produits finis emballés qui prennent beaucoup plus d’espace sur les bateaux», a-t-il souligné.

 

Le prix

Malgré les avantages liés à la production, à l’environnement et au marketing, un tel transfert nécessitait évidemment un examen des coûts.

«Pour concurrencer la Chine, on a dû investir dans les machines pour rester avec un prix compétitif», a mentionné le dirigeant d’OLA Bamboo.

Le recours à la main-d’œuvre a été réduit au minimum avec l’acquisition de cinq machines. Au total, la jeune pousse a dépensé 500 000$.

Le choix de Drummondville, plus près de ses clients concentrés dans les régions de Montréal et Québec, a aussi permis à l’entreprise qui a vu le jour à Gatineau d’économiser en frais de transport.

 

Les États-Unis

Pour poursuivre sa croissance, OLA Bamboo a maintenant les yeux tournés vers les États-Unis.

En produisant au Québec, elle estime qu’elle pourrait convaincre des compagnies américaines de faire appel à elle pour produire leurs brosses à dents en bambou.

«On veut continuer à s’étendre au Canada avec nos produits, mais pour les États-Unis on ne cherche pas à implanter la marquer OLA Bamboo. On voudrait fabriquer des brosses à dents pour une autre marque américaine qui veut se démarquer en ne faisant pas faire ses produits en Chine ou ailleurs en Asie. Cela pourrait nous aider à rapidement entrer aux États-Unis», a dit Simon-Pier Ouellet.

Il espère également pouvoir développer la fabrication d’autres produits avec du bambou, comme du coton-tige.

En attendant cette prochaine étape, il est heureux de constater que son entreprise a atteint le cap des 3 millions $ en chiffre d’affaires annuel.

Ses brosses à dents sont vendues dans environ 2000 points de vente au pays, entre autres chez de grands détaillants comme Jean Coutu et Familiprix.

Elle commercialise aussi du déodorant naturel et une pastille de nettoyage qui sont fabriqués au Canada par des sous-traitants.

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