Laurence Levy: aider autrui, de la médecine à la finance


Édition de Mars 2024

Laurence Levy: aider autrui, de la médecine à la finance


Édition de Mars 2024

Laurence Levy occupe, depuis novembre dernier, le poste de première vice-présidente du réseau de succursales au Québec à la TD. (Photo: courtoisie)

Après 26 ans à la ­Banque ­Scotia, avec un bagage d’expérience allant de la gestion de patrimoine à la gestion et à l'efficacité des ventes, ­Laurence ­Levy a fait le saut, en novembre dernier, à la ­Banque ­TD. Son premier défi : faire la tournée des 126 succursales québécoises d’ici la fin avril.

aurence Levy est arrivée au Québec à 18 ans après avoir grandi au Maroc. Ayant jusque-là étudié en sciences de la santé, c’est la médecine qui l’a d’abord appelée.

« Dans le système canadien, c’était compliqué pour moi d’entrer en médecine, alors je me suis dit, je fais quoi ? » raconte-t-elle. Étant douée pour les mathématiques, une matière qu’elle aimait, Laurence Levy a d’abord décidé de se diriger vers la comptabilité, suivant les traces de son père, un comptable de carrière. Un choix qui n’a pas duré le temps des roses.

« C’était trop structuré, alors j’ai vite bifurqué en finance et j’ai adoré l’expérience, dit-elle. C’était la notion d’aider autrui qui m’a attirée, mais sur le plan de leur santé financière. Je me suis dit, à défaut de soigner les gens, je vais les soutenir dans leurs finances, une question qui cause énormément de soucis. »

Après avoir terminé son baccalauréat en administration des affaires à HEC Montréal, en 1997, elle entame un premier emploi à la Banque Scotia comme gestionnaire de centre d’appels. Le premier d’une longue série de rôles au sein de la grande institution financière.

 

Fidèle au poste

Entre le moment de son entrée à la Scotia et son départ pour la TD, en novembre dernier, près de 26 ans se sont écoulés. Au cours de cette période, Laurence Levy a cumulé tant de rôles qu’elle peine à en faire le décompte exact.

« J’ai eu, je pense, 10 ou 12 rôles en tout, dit-elle. J’ai touché à plusieurs lignes d’affaires. »

Parmi tous ces rôles, trois ont été particulièrement marquants pour sa progression professionnelle. Son premier poste d’envergure a été celui de vice-présidente pour la région de Montréal, un emploi qu’elle a entamé en 2011. Dans le cadre de ses fonctions, elle supervisait 24 succursales et plus de 500 employés. Un poste qui lui a appris à développer sa vision, puisqu’elle devait aider le réseau de succursales à se développer.

Le second rôle d’importance que mentionne Laurence Levy est celui de directrice régionale, gestion de patrimoine, pour l’est du Canada, qu’elle a occupé entre 2016 et 2019.

« Ç’a définitivement été le deuxième poste clé de ma carrière. Je gérais un P&L (état des résultats financiers) et j’ai eu l’occasion de positionner la banque auprès des clients », dit-elle, des expériences qui ont approfondi sa compréhension du secteur.

Le troisième et dernier rôle marquant à la Scotia a été celui de vice-présidente à la gestion et à l’efficacité des ventes, qu’elle a occupé entre 2021 et 2023. « J’étais à Toronto et je m’occupais de l’efficacité des banques dans le réseau des succursales à travers le Canada. Ça m’a permis d’en apprendre plus sur les aspects réglementaires, sur la fraude et sur le fonctionnement de l’écosystème. »

 

Du rouge au vert

Laurence Levy s’est retrouvée à la TD après avoir été approchée par un chasseur de têtes. Après un quart de siècle au même endroit, changer de navire comportait toutefois un risque, reconnaît-elle. « Je n’avais pas pensé faire ce saut auparavant, mais après avoir rencontré sept ou huit personnes extraordinaires au fil des entrevues, incluant le chef de la direction, j’ai réalisé que c’était un fit parfait. Les

valeurs de l’équipe, notamment sur le plan de la diversité et de l’inclusion, m’ont beaucoup rejoint. »

Successeure à Sylvie Demers, Laurence Levy occupe donc, depuis novembre dernier, le poste de première vice-présidente du réseau de succursales au Québec à la TD. Depuis son arrivée, elle s’affaire à rebâtir le relationnel, une tâche « naturelle parce que j’aime les gens », confie-t-elle, mais surtout à bâtir sa vision pour le réseau qu’elle chapeaute.

Dans le cadre de son nouveau rôle, Laurence Levy supervise 126 succursales, huit vice-présidents de districts et un peu plus d’un millier d’employés. Elle voit au rayonnement de la marque, ainsi qu’à son positionnement, et a pour objectif d’aider la banque à gruger des parts de marché à ses concurrentes.

« Je dois déterminer où et comment on peut se développer, gagner du terrain, un client à la fois, dit-elle. C’est un des axes sur lesquels je travaille activement. »

Dans un marché du travail serré, la vice-présidente veut également faire de la banque un employeur de choix auprès des étudiants, un autre défi qui l’occupera dans les mois et années à venir.

À plus court terme, Laurence Levy prévoit toutefois passer beaucoup de temps sur la route. C’est qu’elle veut avoir visité l’ensemble des 126 succursales québécoises de la banque d’ici le 30 avril. L’objectif : rencontrer les équipes, assister à des rencontres clients et se familiariser avec les systèmes et processus de l’institution financière pour mieux comprendre les occasions qu’elle peut saisir.

 

Plus d’implication

Au-delà de son poste, Laurence Levy siège au conseil d’administration des Grands Ballets Canadiens. À terme, elle vise à donner de son temps aussi à un autre conseil, bien qu’elle n’ait pas encore déterminé lequel. Une chose est sûre, pour elle, ce genre d’implication lui tient à cœur.

« Je veux redonner au suivant, c’est une ligne de conduite que je me suis donnée, dit-elle. Je fais beaucoup de mentorat pour les femmes en finance, également, en plus de m’impliquer au sein de la communauté noire. Je veux aider comme j’ai été aidée par tant de mentors et de collègues. »

Elle dit d’ailleurs devoir une part de son succès à ce qu’elle appelle son « conseil d’administration de femmes », un groupe informel de professionnelles issues de différents milieux d’affaires qui se réunit périodiquement pour discuter de leurs défis professionnels.

« C’est un groupe qui m’a bien soutenue, dit-elle. On est un peu le sounding board (groupe de réflexion) l’une de l’autre. On partage nos opinions et on se donne le courage d’oser. »

Ça, et aussi sa famille, raconte la mère de trois enfants. « Ma famille a toujours été un pilier important dans ma vie, et je leur dois beaucoup. »

À peine quelques jours après avoir fêté son 50e anniversaire, Laurence Levy veut rayonner dans son poste actuel. « Je ne me limite pas, dit-elle. Mais honnêtement, actuellement, je suis focalisée sur la tâche à accomplir au cours des prochaines années : avoir un effet positif sur nos clients, sur nos équipes et sur la rétention de personnel qualifié. »

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