Licenciements chez Bell: Unifor crie au «chantage» des «compagnies qui braillent»

Publié le 19/03/2024 à 12:30, mis à jour le 19/03/2024 à 14:11

Licenciements chez Bell: Unifor crie au «chantage» des «compagnies qui braillent»

Publié le 19/03/2024 à 12:30, mis à jour le 19/03/2024 à 14:11

Par La Presse Canadienne

Le directeur québécois d’Unifor, Daniel Cloutier, a dénoncé «le dîner de cons auquel les Canadiens sont invités depuis longtemps». (Photo: La Presse Canadienne)

«Il est temps qu’on serre la vis» aux «compagnies qui braillent» que ce n’est pas facile de faire des affaires et qui suppriment des postes au Canada pour les transférer à l’étranger. Cela relève du «chantage», dénonce le syndicat Unifor, en critiquant les dernières vagues de licenciements chez Bell. 

Le syndicat pancanadien Unifor, qui représente 21 000 travailleurs chez BCE, Bell et ses filiales, a manifesté mardi midi à Ottawa, et a rencontré la presse dans ce contexte.

Unifor, qui est affilié à la FTQ au Québec, a déjà lancé une campagne, «Honte à Bell», pour dénoncer la suppression de 4800 postes, annoncée en février, alors que Bell n’est pas en difficultés financières. Le géant médiatique s’est aussi départi de stations de radio régionales et ses décisions affectent également des émissions d’informations.

Le premier ministre Justin Trudeau et la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St−Onge, avaient eux−mêmes dénoncé les choix de Bell, en février.

Indigné, le directeur québécois d’Unifor, Daniel Cloutier, a dénoncé «le dîner de cons auquel les Canadiens sont invités depuis longtemps».

La haute direction de Bell, dit−il, a reçu ces dernières années des augmentations qui vont «bien au−delà des 2 à 3 % que les travailleuses et travailleurs de Bell ont reçues dans les mêmes années comme augmentations de salaire».

Et des emplois canadiens sont transférés en Turquie et en Afrique du Nord, à des conditions bien moindres que celles offertes au Canada, a relevé M. Cloutier.

Il a invité les gouvernements à «réagir, à poser des questions et, en obtenant les réponses, à ajuster tous les soutiens, l’offre, les subventions, les crédits, etc., qu’ils offrent à Bell, en fonction de leur ingratitude envers ce pays».

Le directeur québécois d’Unifor a déploré le fait que certaines entreprises médiatiques coupent plutôt que de chercher de nouvelles façons de livrer les nouvelles ou de générer plus de revenus.

«C’est vrai qu’on n’a pas vu tant d’innovations que ça. Tout ce à quoi on assiste, depuis des années, c’est des compagnies qui braillent que l’environnement et le gouvernement font en sorte que c’est pas facile pour eux de faire des affaires, pendant qu’eux coupent et coupent et coupent», s’est exclamé M. Cloutier.

«On croit que d’autres suppressions de postes s’en viennent» chez BCE, a dénoncé à son tour la présidente nationale d’Unifor, Lana Payne.

Elle presse également le gouvernement fédéral d’intervenir, d’exiger que Bell rende des comptes. Elle estime à 6000 le nombre d’emplois touchés chez Bell et ses filiales en huit mois: des techniciens, conseillers au service à la clientèle, installateurs, vendeurs et journalistes.

Il était prévu que la haute direction de Bell comparaisse, mardi après−midi, devant le comité du patrimoine de la Chambre des communes pour répondre aux questions. La comparution a toutefois été reportée.

La Presse Canadienne a demandé à Bell si elle désirait commenter la sortie du syndicat Unifor; l’entreprise n’avait pas encore répondu, au moment d’écrire ces lignes.

Lia Lévesque, La Presse Canadienne

 

 

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