Le gouvernement du Québec remplacera la toiture du Stade olympique au coût de 870M$

Publié le 05/02/2024 à 12:26, mis à jour le 05/02/2024 à 15:00

Le gouvernement du Québec remplacera la toiture du Stade olympique au coût de 870M$

Publié le 05/02/2024 à 12:26, mis à jour le 05/02/2024 à 15:00

Par La Presse Canadienne

La surface de jeu du Stade olympique était déjà fermée depuis décembre, et des travaux de préparation ont été entamés. (Photo: La Presse Canadienne/Paul Chiasson)

Le gouvernement du Québec a brièvement songé à démolir le Stade olympique avant de finalement annoncer qu’il remplacera sa toiture pour un coût de 870 millions de dollars canadiens, lundi.

La ministre du Tourisme et ministre responsable de la région de Lanaudière, Caroline Proulx, a mentionné lors d’une conférence de presse tenue dans l’enceinte du stade que la nouvelle toiture sera fixe, rigide et qu’elle comportera un anneau transparent en verre. Sa durée de vie devrait être de cinquante ans. 

Au cours de ce projet, la toiture actuelle sera démantelée, l’anneau technique sera remplacé et la nouvelle toiture sera construite.

Les travaux, qui s’échelonneront jusqu’en août 2028 et qui se mettront en branle dès cet été, forceront la fermeture du Stade olympique. Les autres installations du Parc olympique resteront toutefois ouvertes. 

Le gouvernement du Québec espère non seulement revitaliser le stade, qui a ouvert ses portes en 1976 pour les Jeux olympiques d’été, mais aussi permettre une utilisation plus régulière, avec un achalandage plus constant. 

«Notre gouvernement souhaite que le Stade olympique redevienne un symbole positif pour la métropole et pour tout le Québec. Remplacer sa toiture, c'est assurer son exploitation à l'année et augmenter la fréquentation du site», a souligné Caroline Proulx.

Selon la ministre, le projet engendrera des retombées économiques majeures pour la province. Elles passeraient de 68 millions de dollars à près de 150 millions par année. Les revenus bruts passeraient quant à eux de 23 millions de dollars à 61 millions.

Ces retombées économiques seraient le fruit de l’augmentation du nombre de spectacles, de congrès, d'expositions et d'événements sportifs de grande envergure présentés au stade. 

Selon ses chiffres, Caroline Proulx estime que le projet fera doubler le nombre de visiteurs payants, d’un à deux millions, et multipliera par cinq le nombre d’événements, de 30 à 150.

«Le projet permettra au Parc olympique de réaliser son plein potentiel économique, sportif, culturel et communautaire. Nous aurons la garantie de pouvoir tenir, lors de toutes les saisons, des événements mémorables. La réalisation du plan d’affaires permettra de replacer Montréal parmi les escales incontournables des tournées des vedettes internationales et de régulièrement accueillir des événements sportifs de toute nature», a-t-elle dit.

Caroline Proulx a toutefois défendu la décision de son gouvernement de se retirer de la présentation de matchs de la Coupe du monde de soccer de 2026, qui se tiendra conjointement au Canada, aux États-Unis et au Mexique.

«Vancouver tiendra deux matchs et la FIFA exige en plus des salles VIP, une amélioration des concessions et une salle de banquet. Les trois paliers de gouvernement frisent actuellement le milliard de dollars pour deux matchs. Toronto n’aura qu’un seul match. Ce que le gouvernement du Québec décide de faire, c’est d’investir dans une toiture et des événements, dont des événements sportifs», a souligné la ministre. 

Par ailleurs, il n'y a pas que les vedettes internationales qui lèvent le nez sur le Stade olympique. Sa surface de jeu n’a pas souvent fait l’envie des athlètes professionnels.

Les Alouettes s’y entraînaient très rarement et la finale de la Coupe Grey n’a pas été disputée au Stade olympique depuis 2008. Le CF Montréal y tenait pour sa part une partie de son camp d’entraînement, son match d’ouverture et certaines parties de la Ligue des Champions de la Concacaf.

Il serait très surprenant que ces deux équipes décident de faire du Stade olympique son domicile permanent, malgré les rénovations. Sans parler du Baseball majeur, qui a vu les Expos déménager après la saison 2004. 

Michel Labrecque, le président-directeur général du Parc olympique, a cependant confiance de revoir une équipe professionnelle s’installer en permanence dans le stade qui lui tient tant à cœur. 

«Je suis extrêmement motivé à rencontrer les équipes professionnelles établies ici. Je suis convaincu que dans les 50 prochaines années, il y aura une équipe sportive résidente permanente au Stade olympique. Il y a beaucoup d’équipes et de stades qui se dotent d’une toiture permanente pour des sports professionnels», a insisté Michel Labrecque.

La surface de jeu était déjà fermée depuis décembre, et des travaux exploratoires ont été entamés. Ceux-ci ont d’ailleurs forcé le CF Montréal à s’entraîner au centre sportif du cégep Marie-Victorin, la semaine dernière. Le club n’a pas toutefois commenté l’annonce de lundi.

 

De nombreux maux de tête

Les débats entourant la toiture du stade ne datent pas d’hier. Une première toiture rétractable a été installée en 1988, mais les déchirures sont apparues rapidement. Une deuxième a été installée en 1998, mais cette dernière s’est également déchirée l’année suivante, à la suite d’une tempête de neige. 

L’actuelle toiture du stade compterait plus de 20 000 déchirures, a souligné Caroline Proulx. La ministre de la Coalition Avenir Québec a indiqué que si rien n’était fait pour la réparer, alors la fermeture de l’endroit serait inévitable d’ici deux ans.

«Nous faisons face à un important processus de dégradation et de fin de vie utile de la toiture. Le statu quo n’est pas possible. Si rien n’est fait, il faudra démanteler la toiture, hiverniser le stade et mener à une fermeture définitive et complète du Stade olympique», a laissé entendre Caroline Proulx.

En ce sens, on a envisagé la démolition du Stade olympique, mais cette option a finalement été balayée du revers de la main. Caroline Proulx a fait savoir que la démolition coûterait plus de deux milliards de dollars et qu’elle laisserait «un trou» sur le site.

«Il faudrait opérer pierre par pierre en raison des risques non seulement pour la structure du métro de Montréal, qui passe sous le stade, mais pour tout le voisinage. Il faut ajouter les impacts financiers d’une carrière à ciel ouvert sur la tour de Montréal et sur les nombreux autres actifs exploités sur le site. Un projet de déconstruction viendrait contrecarrer les efforts de développement et de croissance de l’est de Montréal», a noté Caroline Proulx.

Les travaux seront dirigés par le consortium formé par le Groupe Construction Pomerleau-Canam.

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