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É.-U.: de nouvelles hausses des taux «probablement inutiles»?

AFP|21 mai 2024

É.-U.:  de nouvelles hausses des taux «probablement inutiles»?

«Les banquiers centraux ne devraient jamais dire jamais, mais les données suggèrent que l’inflation ne s’accélère pas, et je pense que de nouvelles augmentations du taux directeur sont probablement inutiles», a déclaré Christopher Waller lors d’un discours à Washington, au Peterson Institute of International Economics (PIIE). (Photo: 123RF)

Un gouverneur de la Fed a jugé jeudi que de nouvelles hausses des taux sont «probablement inutiles», soulignant que leur niveau actuel semble suffisamment restrictif pour faire ralentir l’inflation, les chiffres d’avril ayant montré des progrès, trop «faibles» cependant selon lui.

«Les banquiers centraux ne devraient jamais dire jamais, mais les données suggèrent que l’inflation ne s’accélère pas, et je pense que de nouvelles augmentations du taux directeur sont probablement inutiles», a déclaré Christopher Waller lors d’un discours à Washington, au Peterson Institute of International Economics (PIIE).

Les taux de la banque centrale américaine se trouvent depuis juillet à leur plus haut niveau en 20 ans, entre 5,25 et 5,50%.

«Je pense que désormais la probabilité est très faible d’avoir une hausse des taux», a encore déclaré M. Waller.

L’inflation avait rapidement ralenti aux États-Unis fin 2023, encourageant la Fed à envisager de les baisser. Mais un rebond des prix début 2024 l’a conduite à repousser cette perspective.

En avril cependant, la hausse des prix à la consommation a repris sa trajectoire à la baisse, à 3,4% sur un an contre 3,5% en mars, selon l’indice CPI.

Cela «a été un soulagement bienvenu après trois mois sans progrès vers les 2%», a commenté Christopher Waller.

La Fed privilégie une autre mesure de l’inflation, l’indice PCE, dont la hausse qui s’élevait en mars à 2,7% sur un an, et qu’elle veut ramener à 2%. Les données d’avril seront publiées le 31 mai.

Le gouverneur de la Fed a toutefois nuancé cette avancée, faisant état de progrès «si modestes qu’ils n’ont pas changé mon opinion selon laquelle j’aurai besoin de davantage de preuves que l’inflation ralentit avant de soutenir un quelconque assouplissement de la politique monétaire».

Autrement dit: il faudra être patient avant d’envisager de nouveau une baisse des taux. Ce qui signifie que le crédit restera onéreux pendant plus longtemps pour les ménages et les entreprises.

«L’ampleur des progrès était faible» en avril, a encore souligné le gouverneur de la Fed, précisant qu’«en l’absence d’un affaiblissement significatif du marché du travail, il (lui) faudra encore plusieurs mois de bons chiffres d’inflation avant de pouvoir soutenir confortablement un assouplissement de la politique monétaire».

Lundi, les deux vice-présidents de la Fed, Michael Barr et Philip Jefferson, avaient répété que les taux d’intérêt resteraient élevés plus longtemps que prévu, privilégiant une approche prudente après le rebond de l’inflation.