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Diriger et éduquer à distance, avec ou sans la crise

Catherine Charron|Édition de la mi‑avril 2020

Diriger et éduquer à distance, avec ou sans la crise

Lucie Laflamme (Photo: courtoisie)

La COVID-19 n’aura pas fait trembler l’Université TÉLUQ au même titre que les autres institutions de la province. Celle-ci souhaite transmettre ses connaissances approfondies sur l’enseignement à distance. Une entreprise que la nouvelle directrice générale de l’établissement, Lucie Laflamme, compte bien alimenter grâce à la collégialité.

«Oui, je fais de la gestion, mais je suis d’abord et avant tout une universitaire», se plaît à dire Lucie Laflamme, quelques jours à peine après son entrée en poste, fin mars. Celle qui a été tour à tour vice-rectrice d’un campus, chercheuse et professeure, croit que sa connaissance de ces différentes sphères d’une université lui permettra de comprendre la TÉLUQ. «Une culture universitaire change beaucoup d’un établissement à l’autre […], mais je sais ce que c’est que de faire partie d’une université. C’est d’abord et avant tout une communauté», affirme-t-elle.

Dans la crise actuelle, la «communauté» TÉLUQ peut, selon Lucie Laflamme, faire partie de la solution à la fois pour les étudiants, mais aussi pour les entreprises dont les employés sont confinés à la maison et qui pourraient suivre une formation en télétravail.

La pédagogie à distance développée par la TÉLUQ, depuis les 50 dernières années, permet à plus de la moitié des étudiants de faire des études universitaires, choses qu’ils n’auraient pu accomplir sans la flexibilité de l’Université, indique Lucie Laflamme. «Nos cours sont asynchrones, ils peuvent donc débuter à tout moment et étudier quand ça leur convient.»

La TÉLUQ offre de la formation continue sur mesure, qui touche autant aux communications qu’à la gestion de la négociation. Ces programmes peuvent être adaptés selon les besoins d’une entreprise, rappelle sa nouvelle directrice générale.

Celle qui a étudié en droit à l’Université de Sherbrooke veut aussi se tenir loin de l’archétype de la cadre supérieure qui impose ses idées. Ayant pris les commandes de la TÉLUQ en pleine pandémie, Lucie Laflamme n’a toujours pas rencontré en personne celles et ceux avec qui elle travaillera, confinement oblige. Ils ont tout de même commencé à réfléchir au développement de la planification stratégique de l’Université.

Les dernières années auront été plutôt houleuses pour l’Université TÉLUQ, malmenée par une enquête qui a fait chou blanc sur son ancien directeur général et une grève illimitée de ses 200 tuteurs.

Lucie Laflamme veut maintenant mener l’établissement plus loin, étant persuadée «surtout par les temps qui courent, qu’il y a une place pour cette université à distance dans l’univers québécois».