Les implications économiques de l'attaque de l’Iran sur Israël

Publié le 15/04/2024 à 11:50

Les implications économiques de l'attaque de l’Iran sur Israël

Publié le 15/04/2024 à 11:50

Par John Plassard

(Photo: Getty Images)

EXPERT INVITÉ. L’Iran a lancé une vaste attaque aérienne contre Israël et le territoire qu’il contrôle à partir de samedi en fin de journée, en tirant plusieurs centaines de drones et missiles. Il s’agit de la première attaque directe de ce type lancée depuis le territoire iranien après des décennies de guerre de l’ombre entre les deux pays.

L’assaut a été lancé en réponse à une récente attaque contre un bâtiment du complexe de l’ambassade iranienne en Syrie, qui a tué plusieurs hauts responsables iraniens. Se pose maintenant la question de savoir quelles pourraient être les conséquences économiques d’une implication plus directe de l’Iran. Synthèse et analyse.

 

Les faits

L’Iran a lancé une attaque aérienne de grande envergure contre Israël dans la nuit de samedi. Il s’agit de la première frappe directe depuis le territoire de Téhéran contre Israël depuis des années de tensions. L’attaque n’a pas fait de morts, mais 12 personnes ont été transportées au centre médical Soroka, dans le sud d’Israël, au cours de la nuit. La base aérienne de Nevatim, située dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël, aurait été légèrement endommagée par l’attaque, mais qu’elle fonctionnerait.

 

 

Téhéran a déclaré que cette attaque était menée en représailles d’un attentat qu’il impute à Israël contre le consulat iranien dans la capitale syrienne, Damas, au début du mois. Plusieurs membres du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran ont été tués lors de cette attaque. Israël n’a ni revendiqué ni nié sa responsabilité.

Rappelons que depuis des décennies, l’Iran et Israël se livrent à une guerre clandestine, dans laquelle ils attaquent leurs intérêts respectifs sur terre, en mer, dans les airs et dans le cyberespace. L’Iran soutient (théoriquement) des forces supplétives telles que le Hezbollah au Liban, le Hamas en Cisjordanie et à Gaza et les Houthis au Yémen.

Israël a lancé une série d’attaques, notamment en tuant le principal scientifique nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, en 2021, et en assassinant un commandant des gardiens de la révolution, le colonel Sayad Khodayee, en 2022. Les tensions sont montées en flèche dans la région après six mois de guerre brutale entre Israël et le Hamas, groupe militant palestinien soutenu (inofficiellement) par l’Iran, déclenchée par les attentats du 7 octobre de l’année dernière. Le contre-amiral Daniel Hagari des Forces de défense israéliennes (FDI) a décrit le tir de barrage de samedi comme une «escalade majeure».

 

 

L’Iran, ennemi de longue date d’Israël, a toujours eu recours à des mandataires pour mener ses interventions, d’où l’intérêt pour les groupes qui lui sont alliés au Moyen-Orient. Cette fois-ci, la situation est différente, car c’est historique. Alors que l’Iran possède la capacité de lancer des missiles sur Israël (comme l’a fait l’Irak de Saddam Hussein pendant la guerre du Golfe), le prépositionnement de moyens navals Américains et d’autres alliés occidentaux dans la région ces derniers jours semblait avoir pour but de signaler les conséquences d’une intervention de l’Iran. Les informations des services de renseignements étrangers auront donc été une nouvelle fois exactes.

 

Une implication globale

La mission permanente de l’Iran auprès des Nations unies a déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux cette nuit que «l’affaire peut être considérée comme conclue». Toutefois, si le régime israélien commet une nouvelle erreur, la réponse de l’Iran sera considérablement plus sévère.

De son côté, le gouvernement américain, dans l’espoir d’éviter une nouvelle escalade, aurait informé Israël que sa défense contre l’attaque iranienne était une victoire majeure qui ne nécessitait peut-être pas une nouvelle série de représailles comme le soulève le NY Times. Mais le gouvernement israélien sera sous pression pour répondre à l’attaque et le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré que la confrontation avec l’Iran n’était «pas encore terminée».

Par ailleurs, la toute récente intensité des attaques des Houthis pousse de nombreux navires de guerre à quitter la mer Rouge. La frégate française FREMM Alsace, de classe Aquitaine, par exemple a quitté la mer Rouge à court de missiles et de munitions pour repousser les attaques des forces armées yéménites, selon son commandant, Jérôme Henry.

«Nous ne nous attendions pas nécessairement à un tel niveau de menace. Il y a eu une violence décomplexée qui a été très surprenante et très significative. Les Yéménites n’hésitent pas à utiliser des drones qui volent au ras de l’eau, à les faire exploser sur des navires commerciaux et à tirer des missiles balistiques», a déclaré Jérôme Henry au Figaro.

 

 

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