Que feront les actions énergétiques en 2023?

Publié le 17/02/2023 à 14:30

Que feront les actions énergétiques en 2023?

Publié le 17/02/2023 à 14:30

(Photo: 123RF)

Tous les secteurs ont plongé en 2022, sauf l’énergie. Alors que l’indice Morningstar Global Financial Services a baissé de 3,06%, l’indice Morningstar Global Real Estate de 19,2% et l’indice Morningstar Global Information Technology Services de 18,53%, l’indice Morningstar Global Energy a grimpé de 43,78%. Pour sa part, l’indice Morningstar des actions énergétiques canadiennes a augmenté de 46,32%. Tous les rendements indiciels de Morningstar sont exprimés en dollars canadiens. 

Cependant, parmi les actions du secteur de l’énergie, certaines ont fait mieux que d’autres. Avec un rendement époustouflant de 120% en 2022, l’action d’Occidental Petroleum (OXY) a été élue «Action de l’année 2022» par MarketWatch. 

«S’il est vrai qu’Oxy fournit constamment des performances aux puits de premier ordre par rapport à ses pairs, mesurées par les taux de production initiaux, cela ne dit pas tout, car ses puits déclinent également plus rapidement. Malgré cela, nous accordons une note élevée à l’aire d’exploitation acquise par Anadarko Petroleum en 2019 et nous pensons qu’Oxy peut rivaliser avec les meilleures sociétés du Permien en matière de rentabilité», affirme David Meats, analyste à Morningstar. 

D’autre part, les principales valeurs pétrolières canadiennes n’ont pas brillé aussi fort, mais ont tout de même enregistré de bonnes performances. Canadian Natural Resources (CNQ) a gagné 28% sur 2022, Imperial Oil (IMO) 25% et Suncor (SU) 22%. De manière surprenante, alors que le ratio P/E du S&P TSX s’établit à 14, celui de ces sociétés oscille près de 50% en dessous, entre 7 et 8. Les analystes de Morningstar ne couvrent pas ces actions.

 

Les prix du pétrole vont baisser — et les valeurs énergétiques aussi

Le comportement du pétrole lui-même a beaucoup à voir avec le succès des valeurs énergétiques. En 2022, le prix du baril WTI a atteint un pic décennal de 124 dollars américains ($US) après l’invasion de l’Ukraine en mars. Après avoir atteint 22$US en juin, le prix du baril de brut WTI a lentement reculé pour atteindre 77$US au début de 2023. La plupart des valeurs pétrolières ont suivi cette glissade, leur forte performance du premier semestre 2022 s’érodant lentement au second semestre. 

Et le prix du WTI devrait continuer à glisser jusqu’à 65$US en 2023, prédit Victor Vallance, directeur général, énergie, services publics et ressources naturelles à DBRS Morningstar. «Cette projection est plutôt conservatrice», reconnaît-il, mais elle n’est pas si éloignée d’autres estimations. Par exemple, Curtis Gillis, gestionnaire de portefeuille de la Catégorie de société ressources mondiales CI, s’attend à ce que les prix se situent en moyenne entre 70$US et 80$US, une projection qui rejoint celle de Stefane Marion, économiste en chef et stratège à la Banque Nationale du Canada. 

«Nous pensons que 2023 sera volatile comme 2022, car de nombreux facteurs peuvent avoir un impact sur les prix, prévient Victor Vallance. Les prix pourraient monter ou descendre.» À la fin de 2022, dit-il, «les principaux facteurs qui pèsent sur les prix sont les préoccupations relatives à la demande dans un contexte de ralentissement de l’activité économique mondiale et de mesures de verrouillage rigoureuses de la Chine pour faire face à une autre vague grave de la maladie du coronavirus.» Notons que les plus récents développements de l’économie mondiale et de la Chine donnent des signes positifs.

Il indique également deux autres éléments dans la composition des prix: la contrainte sur l’offre qui résulte des sanctions et des plafonds de prix imposés aux exportations de pétrole russe par les nations occidentales, et les difficultés des pays de l’OPEP+ à atteindre leurs objectifs de production. 

Tous ces facteurs peuvent se combiner de manière inattendue pour faire monter ou descendre les prix du pétrole. Par exemple, un atterrissage en douceur de l’économie et une réouverture vigoureuse de la Chine pourraient modifier les perspectives et amener le directeur général à réviser ses projections, peut-être dans la même fourchette de prix que celle de Curtis Gillis et de Stefane Marion.

 

Les rendements des actions pétrolières ne reproduiront pas ceux de 2022 en 2023

Compte tenu de la baisse du prix du pétrole, il serait surprenant que les actions pétrolières connaissent une nouvelle année forte en 2023. Pour commencer, les entreprises fonctionnent à régime réduit et ne prévoient pas de dépenses d’investissement dans la croissance. 

«Les entreprises ont profité de la robustesse des prix et ont donné la priorité à l’emploi des flux de trésorerie disponibles excédentaires pour rembourser la dette et restituer du capital aux actionnaires, a récemment écrit Victor Vallance dans un commentaire. Pour nos émetteurs pétroliers et gaziers notés, les bilans et les principales mesures de crédit sont les plus solides depuis des années.» 

En effet, très peu d’argent est investi dans l’exploration, qui est à son plus bas niveau historique. «Les investissements sont affectés aux opportunités de développement à faible risque, dans les programmes d’efficacité des coûts et de décarbonisation des processus de production», continue-t-il.

Cela ne veut pas dire que les actions pétrolières seront laissées pour compte. Certes, «il n’y aura pas d’expansion des multiples, les actions seront essentiellement liées au comportement de la matière première sous-jacente», déclare Benoit Gervais, vice-président principal chez Placements Mackenzie et gestionnaire de portefeuille du Fonds de ressources mondiales Canada Vie.

Toutefois, étant donné que les sociétés sont tellement axées sur la restitution du capital aux investisseurs, «je m’attends à un rendement de 10 à 15% si l’on combine les dividendes et les rachats d’actions», ajoute-t-il. 

Curtis Gillis partage ce point de vue. «Ces entreprises versent de bons dividendes aux actionnaires, donc la performance des actions devrait être encore assez bonne. Mais ce ne seront pas les records de 2021 et 2022. Avec la stabilisation des prix du pétrole à un bon niveau, de nombreuses sociétés atteindront leurs objectifs d’endettement en 2023, date à laquelle elles ont l’intention d’allouer une plus grande partie de leur trésorerie, certaines jusqu’à 100%, aux dividendes et aux rachats d’actions. C’est cette distribution élevée de liquidités aux actionnaires, notamment par rapport aux autres secteurs, qui devrait maintenir l’attention des investisseurs en 2023.»

 

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