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L’économie a crû en mai malgré les feux de forêt

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

L’économie a crû en mai malgré les feux de forêt

Le chiffre de mai est légèrement inférieur aux attentes de Statistique Canada, les sociétés minières, pétrolières et gazières ayant réduit leurs activités en Alberta au début de la saison record des incendies de forêt. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — L’économie canadienne a crû de 0,3% en mai malgré la pression à la baisse de la production pétrolière et gazière, touchée par les incendies de forêt, mais elle semble avoir ralenti en juin, a indiqué vendredi Statistique Canada. 

Dans son dernier rapport sur la croissance économique, une estimation préliminaire de l’agence fédérale suggère que le produit intérieur brut (PIB) réel a augmenté à un taux annualisé de 1% au deuxième trimestre.

Le chiffre de mai est légèrement inférieur aux attentes de Statistique Canada, les sociétés minières, pétrolières et gazières ayant réduit leurs activités en Alberta au début de la saison record des incendies de forêt.

Le secteur de l’énergie a baissé de 2,1% en mai, selon l’agence fédérale. «Il s’agit de la première baisse enregistrée en cinq mois et de la plus prononcée depuis août 2020», a expliqué Statistique Canada.

La modeste augmentation du PIB en mai était attribuable, en partie, à un rebond dans le secteur de l’administration publique fédérale, la plupart des fonctionnaires fédéraux en grève ayant repris le travail à la fin d’avril. Cependant, 35 000 travailleurs de l’Agence du revenu du Canada sont restés en grève pendant trois jours en mai, ce qui a freiné la reprise.

L’économie est restée résiliente au deuxième trimestre, mais la croissance a commencé à sembler plus faible à la fin de cette période, les ventes en gros ayant enregistré l’une de leurs plus fortes baisses de l’histoire en juin, a observé l’économiste Claire Fan, de la Banque Royale, dans une note. 

«La résilience de la demande des consommateurs que nous avons constatée à ce jour ne doit pas être négligée, ce qui s’ajoute aux pressions inflationnistes persistantes. Mais l’élan des dépenses de services semble également s’essouffler − les ventes brutes des services de restauration et des débits de boissons ont eu tendance à des niveaux inférieurs à celui−ci. janvier pendant des mois», a-t-elle écrit.

Il est peu probable que cette croissance modeste se maintienne, car l’estimation préliminaire de l’agence fédérale pour juin suggère que l’économie s’est contractée de 0,2% le mois dernier. Ces chiffres seront révisés d’ici leur publication officielle, dans un mois.

Selon Statistique Canada, la baisse annoncée par l’estimation préliminaire pour juin sera principalement attribuable aux secteurs du commerce de gros et de la fabrication.

Les deux secteurs ont enregistré une croissance en mai, alors que les problèmes de chaîne d’approvisionnement liés aux puces à semi−conducteurs se sont atténués, mais la tendance à la baisse en juin devrait «plus que (contrebalancer) les hausses enregistrées en mai», a indiqué l’agence.

Ce ralentissement survient alors que le taux d’intérêt directeur de la Banque du Canada est de 5%, son niveau le plus élevé depuis 2001. La flambée des taux d’intérêt devrait ralentir l’économie, mais cette dernière a généralement mieux fait que prévu depuis le début de l’année.

Malgré les taux d’intérêt élevés, le secteur immobilier devrait poursuivre sa croissance en juin.

En mai, l’activité de revente de maisons dans la plupart des plus grands marchés du Canada a entraîné une augmentation de 7,6% dans l’industrie.

 

Données plus difficiles à interpréter 

Une série de chocs transitoires depuis avril, comme les incendies de forêt, a rendu les données plus difficiles à interpréter, a souligné l’économiste Marc Ercolao, de la Banque TD, dans une note.

«Ensuite, les chiffres du PIB global pourraient continuer d’être faussés par le remboursement sur l’épicerie du gouvernement et l’impact de la grève dans les ports de la Colombie−Britannique en juillet», a-t-il affirmé.

Mais le repli de juin encouragera probablement la Banque du Canada à maintenir son taux directeur en septembre, après avoir annoncé une hausse plus tôt en juillet, a noté M. Ercolao.

«Le ralentissement de la croissance semble être dans les cartes pour l’économie canadienne, et nous pensons que cela suffira pour que le (banque centrale) reste en attente lors de sa prochaine réunion», a-t-il indiqué.

La Banque du Canada n’hésitera pas à augmenter davantage les taux si nécessaire, a estimé Mme Fan, mais elle a ajouté que «le pire (était) encore à venir» pour les ménages aux prises avec la hausse des coûts du service de la dette.

«Nous nous attendons à ce que cela ralentisse les dépenses, fasse baisser l’inflation et maintienne la (banque centrale) à l’écart au cours du second semestre de cette année», a-t-elle expliqué.