Turquie: Erdogan nomme une ex-cadre de Wall Street à la banque centrale

Publié le 09/06/2023 à 14:48, mis à jour le 09/06/2023 à 14:57

Turquie: Erdogan nomme une ex-cadre de Wall Street à la banque centrale

Publié le 09/06/2023 à 14:48, mis à jour le 09/06/2023 à 14:57

Par AFP

Le président Erdogan, réélu le 28 mai pour un troisième mandat, avait déjà nommé la semaine dernière un nouveau ministre de l’Économie, Mehmet Simsek. (Photo: 123RF)

Istanbul — Le président turc Recep Tayyip Erdogan a nommé vendredi une ancienne cadre de Wall Street, Hafize Gaye Erkan, à la tête de la banque centrale turque, augurant d’un possible virage vers une politique plus conventionnelle pour lutter contre l’inflation. 

Ex-numéro 2 de la banque américaine First Republic et ancienne cadre de Goldman Sachs, elle est partisane d’un retour à l’orthodoxie financière.

Mme Erkan défend notamment le relèvement des taux directeurs pour contrer l’inflation, qui atteignait toujours en mai près de 40% sur un an en Turquie.

Cette titulaire d’un doctorat de la prestigieuse université américaine de Princeton devient la première femme à diriger la banque centrale turque.

Le président Erdogan, réélu le 28 mai pour un troisième mandat, avait déjà nommé la semaine dernière un nouveau ministre de l’Économie, Mehmet Simsek.

L’ancien économiste de la banque américaine Merrill Lynch, très respecté des milieux d’affaires, promeut lui aussi un retour à l’orthodoxie pour ramener la stabilité et regagner la confiance des investisseurs.

Lors de sa prise de fonctions dimanche, M. Simsek, déjà ministre de l’Économie (2009-2015) puis vice-premier ministre chargé de l’Économie (jusqu’en 2018), a prévenu qu’il faudrait revenir à des «mesures rationnelles» pour redresser l’économie turque.

Le président Erdogan, qui estime à rebours des théories économiques classiques que les taux d’intérêt élevés favorisent l’inflation, a contraint ces dernières années la banque centrale turque à abaisser son principal taux directeur, contribuant à la flambée de l’inflation.

M. Erdogan a plusieurs fois invoqué les préceptes de l’islam, qui interdit l’usure, et affirme que les taux élevés sont promus par un «lobby» étranger.

«Grand ménage»  

«Simsek et Erkan seront jugés sur les infléchissements de la politique monétaire, l’inflation et la livre», résume Timothy Ash, analyste spécialiste des marchés émergents au cabinet BlueBay.

«Erkan devra entreprendre un grand ménage à la banque centrale turque pour remettre les penseurs +rationnels+ en position dominante», estime-t-il.

Hafize Gaye Erkan était considérée comme l’héritière du fondateur et PDG de longue date de First Republic, Jim Herbert, mais la quadragénaire a quitté la banque américaine fin décembre 2021, avant qu’elle ne soit impliquée dans la crise bancaire américaine survenue en mars.

La politique hétérodoxe du président Erdogan, qu’il a continué de défendre tout au long de la campagne pour les élections présidentielles et législatives de mai, a aussi contribué à la chute de la livre turque, qui a perdu près de 80% de sa valeur face au dollar en cinq ans.

Mercredi, la monnaie turque, soutenue massivement par la banque centrale avant les élections, a chuté de plus de 7% face au dollar et à l’euro.

La banque centrale turque a dépensé près de 30 milliards de dollars pour soutenir la livre turque entre le 1er janvier et le scrutin présidentiel, propulsant ses réserves de change en terrain négatif pour la première fois depuis 2002.

La livre turque a reculé à nouveau de 1,15% à 9 h vendredi face au billet vert.

L’institution annoncera son prochain taux directeur le 22 juin.

Les analystes estiment qu’une forte hausse du principal taux directeur, actuellement stable à 8,5% depuis fin février, pourrait aider à remettre l’économie turque sur les rails.

 

 

 

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