Quelle institution choisir pour faire son MBA?


Édition de Décembre 2023

Quelle institution choisir pour faire son MBA?


Édition de Décembre 2023

Par Claudine Hébert

La palme de la facture la plus élevée pour un MBA au Québec revient à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill. (Photo: 123RF)

Obtenir une maîtrise en administration des affaires (Master of Business Administration, ou MBA) peut coûter entre 6000 $ et 350 000 $, selon le choix de l’établissement. Survol des options pour obtenir ce diplôme de 2e cycle.

D’abord, la plus abordable des formules consiste à s’inscrire dans un programme régulier à temps plein offert dans une université francophone du Québec. Selon les adresses, le MBA coûtera entre 6000 $ et 10 000 $ pour quatre trimestres. Le réseau de l’Université du Québec affiche les meilleurs tarifs. En privilégiant un établissement situé près de chez soi, on évite aussi les frais de logement.

 

Les éléments de la facture

La facture du MBA régulier inclut notamment les droits de scolarité, qui représentent aisément de 50 % à 60 % du montant. L’autre partie se décline en divers frais institutionnels. À HEC Montréal, où l’investissement frôle les 10 000 $, des frais d’encadrement et de promotion (1500 $), des frais technologiques (1227 $), des droits d’auteur (160 $), des frais d’association étudiante (108 $) sans oublier une trentaine de dollars versés en don à la campagne de financement de l’établissement, font partie de la somme demandée.

Mentionnons que les frais institutionnels, dont certains sont fixes peu importe que l’on soit à temps plein ou à temps partiel, s’accumulent au fil des trimestres. Ces derniers peuvent donc représenter une différence de 500 $ à 1000 $ entre un diplôme obtenu à temps partiel plutôt qu’à temps plein.

 

Des factures plus costaudes

La palme de la facture la plus élevée pour un MBA au Québec revient à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill. L’investissement lié à l’obtention du diplôme en deux ans dépasse les 90 000 $. Cela inclut des frais de 3000 $ pour un voyage à l’étranger lors de la première année. Soulignons que l’établissement anglophone figure parmi les 75 meilleures universités de la planète qui offrent un programme de MBA. Selon le dernier rapport de Quacquarelli Symonds (QS), une société britannique spécialisée dans l’analyse des établissements d’enseignement supérieur dans le monde, le diplôme de McGill occupe le 73e rang.

Pour sensiblement le même prix, soit 94 000 $, le programme bilingue EMBA HEC-McGill propose une version pour cadres en exercice de 16 mois en compagnie d’une quarantaine de gestionnaires d’expérience. « La majeure partie des frais englobe la formation offerte par des professionnels », précise son directeur du recrutement et du marketing, Michel Filion. Cette formule clé en main inclut également une semaine intensive de cours et d’ateliers dans un établissement de villégiature de la province, ainsi qu’un voyage de 10 jours à l’étranger. « La destination du prochain séjour prévu en juin 2024 n’est pas encore déterminée », indique Michel Filion. Les participants des dix premières cohortes sont tout de même allés à Buenos Aires, en Argentine. « Les membres des deux dernières cohortes sont allés à Dubaï », souligne-t-il.

Le Centre Laurent Beaudoin de l’Université de Sherbrooke, qui propose, lui aussi, un parcours MBA pour cadres en service, exige un peu moins de 55 000$ pour un programme de cinq trimestres. De son côté, la formule clé en main « Executive » de L’Université Laval, la seule du genre à être subventionnée par le ministère de l’Éducation, coûtera moins de 25 000 $. Un montant qui inclut un séjour au Babson College de Boston, reconnu dans le domaine de l’entrepreneuriat.

 

L’offre EEB

Petite parenthèse à l’endroit des programmes Élite et Émergence de l’École d’entrepreneurship de Beauce (EEB). Sans être des MBA en tant que tels, ces deux formules sans examen ni travaux invitent chaque année une soixantaine d’entrepreneurs d’au moins huit années d’expérience (et autant de jeunes gestionnaires de la relève qui cumulent plus de trois années d’expérience entrepreneuriale) à venir suivre une formation bonifiée de coaching, d’échanges avec des entrepreneurs de renom et d’activités sportives. « Ces programmes clé en main, qui durent deux ans, coûtent 67 000 $ pour la version Élite et 26 000 $ pour la version Émergence », fait savoir le porte-parole de l’EEB, Alexandre Tessier.

 

Ailleurs au pays

Il faut calculer près de 100 000 $ en frais de scolarité (et un peu plus de 40 000$ en frais divers, incluant le logement et la nourriture) pour décrocher le diplôme offert par l’école Rotman de l’Université de Toronto, qualifié de meilleur MBA en sol canadien (40e au monde), selon le classement QS. Des versions intensives à temps plein d’un an sont notamment offertes aux écoles Ivey de l’Université Western, à London, et Smith, de l’Université Queen’s, à Kingston. En plus de leurs frais de scolarité établis à près de 85 000 $, il faut prévoir un peu plus de 20 000 $ en frais divers. « Chaque année, l’école Ivey accueille près de trois étudiants du Québec », signale son directeur des communications, Ivan Langrish.

 

Chez nos voisins américains…

La facture explose dès que l’on sort du pays. D’après l’équipe du site californien Poets&Quants (P&Q), qui évalue le marché des MBA à travers le globe, ce diplôme à temps plein coûte 160 000 $ US en frais de scolarité dans au moins sept établissements universitaires américains.

L’école Wharton de l’Université de Pennsylvanie, reconnue pour offrir l’un des trois meilleurs MBA de la planète, affiche les frais de scolarité les plus élevés, à près de 175 000 $ US. Plus près de nous, le MBA de l’École d’études commerciales d’Harvard soutire un peu moins de 150 000 $ US à ses disciples.

En ajoutant les frais liés au logement, à la nourriture, au transport, c’est la facture totale du MBA de la Graduate School of Business (GSB) de l’Université Stanford qui surclasse la concurrence. Selon P&Q, il faut compter près de 39 000 $ US par année pour vivre à proximité de l’université californienne. Ce détail propulse à plus de 250 000 $ US le budget nécessaire pour se payer le numéro un mondial des programmes MBA au classement QS.

 

… et de l’autre côté de l’Atlantique

Parmi les prestigieux établissements européens, les frais de scolarité et afférents de l’école HEC Paris se situent à 98 000 €, l’équivalent de 145 000 $. « Montant auquel il faut ajouter plus ou moins 75 000 $ pour vivre à Paris pendant deux ans », soutient l’équipe de P&Q. En prenant l’option du MBA accéléré (10 mois) proposé par l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD), les frais de scolarité et de subsistance dans la région de Fontainebleau tournent autour de 180 000 $. Le MBA de la London Business School affiche la note la plus salée. En additionnant les frais de scolarité et afférents (près de 110 000 £) et le coût de la vie à Londres pour la durée du programme (60 000 £), le candidat aura facilement besoin de 290 000 $ en devises canadiennes pour obtenir son diplôme.

 

Et après?

Cet investissement en temps et en argent, qui sert à peaufiner ses compétences de gestionnaire en vaut-il le coup ? « Il s’agit assurément d’une plus-value non négligeable pour le curriculum vitæ. Certes, il renforce le profil de la personne pour un poste de gestion, sans toutefois garantir qu’elle excellera à titre de gestionnaire », indique Guylaine Bossé, présidente de GB Groupe Conseil, une société spécialisée en recherche de cadres. Elle ne cache pas non plus que le diplôme de certains établissements notoires a d’ailleurs plus de poids que d’autres aux yeux de plusieurs employeurs.

« En fait, c’est le solide réseau de contacts que ces différentes formations offrent aux diplômés qui influence positivement une candidature », renchérit le chasseur de têtes Jonathan Plourde. Mais attention, avertit ce professionnel. Malgré les belles promesses des établissements les plus prestigieux de la planète, ce diplôme ne garantit pas à coup sûr un poste de rêve. « Ni un salaire de plus de 250 000 $ par année comme le soutiennent certaines écoles américaines. Du moins pas au Québec », conclut-il.

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