DRAKKAR, WIPTEC et le commerce électronique : un grand projet de mutualisation logistique

Publié le 12/09/2019 à 10:10

Par CEFRIO

En mai dernier, DRAKKAR Logistique, une firme spécialisée en impartition d’opérations, et WIPTEC, un expert en préparation de commandes, s’associaient pour unir leurs forces et leurs expertises et bonifier leur offre de services respective. L’objectif de ce partenariat était clair : faire du Grand Montréal un leader dans la logistique associée au commerce électronique.

Et cet objectif passe par la construction d'un centre d’assemblage de commandes, d’une superficie de plus d'un million de pieds carrés, au coût 150 M$, qui entraînera la création de plus de 1 000 emplois. Le début des travaux est prévu pour la fin de l’année 2019.

Inspiré des installations actuelles de WIPTEC à Sherbrooke, le nouveau centre proposera des services de classe mondiale aux fabricants, détaillants traditionnels et cybercommerçants. Les deux entreprises cherchent ainsi à desservir une grande diversité de clients qui profiteront de la mutualisation des technologies et des infrastructures mises en place.

« L’idée provient d’un rêve commun de créer une infrastructure qui deviendra la référence canadienne. Et le CEFRIO nous a confirmé qu’il y avait un appétit au Québec pour une telle offre. Ce qui n’était pas si évident que ça. », selon Michel Girard, Vice-président stratégie de Drakkar.

Pour combler la faible maturité logistique des PME québécoises, ce partenariat prend toute son importance. Selon Michel Girard : « Même si les e-commerçants ont amélioré leurs méthodes de travail, parce qu’on voit parfois des choses assez créatives, la maturité technologique dans le domaine de la logistique demeure très faible ».

Et il ajoute que les entreprises québécoises qui font du commerce en ligne ne mesurent que très peu les indicateurs clés de performance dans leurs activités, et souvent, ne les mesurent tout simplement pas. « On essaie juste d’avoir des mesures de productivité, par exemple combien de commandes à l’heure une entreprise peut préparer et souvent les gens en ont aucune idée! ».

Le président de WIPTEC, Martin Ball, ajoute : « Y’a une phrase qui me vient en tête quand on parle d’absence de mesure d’indicateurs chez certaines PME : tu ne contrôles pas ce que tu ne mesures pas. Souvent ils n’ont pas même pas d’indicateurs. Si tu veux savoir que tu vas à 100 km à l’heure sur l’autoroute, tu as besoin d’un indicateur. »

Martin Ball, précise que souvent les commerçants du Québec pensent trop petit et, ce faisant, s’empêchent de faire des investissements. C’est à ce moment-là que l’expertise de WIPTEC en logistique entre en jeu. « On le fait en leur ouvrant les yeux et en leur offrant un coffre d’outils pour les aider à grandir », ajoute-t-il.

Selon Michel Girard, les PME qui se lancent dans le commerce électronique sous-estiment deux choses : l’importance cruciale des courts délais et la complexité de l’exportation lorsque vient le temps de vendre à l’étranger. 

« On dirait que les e-commerçants pensent que les clients vont avoir une patience éternelle alors qu’aujourd’hui, on est dans un monde où les gens qui achètent des produits sur Internet veulent avoir leur produit le plus rapidement possible, de dire M. Girard; les e-commerçants québécois se comptent des histoires en se disant que c’est correct si j’expédie mes produits dans un délai de deux jours, que c’est acceptable. »

Pour ce qui est de la complexité des activités d’exportation, il précise que c’est lorsque vient le temps de vendre à l’international que les entreprises frappent un mur, souvent pour constater que c’est effectivement plus complexe qu’ils le pensaient d’expédier du Canada vers les États-Unis, l’Europe, en Asie ou en Arabie Saoudite.

Pour Martin Balll, les e-commerçants sous-estiment également l’impact que leur service en ligne a sur leur image de marque. « Si on décide de faire du commerce en ligne, il faut y aller à fond et non pas dire je commence et si ça marche, je ferai des ajustements ! Et il ajoute, incisif : « Si tu fais une promotion en ligne, que tu reçois un volume extraordinaire de commandes et que tu fais une expédition tous les deux ou trois jours, il y a des clients qui vont recevoir leur colis un mois après la commande. Là, tu viens non seulement de brûler ton commerce en ligne, mais tu viens également de brûler ta marque de commerce. »

Et il conclut : « Il ne faut pas oublier que le e-commerçant a un contact direct avec le consommateur, de la même façon qu’en magasin. Donc, tu ne peux pas expédier les produits n’importe comment; il faut le faire rapidement, livrer le bon produit, dans le bon emballage, pour que le client ait une bonne expérience. »

Le futur centre de commandes de DRAKKAR/WIPTEC pourra répondre aux besoins des entreprises selon leur niveau de maturité logistique et cybercommerciale et les services automatisés seront offerts aussi bien aux clients à gros volumes de manutention qu’à ceux dont les volumes sont traditionnellement moindres.

Le ministère de l’Économie et de l’Innovation, dans le cadre du projet Pôle logistique en commerce électronique, a mandaté le CEFRIO pour iidentifier les facteurs clés de succès améliorant l’efficacité et l’efficience logistique des entreprises québécoises en matière de commerce électronique, facilitant ainsi leur accès aux marchés étrangers.

 

À la une

Le Québec brille à l'international dans les poudres métalliques

Édition du 17 Juin 2020 | Kévin Deniau

MATÉRIAUX AVANCÉS. En matière de fabrication additive, l'un des points forts du Québec les plus souvent évoqués est...

La COVID-19 a stimulé la demande de fabrication additive

Édition du 17 Juin 2020 | Kévin Deniau

MATÉRIAUX AVANCÉS. C'est l'une des belles histoires positives qui apportent un peu de contraste à cette sombre crise.

Le grand défi de l'adoption de la fabrication additive

Édition du 17 Juin 2020 | Kévin Deniau

MATÉRIAUX AVANCÉS. Avec 35 % des ventes mondiales, les États-Unis représentent le premier marché pour la fabrication...