Bourse: l’art de choisir un titre d’entreprise

Publié le 16/11/2023 à 13:01

Bourse: l’art de choisir un titre d’entreprise

Publié le 16/11/2023 à 13:01

Par Pierre Théroux
Un tableau des cotes de bourse

L’analyse fondamentale est l’un des éléments clés dont doit tenir compte un investisseur. (Photo: 123RF)

Les Affaires vous présente SE LANCER EN BOURSE, une rubrique bimensuelle dédiée aux jeunes et aux moins jeunes qui veulent faire le grand saut.

Votre beau-frère, collègue de travail, ami, voisin ou chauffeur de taxi vous a refilé un bon tuyau ! Voire une occasion en or à ne pas manquer ! Il vaut peut-être mieux y regarder de plus près avant d’acheter les actions d’une entreprise sous la simple recommandation d’une personne qui s’improvise expert en la matière ou qui a, une fois dans sa vie, réussi un excellent coup (de hasard) en Bourse. Il faut aussi faire attention de ne pas tomber sous le charme d’un titre du simple fait qu’il ne cesse de grimper, au risque de l’acquérir alors qu’il est sur le point d’atteindre son sommet et s’apprêterait à redescendre.

«Il faut toujours faire abstraction du bruit ambiant. Il faut aller beaucoup plus loin que la rumeur, et les tendances, en ayant le temps et la patience de bien analyser une compagnie, ou un secteur d’activité, avant d’acheter ses actions», rappelle Sébastien St-Hilaire, gestionnaire de portefeuille de l’équipe Leblanc Martineau St-Hilaire chez Valeurs mobilières Desjardins.

Son collègue Frédéric L’Heureux, également gestionnaire de portefeuille et membre de l’équipe Leblanc Martineau St-Hilaire chez Valeurs mobilières Desjardins fait écho à ses propos. «Un investisseur qui court après la saveur du mois risque surtout d’arriver après tout le monde, quand c’est le temps de vendre plutôt que d’acheter», souligne-t-il.

 

S’investir aussi en temps

On ne s’improvise pas gestionnaire de portefeuille ou conseiller en placement. Mais un investisseur qui souhaite bâtir son propre portefeuille doit donc aussi s’investir en temps. Et s’il n’y a pas de formules magiques pour choisir avec succès les actions d’une entreprise, et du même coup s’enrichir facilement, il existe néanmoins plusieurs méthodes d’analyses et indicateurs qui permettent aux investisseurs de faire la meilleure sélection possible et ainsi améliorer ses chances de réussite.

L’analyse fondamentale est l’un des éléments clés dont doit tenir compte un investisseur. «Les données fondamentales d’une entreprise permettent de déterminer la valeur intrinsèque de son action», indique Frédéric L’Heureux.

La valeur intrinsèque sert à estimer ce qu’on croit être la valeur d’un titre, comparativement au prix auquel il s’échange sur le marché boursier. L’établissement de cette valeur permet ainsi d’évaluer si un titre est surévalué ou sous-évalué. Pour y parvenir, il faut s’intéresser aux données financières d’une entreprise, en scrutant notamment ses ventes, ses profits, ses dettes ou encore ses flux de trésorerie, tout en estimant sa croissance et ses bénéfices futurs.

«C’est très important de décortiquer les données financières d’une entreprise sur plusieurs années, et non pas seulement d’un trimestre à l’autre», indique Marc Larente, conseiller en placement principal chez Gestion de patrimoine TD.

 

D’une industrie à l’autre

Cette analyse quantitative d’une société doit aussi prendre en considération des indicateurs liés au secteur dans lequel œuvrent une entreprise, et sa position stratégique dans ce marché, de même que les tendances macroéconomiques qui pourraient influer sur sa performance.

«Il faut en arriver à déterminer tous les facteurs qui nous permettent de croire qu’une compagnie pourra, par exemple, doubler sa taille, ses revenus et ses bénéfices dans un horizon de 5 ans», précise Sébastien St-Hilaire.

Il faut également prendre en considération que cette analyse peut différer d’une industrie à l’autre, prévient Marc L’Heureux. «Chaque secteur a aussi ses propres mesures, ses propres indicateurs. Dans le commerce de détail, par exemple, les ventes des magasins comparables sont considérées comme un indicateur clé pour mesurer la progression de l’achalandage et des recettes dans les magasins existant», précise-t-il.

 

Où s’informer?

Les investisseurs à la recherche de ces informations peuvent notamment s’en remettre aux résultats financiers publiés tous les trimestres par les sociétés. Ces rapports, qui soulignent entre autres l’évolution du chiffre d’affaires et des bénéfices d’une entreprise, témoignent ainsi de sa santé financière et de ses perspectives de développement.

«Il ne faut pas simplement s’en remettre à des communiqués de presse ou à des manchettes d’articles de journaux. Il faut fouiller davantage», conseille Marc Larente.

Les firmes de courtage offrent aussi à leurs clients l’accès à des rapports de recherche réalisés par leurs analystes financiers. Des sites boursiers, comme Yahoo Finance et Bloomberg de même que certains médias spécialisés comme Les Affaires sont aussi d’autres sources potentielles d’information.

Dans tous les cas, «plus on en sait sur une entreprise et son secteur d’activité, plus on réduit le risque de se tromper», conclut Sébastien St-Hilaire.

Le fameux ratio cours-bénéfice…

L’analyse des ratios doit faire partie de la collecte d’informations pour l’achat d’actions. Et l’un d’eux, le ratio cours-bénéfice (C/B) qui évalue la relation entre les bénéfices d’une entreprise et le prix de son action, est souvent évoqué par les experts et analystes pour déterminer si une action est surévaluée ou non. 

Mais ce ratio ne doit pas être parole d’évangile. «Le ratio C/B ne doit pas être la seule mesure utilisée dans l’achat ou non d’une action. Il faut aussi tenir compte de divers autres ratios dans le processus d’évaluation d’une compagnie», prévient Marc Larente. 

… et le bêta

Il en va de même du coefficient bêta qui est couramment utilisé pour mesurer la volatilité d’un titre par rapport à l’ensemble du marché. Il sert donc à déterminer dans quelle mesure le cours d’une action fluctue en comparaison aux mouvements sur le marché. Cet indicateur est l’une des variables à prendre en compte dans l’évaluation du risque.

 

 

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