Quand l'IA change le monde

Publié le 26/09/2023 à 19:00

Quand l'IA change le monde

Publié le 26/09/2023 à 19:00

Beslogic a « trouvé son filon » dans la forestation. (Photo: 123RF)

PHILANTHROPIE. L’entreprise montréalaise Beslogic se spécialise en intelligence artificielle et en développement logiciel. Son fondateur et PDG, Yannick Bessette, avait envie de voir plus grand, voire, pourquoi pas, de changer le monde. C’est ainsi que l’appel à projets philanthropiques «Innover pour l’humanité» est né. 

« C’était un désir de l’équipe, raconte le PDG, dont l’enthousiasme est palpable même par vidéoconférence. D’un côté, il y avait des employés qui voulaient apprendre un nouveau langage ou de nouvelles technologies, se baigner dans un nouvel univers. De l’autre, certains voulaient s’impliquer dans la lutte contre les changements climatiques ou aider des causes de bienfaisance. » 

L’étincelle est toutefois venue de la COP27. Un peu découragé des discussions entourant la conférence internationale sur les changements climatiques, qui demeuraient « encore juste de la politique et des belles paroles », l’entrepreneur avait envie de voir ce qu’il pouvait faire dès aujourd’hui pour changer les choses. « J’aurais pu planter un arbre, mais je voulais un projet à plus grande échelle », explique Yannick Bessette. Il a donc décidé de mettre — gratuitement — l’expertise de Beslogic au service d’une cause sociale ou environnementale.

« J’ai réalisé que j’avais une cinquantaine d’employés qui pourraient ainsi toucher à de nouvelles technologies, contribuer de manière concrète à une cause et avoir un impact non seulement sur l’entreprise, mais sur l’ensemble de la société », ajoute-t-il.

 

Trouver son filon

L’appel à projets s’est conclu le 31 janvier dernier. Huit organismes ont soumis leur candidature. « Ce n’est pas beaucoup, mais elles étaient toutes pertinentes. Variées aussi. Ça allait du soutien aux personnes neurodivergentes à l’organisme Alloprof, en passant par les gens en état de stress post-traumatique ou les paniers populaires. Ça a été très difficile de choisir », souligne le PDG. 

Beslogic a « trouvé son filon » dans la forestation, puisque deux propositions portaient là-dessus. Canopeum, un organisme de Sutton qui souhaite faire pousser des arbres, de la graine à la forêt, et Carbone Québec, qui a pour vocation de compenser les émissions de gaz à effet de serre par la plantation d’arbres, bénéficieront de l’accompagnement de l’entreprise technologique. 

Comment Yannick Bessette et son équipe leur donneront-ils un coup de main ? « En créant une plateforme de surveillance des forêts qu’ils vont planter pour qu’ils puissent voir s’il y a des arbres qui meurent ou s’il y a des [agents] pathogènes présents », détaille ce dernier.

Le suivi sera réalisé en temps réel, à l’aide d’un trio mêlant le vol de drones au-dessus des plantations, la vision par ordinateur et l’intelligence artificielle. La plateforme web sera « probablement » accompagnée d’une application mobile.

À l’heure actuelle, les programmeurs essaient de définir exactement ce que la plateforme pourra accomplir en matière de technologie et de déterminer les fonctionnalités. Le coup d’envoi officiel devrait avoir lieu dans les prochains mois.

« On va créer une solution centrale qui va aider les deux organismes dans leur démarche individuelle », ajoute Yannick Bessette, qui voit également plus grand.

« Si la plateforme est un succès, on aimerait pousser la plateforme dans d’autres communautés à travers le monde. On veut aussi créer un OSBL pour la gérer. On ne cherche pas à récolter des dons, mais éventuellement, on aura besoin de payer des gens pour que le projet continue. » Yannick Bessette insiste toutefois : l’objectif est d’avoir un effet réel et concret, pas d’accumuler du capital.

 

L’union fait la force

Misant sur la collaboration, l’entreprise espère rallier d’autres partenaires à sa cause. « On fera un appel à la communauté technologique, à tous ceux qui travaillent dans notre écosystème et même à nos compétiteurs pour voir s’ils veulent s’impliquer dans ce projet. » 

Beslogic ne devrait donc pas faire cavalier seul. « On voulait vraiment un projet mobilisateur. Il n’y a pas d’argent impliqué. L’idée, c’est de mettre nos têtes ensemble, dans un esprit d’entraide, pour répondre à un enjeu de société. »

 

La suite des choses 

Beslogic n’entend pas s’arrêter là. L’entreprise entend répéter l’expérience de l’appel à projets philanthropiques. « Je veux que ça s’intègre dans les pratiques de l’entreprise, que ça devienne un engagement », remarque le dirigeant. Si tout se déroule comme prévu, l’entrepreneur estime qu’il pourra réaliser un ou deux projets par année. 

La première édition de l’appel à projets a également permis de mettre en lumière certaines causes pour l’entrepreneur. Sachant désormais que ces besoins existent, Yannick Bessette et son équipe tenteront d’aider les organismes non retenus, soit seuls ou en collaboration avec d’autres acteurs du milieu, toujours dans le but d’améliorer la condition humaine.

 

Ce texte est tiré de notre édition du 10 mai 2023.

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